Aucune réhabilitation importante n’a eu lieu depuis 1992. La dernière phase de travaux, exécutée en 2009, concernait le monte-décor. En 2012, un diagnostique fut établit et les conclusions furent sans appel. La Ville de Bordeaux s’est engagée dans la mise en œuvre de mesures conservatoires indispensables au bon maintien de l’activité. La métropole bordelaise devrait, selon toute vraisemblance, s’engager dans une réhabilitation totale ou partielle de la cage de scène.

Vue axiale de la cage de scène - Photo © Patrice Morel

Vue axiale de la cage de scène – Photo © Patrice Morel

Précurseur pour son époque, ce théâtre a aujourd’hui tous les inconvénients de sa modernité. Cet équipement fut l’un des premiers théâtres à recevoir des modules programmables de commande et de positionnement destinés aux équipes motorisées. À cette époque, les systèmes électroniques de puissance ne permettaient pas de contrôler la position ou de faire varier la vitesse de rotation des moteurs alternatifs asynchrones réputés pour leur fiabilité.

Le secteur de la traction électrique avait ouvert la voie avec des moteurs à courant continu bien plus simple à mettre en œuvre pour des applications exigeant un positionnement précis, des accélérations maîtrisées. Limités en termes de couple, les moteurs, pas à pas, auraient engendrés des budgets inconcevables à l’échelle d’un théâtre. Seul le positionnement par des systèmes hydrauliques semblait être en capacité de concurrencer les systèmes de positionnement à courant continu. Entre 1989 et 1992, le Grand Théâtre de Bordeaux a reçu les premiers axes pilotés par des automates programmables Soneria MAPAS(1). Ces modules, à la base indépendants, ne purent être rassemblés sur un même pupitre de commande que quelques années plus tard. Une démarche similaire est actuellement en cours. Elle est mise en œuvre par la société AMG Féchoz en charge de la maintenance annuelle du théâtre. Comme vous pouvez le constater sur les photos au niveau du gril, les premières armoires de contrôle des axes nouvelles technologies ont fait leur apparition sous la bannière AMG Féchoz/IAPI. D’ici la fin de l’année, les machinistes devraient retrouver l’ensemble des axes motorisés regroupés dans leur pupitre de commande IAPI EasyScène déjà en fonction. Les boîtiers de commande Soneria MAPAS seront définitivement mis hors service.

Les contraintes liées au bâtiment

Arrivé en 2014, le nouveau directeur technique Yves Jouen(2) a été surpris par la complexité des circulations horizontales et verticales et par l’insuffisance des surfaces de stockage. Le chœur accède aux salles de répétition (installées côté cour) par la conciergerie située à l’opposé de la cage de scène (côté jardin). Le seul moyen pour circuler sans être à vue est de franchir la cage de scène au lointain par le 1er service ou par la 8e rue du 1er dessous. Aucun ascenseur n’est disponible en périphérie des zones de production.

À l’origine, le stockage des équipements lumière était organisé autour d’un système de monte-panière situé dans une trémie aménagée au lointain (côté jardin). Cet équipement, toujours fonctionnel, permettait d’alimenter les dessous, le niveau scène et les espaces de stockage situés aux 4e et 5e étages. Ces locaux de service ont dû être reconvertis en bureaux administratifs. L’engorgement provoqué par la situation a modifié la topographie des dessous de scène. La trémie du monte-panière inutilisée pourrait être reconvertie en ascenseur de scène ou en carrousel pour projecteurs.

Gril principal, à droite le gril d'avant-scène - Photo © Patrice Morel

Gril principal, à droite le gril d’avant-scène – Photo © Patrice Morel

Le monte-décor desservait les dessous, la scène et les deux premiers services. Son remplacement a été exécuté par la société Caire (depuis BC Caire) sur un descriptif rédigé par l’agence de scénographie Changement à Vue. La hauteur de la cabine correspondait à la levée des dessous, soit 8,40 m. Comme le rappelle le scénographe Michel Fayet : “Le but de notre intervention était de remettre en état le monte-décor existant. Dès le début de nos études, nous avons constaté que l’emprise du système en place condamnait le fond de scène dans son axe, interdisait toute liaison cour/jardin en arrière-scène, diminuait la profondeur utile de plusieurs mètres. Il fallait réfléchir à un autre concept de levage de la plate-forme et rendre à la scène sa profondeur utile”. Les suspentes et le guidage comprimaient la passerelle du 1er service. La dépose d’éléments a permis son élargissement. “Nous avons imaginé un monte-décor dont la machinerie de levage se ferait par poussée et non par tirage, à l’image du système précédent (chaînes de traction et motorisations en bas de trémie). Ce principe de fonctionnement est constitué de deux trappes sur vérins et d’un garde-corps escamotable. Le système est totalement autonome et déconnecté de toute activité sur scène, autorisant son utilisation vers les niveaux inférieurs sans perturber l’activité sur scène, les trappes restant fermées”, explique Michel Fayet. Yves Jouen (directeur technique) précise : “Une rupture de charge importante subsiste entre la voirie et l’accès décor, situation à laquelle il faudra remédier un jour ou l’autre. Cette requête vise à éviter les accidents lors des opérations de manutention au niveau des degrés qui plus est, sont exposées aux intempéries. Rappelons que pendant les séances et les répétitions, le niveau scène n’est plus desservi par le monte-décor”.

 

 

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