Stéphane Braunschweig n’en est pas à son premier coup d’essai. Au-delà de la mise en scène et de son profil aux multiples facettes, se dégage un véritable travail scénographique autour du décor en mouvement (galettes motorisées autonomes sans fil). Une dualité qui lui permet d’obtenir une image avec un sens précis du dimensionnement. Cette vision se traduit par des aspects très concrets comme la valeur, l’appréciation, la faisabilité.

Propos recueillis auprès de l’ensemble de l’équipe du TNC et en téléconférence aux ateliers du TNS et au Théâtre de Vidy à Lausanne.

La galette centrale, son mur cintré et ses extensions latérales - Photo © Patrice Morel

La galette centrale, son mur cintré et ses extensions latérales – Photo © Patrice Morel

L’historique de la motorisation au TNC

Le radier de 25 cm fractionné en 2 parties : la couronne (rotation), la base (translation d'ensemble) - Photo © Patrice Morel

Le radier de 25 cm fractionné en 2 parties : la couronne (rotation), la base (translation d’ensemble) – Photo © Patrice Morel

L’aventure prit forme en 2011 avec Je disparais mettant en scène de grands fauteuils montés sous la forme de tampons de dessous de scène. Après l’ouverture des trappes motorisées, les fauteuils apparaissaient comme par magie au travers d’un caisson. L’exercice de style, pratiqué autour d’un plateau mobile calculé dans un radier(1) de moins de 80 cm, avait demandé un gros travail de réflexion. Il n’était pas concevable de dire à des accessoiristes de rester enfermés dans un espace aussi réduit durant tout un spectacle. D’un autre côté, dans l’hypothèse d’une automatisation complète, comment faire tenir autant d’équipements dans si peu d’espace ? Ces énigmes furent le début d’une longue collaboration entre Thierry Kaltenrieder (technique lumière, fournisseur des interfaces DMX 2e Solution) et Fabrice Combier (directeur technique adjoint, à l’époque). En 2012, le spectacle Dans la jungle des villes vit sa tournette pilotée pour la première fois par un signal DMX à partir d’une console lumière (interface DMX Technique Lumière 2e Solution préalablement expérimentée). Toujours en 2012, la pièce Six Personnages en quête d’auteur introduisait la translation d’un décor. Les concepteurs faisaient appel à des moteurs asynchrones pilotés par des contrôleurs Leroy-Somer Servo Drive couplés à des interfaces DMX Technique Lumière 2e Solution. En 2013, le TNC passait à la vitesse supérieure avec Solness le constructeur. Ce fut l’aboutissement de tout un travail d’équipe avec la mise en œuvre d’un grand nombre d’équipements. Citons à titre d’exemples l’utilisation d’un codeur absolu sur la couronne principale, l’emploi de quatre moteurs à vitesse variable synchronisés en vue de l’exécution d’un même mouvement, la translation à partir d’une crémaillère. Dans la même période, faisant suite au départ de Fabrice Combier, le TNC entra en collaboration étroite avec Hervé Cherblanc.

Vinrent ensuite, dès 2014, Le Canard sauvage et l’envol d’un décor en direction des cintres, puis La Mission et sa croix verticale en rotation qui fut l’occasion d’une réelle prise de conscience en matière de sécurité des comédiens. Le poste de commande placé par défaut en coulisses avait dû être replacé au niveau de la zone d’embarquement. Seuls les artistes qui devaient monter sur les branches d’une roue géante en action connaissaient le moment précis pour placer leurs pieds.

 

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