A18-01 portrait Dans un environnement familial plus motivé par d’autres préoccupations, rien ne prédisposait ce jeune garçon à s’engager dans une voie artistique et surtout théâtrale. Pourtant, manifestant très tôt un goût pour le dessin et le graphisme, ses études s’orientent vers l’école Auguste Renoir à Paris et seront sanctionnées par un Bac STI option arts appliqués à Lyon ainsi qu’un BTS en communication visuelle. Il se dirige alors vers l’École des arts décoratifs de Strasbourg, dont il obtient le diplôme (DNAP). Lors son installation dans cette ville, il rencontre une dramaturge dont la fréquentation lui révèle l’univers théâtral. Intéressé par cette découverte et attiré par une pratique qui réunit l’artisanat et l’artistique, Alban Ho Van intègre, en 2007, le département scénographie de l’École du TNS (Groupe 38) dont il apprécie, outre la formation, les ouvertures proposées, la mixité collective avec les autres ateliers d’étudiants et l’opportunité de côtoyer le décor de cinéma. Durant ses études, il rencontre, lors d’un stage, le metteur en scène, auteur et cinéaste Christophe Honoré qui l’invite à un assistanat en scénographie (aux côtés de Samuel Deshors) pour sa création de Angelo, tyran de Padoue de V. Hugo, au Festival d’Avignon 2009, dans la Cour du Palais des Papes. Une étape marquante avant même la fin de ses études qui amorce d’une collaboration poursuivie encore aujourd’hui. À l’automne de la même année, Alban signe officiellement sa première réalisation pour Graves épouses/Animaux frivoles de H. Barker, dans une mise en scène de G. Dujardin. Ensuite, ses créations s’enchaînent, avec la jeune metteuse en scène M. Poésy, condisciple au TNS, pour Funérailles d’hiver de Hanokh Levin (2010), Purgatoire à Ingolstadt de M. Fleisser (2012), Candide d’après Voltaire (2014), et avec Galin Stoev pour Liliom de F. Molnàr (2014), Tartuffe (2014 à la Comédie-Française), Les Gens d’Oz (2016), avec entre temps les retrouvailles avec Ch. Honoré pour la scénographie de son Nouveau roman, créé au Festival d’Avignon (2012).

Nouveau Roman, mise en scène de Christophe Honoré au Festival d’Avignon (2012) - Photo © Jean-Louis Fernandez

Nouveau Roman, mise en scène de Christophe Honoré au Festival d’Avignon (2012) – Photo © Jean-Louis Fernandez

Une étape importante et représentative dans le parcours de Alban Ho Van, dont les références aux anciens se situent entre Richard Peduzzi et Anna Viebrock. Pour cette plongée dans l’univers des grands écrivains contemporains en rupture avec les formes conventionnelles, la conception scénographique passe par un long travail d’une recherche architecturale signifiante, qui trouvera son expression évocatrice entre réalité et théâtralité, sous la forme d’une salle universitaire gradinée offrant des localisations adaptées, les circulations des comédiens et surtout celles de la parole, en contribuant à l’expression et au rythme d’une mise en scène quasi cinématographique. Des caractéristiques que l’on retrouve dans une forme architecturée imposante pour Fin de l’Histoire d’après W. Gombrowicz (2015), toujours avec Ch. Honoré. Autant d’aspects qui témoignent de la pratique de ce jeune créateur, pour laquelle il formule certaines aspirations dans un avenir proche. “Je recherche des personnes de ma génération pour développer des idées dans une approche artistique nouvelle, car je considère que dans mon domaine il y a encore des pistes inexplorées, et je souhaite rencontrer des partenaires metteurs en scène pour exploiter ce potentiel. En attendant, je reste ouvert à différentes expériences en mesure de conforter mes connaissances, comme par exemple dans la continuité d’une collaboration avec un atelier de décor à Nantes qui devrait s’effectuer l’hiver prochain. Je suis conscient que l’exercice de mon métier est beaucoup plus complexe et exigeant que ce que j’imaginais durant ma formation, mais je suis bien disposé à mettre tout en oeuvre pour faire aboutir mes désirs artistiques en allant jusqu’au bout de mes idées.”

En attendant, malgré son ascension professionnelle, Alban Ho Van se considère toujours avec beaucoup de lucidité dans une phase de réflexion et d’apprentissage qui l’honore. Il aura l’occasion de l’alimenter prochainement pour Cosi Fan Tutte de Mozart dans une mise en scène de Ch. Honoré, en ouverture du Festival d’Aix-en- Provence, puis à la rentrée auprès d’Agnès Jaoui pour la reprise de ses succès Cuisine et dépendances et Un air de famille dans un théâtre privé parisien. De nouvelles expériences qui lui permettront d’élargir la palette d’un talent encore en pleine évolution.

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