Conçu au milieu des années 2000 par l’agence Construire, le Centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape témoigne d’une architecture du spectacle alors nouvellement soucieuse de l’environnement. Quelques imperfections se sont révélées à l’usage de ce beau bâtiment en bois fonctionnel et confortable.

Vue extérieure - Photo © DRAC Rhône-Alpes - Jean-Marie Refflé

Vue extérieure – Photo © DRAC Rhône-Alpes – Jean-Marie Refflé

Un équipement culturel est d’abord une abstraction, une œuvre tout droit sortie de l’esprit de ses créateurs. C’est ensuite un objet concret approprié par ses utilisateurs. Et entre la conception et l’usage d’une réalisation architecturale, il y a une distance. Le Centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape, dans le Grand Lyon, ne déroge pas à la règle. Ouvert en 2006, cette œuvre de l’agence Construire —ses architectes sont Patrick Bouchain, Loïc Julienne et Sébastien Eymard— vit sept jours sur sept au rythme de la danse contemporaine. Après avoir été dirigé par Maguy Marin, le CCNR est désormais piloté, depuis 2011, par le chorégraphe israélien Yuval Pick.

Coupe longitudinale - Document © Construire - agence d’architecture

Coupe longitudinale – Document © Construire – agence d’architecture

De la création à la diffusion

En descendant du bus urbain, la rencontre avec ce chalet de bois est surprenante. Les 18 m de haut de la construction lui permettent de rester digne face aux imposantes barres et tours d’habitats collectifs aux alentours, sans pour autant jouer dans la même catégorie. “L’idée était de construire en hauteur. Il s’agissait de s’insérer dans un gabarit général tout en se démarquant des bâtiments environnants”, indique Loïc Julienne. Une spécificité qui vient du bois utilisé à la fois comme argument écologique et comme volonté d’apporter quelque chose de plus organique dans un univers largement dominé par le béton. De monumentales poutres de lamellé-collé en pin assurent la structure, alors que l’ossature et le bardage des murs extérieurs sont constitués de douglas non traité. Du bois qui provient en grande partie des forêts de la région lyonnaise. L’ensemble repose sur un système de pilotis laissant un espace ouvert sous le premier étage. “Le personnel du centre social voisin fermaient fréquemment les grilles du bâtiment par crainte des vols”, témoigne Loïc Julienne. “Nous ne pouvions pas faire un centre chorégraphique fermé de la sorte. C’est pourquoi nous avons mis le premier niveau en hauteur. Une terrasse et des balcons au premier étage permettent aux danseurs de prendre l’air. Et les galeries en dessous deviennent un espace partagé avec le quartier.”

 

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