Revue AS – Actualité de la Scénographie : message de la rédaction

Nous aurions préféré ne jamais écrire cette note de rédaction. Lundi 16 mars, après un discours attendu du Président de la République, le décret n°2020-260 portant sur la réglementation des déplacements dans le cadre de la lutte contre la propagation du Virus Covid-19 interdit les déplacements sur le territoire à l’exception de quelques motifs déclinés en cinq points. Écoles fermées, bars, restaurants, tous commerces déclarés non essentiels à la vie démocratique clos depuis quelques jours, seuls résistaient les lieux publics, parcs et berges baignés des premiers soleils de mars. Indisciplinés, tous dehors, après une trêve hivernale, à quelques jours de l’équinoxe de printemps, nous n’avons pas pris la mesure du danger et de notre fragilité à accueillir ce nouveau venu se propageant à la vitesse de la lumière. Covid-19 nous confine, nous assigne à résidence. Nous voici face à une situation inédite, immortels civilisés que nous sommes, et nous ne savons que penser face à cette crise sanitaire qui nous frappe de plein fouet. Difficile de ne pas entendre l’écho des voix qui, par le passé, nous susurraient, à défaut de pouvoir nous intimer, de réduire ce rythme fou engrangé par une machine et un système que nous pensions maîtriser et qui nous dominait. Difficile de ne pas penser que de la chute du Mur de Berlin à l’effondrement des Tours de New York nous avons vécu, au tournant de ce siècle, des bouleversements de nature à réjouir et dans le même temps à faire trembler nos espérances démocratiques mondiales. Tout se mélange dans nos têtes et la peur se propage comme une mauvaise herbe. Les chambres d’échos sont immenses. Il ne nous reste qu’à espérer et aimer. Car comment ne pas croire et voir que les générations à venir s’empareront (se sont déjà emparées) d’une Europe qu’elles vont continuer à construire et la vivront comme leur en lui inventant une culture, une beauté, de grands récits communs. Une chose est certaine, demain ne sera pas pareil et les premiers regards que nous poserons sur les fleurs de printemps, le premier air frais que nous respirerons à pleins poumons, libres comme l’air, n’auront pas la même saveur. Quand l’urgence est là, il faut ralentir. Dans un monde où l’on confond sans cesse vitesse et précipitation, il nous faut ralentir et (pourquoi pas ?) lire.

Géraldine Mercier, rédactrice en chef de la Revue Actualité de la Scénographie

Note de rédaction de l’AS N°230, à paraître le 1er avril.

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