L’AS commence ici une nouvelle série, consacrée à des approches scénographiques à travers le monde. Connus ou moins connus, les artistes présentés se distinguent par une approche originale de l’espace scénique, une pensée et une écriture personnelle. Nous vous souhaitons de belles rencontres !

Toutes les photos sont de © Vincent Pontet

A11-01-nggid041851-ngg0dyn-0x250x100-00f0w010c010r110f110r010t010Il a été de retour à Paris, au Théâtre des Champs-Élysées, début mars 2015, pour la création mondiale de Solaris, un opéra dansé, basé sur le roman éponyme de l’auteur polonais Stanislav Lem. Au lieu de tourner une troisième adaptation au cinéma, Saburo Teshigawara fait composer, chanter et danser. Une conversation au sujet de la lumière, de la ligne droite et de l’angoisse, où le maître japonais de la danse contemporaine, penseur et réalisateur de l’épure et du cube, livre sa vision de l’espace scénique. Retour aux fondamentaux.

AS : Vous signez toujours la globalité de vos productions, des costumes aux décors, des éclairages à la chorégraphie. Pour Solaris, vous signez également le livret, donc l’adaptation du roman de Stanislav Lem. Quand avez-vous commencé à créer des scénographies ?

A11-06Saburo Teshigawara : Dès le début de ma carrière et même avant. Je voulais devenir peintre, designer ou sculpteur, pour donner une forme plastique à mes idées. Aujourd’hui, je me considère au moins autant comme un metteur en scène que comme un chorégraphe. Je me suis orienté vers la danse parce que, après avoir trouvé une vision pour ma carrière, j’avais besoin de trouver aussi une approche pour mon corps. Je voulais faire des films ou travailler dans les arts visuels. Mais j’y ressentais un manque d’angoisse ou de satisfaction. C’est pourquoi j’ai commencé le ballet. J’y ai découvert combien la danse est faite de chiffres, de calculs, de rythmes, de directions. C’est une architecture en soi, comme si on construisait un immeuble, et elle exige un cadre à l’intérieur duquel elle peut se déployer. D’où mon penchant pour des scénographies en forme de cube. La danse et le design sont très liés, et les éclairages ajoutent la dimension du temps. Car la véritable question soulevée à travers tout ça est celle du temps. Comment contrôler le temps sur scène ? Voilà le point de départ pour cette création avec musiciens, chanteurs et danseurs ainsi que les ingénieurs de l’Ircam.

 

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Revue AS – N°238 Août 2021

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