Esthétiquement, le légendaire studio 104 est un objet assez curieux au premier abord. Son architecture typique des années 50’, ses bas-reliefs de Louis Leygue assez abrupts, ce mur de fond couvert de modules en forme de diamants, tout comme les panneaux acoustiques du plafond —comme des écailles géantes— donnent un côté reptilien à la salle. Impression de revenir à des émotions brutes, au sens originel de la musique et renforcée par le thème de la nuit décliné par Architecture Studio qui a choisi la couleur aubergine comme dominante, complémentaire du jaune des sculptures en cuivre qui sont comme des envolées sur les bas-reliefs gris rhinocéros réalisés en 1963 : Les Bruits de la forêt à jardin et Les Rumeurs de la ville à cour, comme pour rappeler qu’ils jouent aussi un rôle acoustique dans cette salle. Ici la nuit appelle le rêve, la célébration d’une fête sous les étoiles. Ne manque plus que le feu… Quoique…

Le studio 104 neuf - Photo © Luc Boegly

Le studio 104 neuf – Photo © Luc Boegly

Dans le cadre de la restructuration de la Maison de la Radio, cette salle devait être une salle de répétition et l’auditorium la salle de concert. D’où l’ajout a posteriori des rideaux et des porteuses. Mais un changement de direction a heureusement relancé cette idée que le studio 104 était la salle de toutes les musiques, du classique à la variété en passant par les dramatiques radio. Ce qui induit un traitement acoustique, scénographique et la mise en place d’une sonorisation conséquente.

D’un volume acoustique de 12 000 m3, elle est maintenant d’une capacité de 852 places dont 22 PMR avec des accès refaits. On peut aussi installer les régies en salle.

Studio de prise de son du 104 quasi terminé - Photo © François Vatin

Studio de prise de son du 104 quasi terminé – Photo © François Vatin

Entretien avec Gaspard Joly, architecte (Architecture Studio), responsable de cette restructuration

Gaspard Joly : Cette salle plutôt rock et électro, nous l’avons définie comme un lieu de la nuit, d’où le choix des teintes sombres dominantes, qui mettent d’autant plus en valeur les bas-reliefs et la scène en bois clair.

Les fauteuils orange, moutarde et prune —tel un patchwork— reprennent toutes les couleurs qu’a connues cette salle.

Un nouveau plafond

Pour le 104, Architecture Studio a surtout modifié le plafond et la scène où se trouvait l’orgue qui jouait un certain rôle dans l’acoustique exceptionnelle de ce lieu.

G.J. : Nous avons changé tout le plafond pour trois raisons : il fallait le rendre stable au feu ; les accès techniques par les passerelles étaient très peu pratiques sans parler des conditions de sécurité ; le remplacement de l’orgue par un gradin destiné au chœur de l’orchestre induisait une modification de la forme des réflecteurs acoustiques.

Avec Jérôme Falala (cabinet Lamoureux Acoustics), nous avons redessiné l’ensemble des réflecteurs en staff, toujours en courbe, mais avec des angulations différentes. Nous y avons intégré l’éclairage de service (apport de 800 lux sur scène) qui est le même que dans l’auditorium. On a donc des réflecteurs dont la densité est une question moins importante que dans l’auditorium. Seul le grand réflecteur au-dessus du public est d’une masse plus importante pour accentuer les réflexions (50 kg/m2). Scénographiquement, on a travaillé pour faire de cette salle un véritable outil facile à travailler, par l’installation des porteuses courbées pour les lumières (qui suivent la forme de la salle), d’une passerelle au-dessus des bas-reliefs très facile d’accès et d’une porteuse qui longe tout le front de balcon.

 

 

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