Light Connector – Photo © OCUBO

Ocubo naît de la rencontre entre Carole Purnelle et Nuno Maya. Elle a un master en multimédia d’art, lui en animation 3D à Angoulême à l’École européenne supérieure de l’image. À l’issue de leurs études, ils décident de partir vivre au Portugal où ils commencent à travailler dans les nouvelles technologies avec en tête l’idée de pouvoir vivre de leur art. C’est ainsi que naît Ocubo, une volonté d’entreprendre, l’acquisition progressive d’un parc matériel pour devenir autonome. Entretien avec Carole Purnelle.

Genèse

Dans les années 2000, à Angoulême, a été développé un Master Arts interactifs dont l’objectif est de développer en deux ans des enseignements sur l’œuvre numérique interactive. L’interdisciplinarité, lettres, arts et sciences du numérique est au cœur de cette formation. “Nous avons étudié ensemble à Angoulême puis nous sommes arrivés au Portugal. C’est une très bonne formation, un pôle image relié à l’École de la BD. Nous avons eu une proposition de job sur Paris. Par chance, c’était un jour de pluie ! Mon mari m’a tout de suite dit, ça ne va pas le faire !” Arrivés au Portugal, Carole travaille comme cadre chez Portugal Telecom et Nuno dans une entreprise multimédia un peu similaire où il développe des projets 3D. Passionnés d’art et désireux de tracer leur route dans le multimédia et de vivre de leur art, ils répondent à un appel d’offres afin de pouvoir projeter sur une église. “Nous avons gagné un concours pour nous exprimer sur une église. Nous avons réalisé un spectacle avec une dizaine de projecteurs de diapositives. C’était vraiment de la débrouille. Nous avions appelé les copains afin de pouvoir déclencher ensemble au même moment. Nous avons toujours eu cette volonté de partir à l’aventure. Tout cela n’était pas du tout développé au Portugal. Nous avons pu expérimenter des projections sur sculpture et le gros avantage du Portugal est que l’architecture est très porteuse pour le mapping, les façades sont souvent lisses et blanches, ce qui offre un support de projection idéal.” S’enchaîne ensuite une résidence artistique qui suffit à les convaincre de se lancer dans l’aventure Ocubo. Ils lâchent chacun leur travail et fondent l’entreprise. La première commande, Genesis, prend pour base l’origine du monde, ils laissent libre court à leur imagination, aucune barrière, aucun briefing existant, les mairies les connaissent et leur font confiance. Cela se passe à Oeira, une petite ville à 15 km de Lisbonne, le maire avait décidé de créer un rendez-vous autour de la lumière monumentale. Genesis, c’est 2004, c’est du mapping pur projeté sur une église et ça dure 12 min.

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