Le Confort Moderne a trente ans. Trente ans de dialogues entre musiques actuelles et art contemporain dans l’une des plus anciennes friches culturelles françaises. Pour fêter ça, la SMAC/Centre d’art de Poitiers doit être prochainement réhabilitée.

Objectif : élaborer des circulations plus fluides entre ses différents espaces et en faire un véritable lieu de vie.

A10-12Le Confort Moderne ne se la raconte pas. Le 185 rue du Faubourg du Pont Neuf, à Poitiers, dissimule au bout d’une mince allée pavée d’antiques entrepôts blancs et une maison de deux étages. Au centre, un parking que l’on imaginerait aisément se muer en place de village. Qui soupçonnerait que derrière ces murs se trouvent une salle de concert de huit cents places, un bar, des galeries dédiées à des expositions d’art contemporain, mais aussi une “fanzinothèque”, un magasin de disques et un jardin.

De Confort 2000 au Confort Moderne

Humblement installé dans ces bâtiments industriels quelconques, le Confort peut se targuer d’être l’une des plus anciennes friches culturelles de l’Hexagone. Le projet est créé il y a trente ans par Francis Falceto, Fazette Bordage, Yorrick Benoist et Philippe Auvin, fervents amateurs de ce que l’on ne nomme pas encore les musiques actuelles. À Poitiers, à la fin des années 70’ et au début des années 80’, ils participent à l’organisation de concerts représentant les courants les plus aventureux du rock contemporain (post-punk et no wave notamment) et des musiques extra-occidentales (Francis Falceto est le créateur de la série Éthiopique, fameuse réédition en CD d’enregistrement de jazz éthiopien) au travers des associations “l’Oreille est hardie”, puis “l’Œil écoute”. Ils sont alors décidés à créer un lieu où pourrait être présenté les esthétiques qu’ils soutiennent et qui sont alors relativement peu diffusés en France. Pour eux, l’endroit doit aussi pouvoir accueillir des expositions de plasticiens et de vidéastes contemporains. Dans une démarche proche des “frichistes” du Nord (Melkweg et le Paradisio à Amsterdam, la Raffinerie du Plan K à Bruxelles), ils louent, dès 1985, les locaux d’une ancienne fonderie reconvertie en lieu de stockage de matériel électro-ménager, appelés Confort 2000. En plus de ses murs, le centre culturel hérite d’une partie de son nom. Les 3 500 m2 de bâtiments (dont une grande partie date du milieu du XXe siècle) sont alors retapés : scène, bar et espaces d’exposition sont progressivement aménagés, selon les moyens et les bonnes volontés disponibles.

 

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Revue AS – N°238 Août 2021

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