Le Delta à Namur : Un parfait achèvement

L’architecte Philippe Samyn et son équipe de maîtrise d’œuvre s’étaient fixés pour objectif principal d’arriver à lier les critères d’optimisation des espaces tout en maintenant les fonctionnalités scénographiques à tous les niveaux de l’établissement. Le pari semble avoir été tenu.

Visite commentée par Thierry Collignon (responsable technique). Propos recueillis auprès de Willy Pestel (dUCKS scéno), Guillaume Gautier (AMG Féchoz), Laurent Javaux (Inytium), Bruno Spagna (régisseur d’exploitation).

Parterre reconfigurable assis debout, pente 5 % – Photo © Patrice Morel

Vue d’ensemble

Willy Pestel de l’agence dUCKS scéno souligne l’excellente collaboration et la grande disponibilité de l’architecte toujours prêt à trouver un terrain d’entente quant au maintien optimum des fonctionnalités scénographiques. En d’autres endroits, comme ce fut le cas par exemple pour le choix de la hauteur des garde-corps de la galerie technique de la grande salle, certaines fonctionnalités scénographiques ont dû parfois être gommées, privilégiant de fait l’intégration architecturale.

– Grande salle

L’espace scénique principal dans sa configuration initiale disposait d’une sorte de gril associé à des dispositifs d’éclairage compliqués à mettre en œuvre. La présence du poulillage en surface rendait l’installation des treuils ponctuels inextricable. La décision de dissocier le gril unique existant en deux grils indépendants offre dorénavant une grande variété d’installations sur le plan scénographique. La fourniture d’équipes motorisées coulissantes manœuvrées par le dessus, l’adjonction des réseaux numériques performants aux anciens réseaux analogiques, la mise en œuvre de régies en salle, … sont des critères déterminants permettant de satisfaire aux exigences techniques des productions. Le plateau finition hêtre peint en noir, détrapable en périphérie, propose une aire de jeu confortable de 13 m x 12,20 m.

– Salle Tambour

Les caractéristiques dimensionnelles en première approche pourraient paraître défavorables. Dès l’entrée en salle, le rendu acoustique saisissant invite l’auditoire au silence. Les configurations par défaut, que sont le théâtre, le cinéma et le cirque, offrent cette expérience toute particulière avec une distribution des espaces qui se prête tout particulièrement au travail immersif. Le plateau technique et son aire de jeu modulable de 9 m x 7 m semblent selon les utilisateurs “plus difficiles à prendre en charge et à maîtriser. Nous avons besoin de temps et d’expérimentation afin de trouver nos marques et d’arriver à définir l’emplacement des coulisses, l’implantation des régies, des praticables, des tentures et des passages de câbles en fonction des nombreuses configurations possibles”.

– Salle Médiator

Cet espace expérimental de 80 places, prévu pour l’accueil de récitals et de petites formes instrumentales, se présente sous la forme frontale. Son petit plateau propose une aire de jeu principale de 6 m x 4 m se resserrant au-delà et ce jusqu’à 7 m de profondeur. L’altimétrie sous la résille tubulaire de scène s’établit à 4,20 m.

Optimisation du flux de travail

Dans l’ancienne configuration, la taille de la scène et les espaces de stockage déterminaient à eux seuls l’envergure des spectacles pouvant être accueillis dans la grande salle. La nouvelle extension gagnée sur le parking de la rue du Pont apporte cette respiration qui lui faisait tant défaut. La création de l’arrière-scène et des espaces de stockage indépendants aura permis de désencombrer les coulisses et la circulation en fond de scène qui, de surcroît, pourront être rétablies dans leurs fonctions.

– Nouvel accès décor

Dans la configuration initiale, l’accès décor situé au centre de la paroi du fond de scène ouvrait directement sur le parking extérieur. Le dénivelé important à cet endroit n’avait jamais pu être réduit. Des réserves techniques prévoyaient bien l’installation d’un monte-décor qui finalement n’a jamais vu le jour. Par défaut, les éléments de grande taille devaient être acheminés jusqu’au plateau, en passant par l’entrée publique principale de plain-pied et le parterre de la salle.

La nouvelle extension prend ici tous son sens avec en outre l’installation d’un carrousel rotatif destiné au stockage des projecteurs. Le flux de livraison se trouve modifié en conséquence. Le garage situé au niveau R-1 communique sur la cour de service extérieure (rue des Bouchers) par l’intermédiaire d’une porte sectionnelle motorisée. La nouvelle aire de service couverte forme un volume tampon très appréciable. Le matériel peut y être trié à l’abri des intempéries avant d’être ventilé vers les espaces de diffusion par l’intermédiaire de la galerie de liaison en sous-sol. L’alternative consiste à engager le matériel dans le monte-charge en direction de l’arrière-scène côté jardin, des passerelles, du gril et de la terrasse extérieure. L’équipe regrette “que les éléments de décor de grande longueur se heurtent encore aux caractéristiques dimensionnelles du nouveau monte-charge”.

 

La suite de cet article dans le N°229 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro