La situation géographique d’un établissement, dont l’activité principale repose sur des pratiques musicales à forts niveaux de pression, est un élément déterminant. Les préconisations visant à convertir ces anciens abattoirs en scène de musiques actuelles devaient prendre en compte l’échelonnement des aménagements. L’environnement favorable a conforté les prescripteurs à sélectionner des matériaux de construction simples dont l’efficacité n’est plus à démontrer. Suite au renouvellement de la diffusion sonore, le résultat dépasse toutes les espérances.

Régies en salle implantées au niveau de la 1ère terrasse - Photo © Patrice Morel

Régies en salle implantées au niveau de la 1ère terrasse – Photo © Patrice Morel

Les préconisations acoustiques et scénographiques

Jean-Pierre Mas (agence MAS EA Consultants) est intervenu dans de nombreuses réalisations comme par exemple la préconisation et l’architecture des réseaux numériques de la Cité de la Musique de Romans-sur-Isère (AS n°200). Le travail s’est accompli dans la durée. La mission comportait deux phases bien distinctes. Le premier volet consistait en une mission d’aide à la maîtrise d’ouvrage auprès des services techniques de la Ville portant sur les préconisations acoustiques des deux studios de répétition, aménagés dans le corps de bâtiments principal. Le deuxième volet consistait en une mission de maîtrise d’œuvre particulière au sein de l’équipe de maîtrise d’œuvre. Elle comprenait les lots acoustique et scénographique dans le cadre de la construction de la nouvelle extension.

Dès leur première rencontre, José Molina (directeur des Abattoirs) et Jean-Pierre Mas savaient qu’ils auraient à faire face à des aléas budgétaires. Il fallait construire aussi simple qu’efficace. Rien de ce qui allait être préconisé initialement ne devait être remis en cause par les phases de construction suivantes. Les parois en élévation étaient conçues, pour la majeure partie, en bloc de mâchefer de coke (résidus compactés de l’industrie minière). Cette technique produisait une qualité de construction très médiocre.

Les studios de répétition

Régie retour - Photo © Patrice Morel

Régie retour – Photo © Patrice Morel

Les studios de répétitions furent établis sur le principe dit de “boîte dans la boîte”. Les finitions en parements muraux Acoustichoc® (contre-face en voile de verre, laine de roche, voile de verre décoratif) recouvrent les contre-parois installées à une courte distance des murs porteurs. Les plafonds indépendants des parois sont fixés à l’aide de suspentes anti-vibratiles. Les deux boîtes ainsi constituées reposent sur une dalle flottante posée sur résiliant, elle-même posée sur une dalle primaire liée au terre-plein. Le sas d’accès indépendant, commun aux deux studios donnant sur l’extérieur, fut calculé sur la base d’une atténuation de 65 dB(A). Le dégagement du sas d’accès commun, les loges et l’atelier forment comme autant de volumes tampons autour de ces deux zones d’émission. La configuration procurait déjà par construction une atténuation naturelle en direction des volumes qui devaient être prévus dans le cadre des futurs aménagements (bureaux, foyer public, bar, centre de ressources, nouvelle extension, …).

La nouvelle extension

La salle devait convenir aux configurations suivantes : public debout, dîners spectacles avec guéridons, public assis debout, … D’où cette idée qui revenait à étager le public en partant du nez-de-scène avec une fosse en partie basse, deux niveaux de terrasses, un gradin fond de salle. La première terrasse accueille les espaces régies placées côte à côte au centre et les emplacements PMR aux deux extrémités. L’ensemble des préconisations acoustiques et de diffusion sonore devait prendre en compte toutes ces dispositions. Les terrasses sises à mi-salle offrent une grande qualité d’écoute et une bonne visibilité. La distance entre le nez-de-scène et les postes des régies n’est que de 7,70 m. Le traitement acoustique du volume ne présentait pas de difficultés particulières. L’ensemble du site bénéficie d’une situation géographique favorable. La parcelle, placée en bordure de l’autoroute A43, est inscrite au sein d’un réseau urbain à fort taux de fréquentation. Le niveau sonore résiduel, résultant élevé, se maintient pratiquement 24h/24, 7j/7. Cette situation contribua à la simplification des prescriptions acoustiques. Le voile béton en élévation de la nouvelle extension de 200 mm d’épaisseur fut érigé à quelques centimètres du mur de l’ancien abattoir. Cette contre-paroi mitoyenne est protégée par deux matelas de laine de roche, un vide d’air et un matelas en parements muraux Acoustichoc® de 5 cm en finition. Ce traitement, appliqué à toute la surface, retombe jusqu’au sol. Il est protégé en partie basse par des plaques de bois perforées de 1 cm d’épaisseur. Le voile béton de 200 mm placé sous la toiture supporte à lui seul la charge du système scénographique. Cette sous-face reçoit une finition acoustique réalisée à l’aide d’un matelas de laine de roche, suivi d’un vide d’air et d’un plafond suspendu en matériaux absorbants. La réverbération convient aux pratiques électroacoustiques puissantes. La mesure du taux de réverbération affiche entre 0,6 s et 0,7 s.

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