Valence bénéficie d’une vigueur culturelle assez exceptionnelle et nous assistons à un renouvellement au cœur de la ville. Après six mois de travaux, le LUX, l’une des plus petites structures culturelles françaises, se métamorphose sous l’enseigne LUX 2.0. Un espace entièrement dédié aux cultures contemporaines, avec l’alliance des nouvelles technologies, du numérique, des arts visuels et des arts scéniques. La rénovation est ambitieuse et témoigne d’un esprit novateur. LUX 2.0 interpelle les créateurs dans la relation entre leur imaginaire et le numérique. C’est un défi qui autorise des rencontres et des énergies multiples. Dans des dimensions quasi artisanales, nous retrouvons l’idée de la boîte noire originelle. Le souffle existe et nous sommes impatients qu’il nous entraîne dans de fascinantes trajectoires.

Rencontre avec Yvan Peytavin, architecte scénographe, et François Barthelemi, chargé de mission

A06-50-coupelongitudAS : En quel état avez-vous découvert ce lieu ? Quelles furent les contraintes ? Que furent les choix et vos orientations en matière de restructuration ?

YP : Comme toujours en la matière, de nombreuses contraintes, mais une volonté affirmée : la Scène Nationale existait. Donc, nous découvrons une salle de cinéma des années 70’, avec un espace scénique de type proscenium de salle polyvalente ; absence de loges, ni aucun accès décor. Certes trois cents places, sur une rampe douce, adaptée à un cinéma à l’ancienne mais inadaptée au spectacle vivant : pas de scène, pas de visibilité. Pour nous, quelle que soit la taille du lieu, nous projetons d’emblée “la vie possible”. Il faut optimiser, récupérer le moindre cm2, la moindre volumétrie. Malgré les contraintes d’accessibilité (centre ville) et ce surprenant hall d’accueil avec une pente à 15 % qui descend vers la salle originelle. On constate qu’il faut décaisser un peu pour optimiser les hauteurs. Le paramètre PMR est à présent inévitable et les données incontournables. L’issue de secours également, puisqu’on entre en fond de salle, et les issues sont à cour et jardin de l’espace scénique. Notre travail a été, non pas de “pousser les murs”, mais d’aller à ras des peaux pour, in fine, avoir un gril positionné le plus haut possible, avec l’isolation acoustique, en intégrant toutes les CTA. Il y avait aussi une notion particulière : l’articulation d’une salle aux normes CST avec le spectacle vivant. Du fait de leur programmation régulière de cinéma, il faut passer rapidement d’une configuration à l’autre et faciliter les temps de mise en place. L’enjeu était de baisser la cabine cinéma de sorte qu’elle puisse servir de régie spectacle. Faire que le faisceau image soit axé, le plus grand possible. En veillant à ce que toute la technique que l’on allait rajouter n’entre pas dans le champ de l’image. C’était un travail chirurgical. Nous sommes entrés dans le vif du sujet.

Nous avons fait un vrai gradin pour une bonne visibilité pour le spectacle vivant ; et ce gradin fixe a permis d’aménager en-dessous des zones de dépôt très importantes (35 m2 ont été dégagés). Du fait de la présence d’un bâtiment mitoyen, un ancien cinéma appartenant à la mairie, il y a des possibilités d’évolution et d’agrandissement. Nous avons aménagé une grande loge collective ( accessible à cour et jardin) et la question fut posée de l’intégration d’un escalier arrière, capable de relier le R + 1, mais des sondages ont révélé des poutres avec treillis métalliques empêchant le passage. Un aspect à considérer si extensions extérieures.

 

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