Vue d'ensemble de la petite salle - Photo © William Pestrimaux

Vue d’ensemble de la petite salle – Photo © William Pestrimaux

Lorsque l’on se promène dans cette arche plantée en plein cœur de ville, on est loin d’imaginer ce qu’aura coûté ce rêve qu’à été la construction de Bonlieu. Aujourd’hui, le monstre gentil est accepté par tous comme un fief artistique pointu et exigeant. Hier, il a fait couler de l’encre par des détracteurs qui s’accrochaient à une autre vision de l’art et de la culture. En ceci, la rénovation de la Scène Nationale d’Annecy peut faire figure d’exemple. Exemple d’incarnation d’un esprit dans des murs, exemple d’implantation d’un poumon culturel au cœur d’une cité, exemple de tentative d’un mariage (plus ou moins heureux) entre culture et commerce. Quoiqu’il en soit, de Maurice Novarina et Jacques Levy à Marie-Agnès Blond & Stéphane Roux, le Centre culturel de Bonlieu qui abrite Bonlieu Scène Nationale Annecy s’est offert un lifting en épousant les formes de son temps. C’est réussi. Visite avec Salvador Garcia, actuel directeur de Bonlieu et entretien avec Stéphane Roux, architecte.

Coupe longitudinale de la grande salle - Document © Blond & Roux

Coupe longitudinale de la la grande salle – Document © Blond & Roux

Au Clos Bonlieu, le cas Bonlieu

L’histoire commence en 1972. La commission Bonlieu, en charge de réfléchir à la construction d’un équipement culturel s’affaire à la maquette théorique d’un bâtiment dont la fonction idéale pourrait être de mêler culture et loisirs. L’idée du maire de l’époque (Charles Bosson) est de créer un centre, trait d’union entre la vieille ville et les quartiers neufs, le Pâquier et le lac. La virulence des débats autour de l’aménagement du “Clos Bonlieu” est sans égal. Les artistes présents à Annecy, dont la troupe du Théâtre Éclaté menée par Alain Françon, occupent l’Hôtel Verdun pour protester contre sa démolition. Plus encore, “l’affaire Bonlieu” se répand sur le terrain politique et enflamme les débats au moment des élections, entre 1975 et 1977. La campagne est serrée. Bosson ne cède pas. À sa ville d’Annecy, il veut offrir un nœud urbain actif et attractif. Bonlieu deviendra un centre, le point de rencontre numéro 1. En local, ça tourbillonne, et en national, au ministère de la Culture souffle le vent des constructions des maisons de la Culture. Le Centre d’action culturel naîtra avec cet appui (près de 50 % du financement). Juin 1978, un numéro spécial de seize pages du magazine d’AAC (Annecy Action Culturelle) présente en détail, avec croquis, photos de maquettes et commentaires, l’équipement Bonlieu. Juin 1980, un nouveau numéro du journal intitulé “Bonlieu : enjeux et questions” tente d’imaginer le fonctionnement de cette place forte au cœur urbain. Et pendant ce temps, la bâtisse imaginée par Maurice Novarina et Jacques Levy se construit. Elle abrite un idéal aussi simple que vertueux : rassembler les populations au cœur d’un immense complexe culturel comprenant (entre autres) une bibliothèque, une crèche, un théâtre et un grand forum qui invite à la ballade. Une chose assez nouvelle que la construction de cet ensemble. Jacques Levy, architecte dira : “Bonlieu est organisé non pas autour des équipements qu’il rassemble, mais autour d’un espace de rencontres, d’échanges, de flânerie, de détente et de fête : espace sans fonction précise, c’est le centre de l’animation urbaine, et le lieu d’intégration des fonctions culturelles, commerciales et de loisirs. Cette place centrale est couverte par un grand parapluie transparent.

 

 

Du même auteur

Architecture

Namur, un Delta en majesté

Architecture et philosophie. La réhabilitation du Delta, Maison de la Culture de la Province de Namur, témoigne d’une évolution saisissante portée par la pensée du

Lire l'article

Dans la même catégorie

Archives de l’AS

Revue AS – N°238 Août 2021

  Sommaire En couverture Trame support destinée au plancher niveau bas – Photo © Christophe Raynaud de Lage Actualité et réalisations Actualité et réalisations• Note

Lire l'article