Des projets plein la tête

Le temps semble, à première vue, ne pas avoir eu d’emprise sur cette construction inaugurée en 2005. L’exploitant pointe les difficultés d’usage et dresse un bilan en demi-teinte. Les utilisateurs concèdent néanmoins qu’une fois replacée dans le contexte inaugural, cette réalisation pouvait apparaître comme une véritable révélation. L’Atabal est un équipement particulièrement bien suivi. Soutenue par les acteurs du projet et par sa direction, l’équipe s’est vue accompagnée dans plusieurs programmes d’investissement dont le remplacement récent du système de diffusion sonore puis la fourniture, d’ici quelques mois, d’un ensemble de ponts lumière installés sur des guides de coulissements.

Poste de régie en salle – Photo © Patrice Morel

Avant-propos

L’équipe de maîtrise d’œuvre a dû faire face aux incertitudes du programme. Aucun scénographe d’équipement n’a pu être désigné dans le cadre du concours. Les techniciens et prestataires locaux sont très attachés à leur territoire. Ils révèlent “qu’à la lecture des plans qui leur avaient été présentés, ils avaient signalé avant même le commencement des travaux plusieurs incohérences”. Ils avaient relevé entres autres :

– Le caractère figé du dispositif de serrurerie et son sous-dimensionnement en termes de capacité en charge, critère qui aurait dû être pris en considération vue l’évolution prévisible des demandes techniques des tourneurs. Ces professionnels locaux avaient en quelque sorte pressenti la généralisation des projecteurs à LEDs et projecteurs asservis qui, au fil du temps, finiraient bien par devenir accessibles en termes d’investissements ;

– La prise en compte des logiciels de prédiction utilisés pour le calage de la diffusion sonore qui requiert des systèmes d’ancrage réglables sur 2 axes en X et Y ;

– La régie fermée située au niveau R+1 livrée avec de petits ouvrants coulissants, emplacement inutile pratiquement jamais utilisé ;

– La retombée de paroi au droit du nez-de-scène réalisée sans porte-à-faux, rendant de fait impossible la dissimulation des lignes de renforts de graves sous la dalle de scène. En conséquence, ces équipements encombrants imposent un recul conséquent des crash barrières en direction de la salle ;

– La porte du quai de déchargement, qui affiche un gabarit de 3,18 m en hauteur, faisant face à une porte d’accès à la scène limitée à une hauteur de 2,55 m ;

– Un volume en salle dissymétrique dû à la présence de gaines de ventilation fixées au droit de la paroi de salle côté jardin. À l’usage, la préconisation s’est avérée sans conséquence sur le rendu acoustique.

Les prescriptions d’un scénographe ou d’un AMO auraient permis d’obtenir une meilleure définition des lots dont le lot serrurerie scénique en fonction de la destination projetée.

François Maton, le directeur actuel de l’Atabal, rappelle à titre indicatif “que les ancrages définis en étude préliminaire n’étaient pas adaptés à supporter les descentes de charges induites par les équipements lumière prescrits dans les fiches techniques de tournée. En l’absence de décision définitive, le lieu fut livré avec des dispositifs d’ancrage insuffisants. L’équipe a dû s’adapter, voire sans cesse négocier les charges à la baisse avec les équipes de tournée. Les anciens ancrages ont finalement dû être abandonnés au profit d’une installation temporaire livrée sous la forme d’une structure de scène autoportée”.

Un des points forts tient aux préconisations acoustiques de la structure de scène réalisée en béton. L’épaisseur de la dalle, ses membrures et sa constitution alvéolaire lui confèrent une parfaite rigidité. Sans ces prescriptions, le plateau de scène n’aurait vraisemblablement pas pu accepter les descentes de charge ponctuelles dues à la mise en place des mâts de la structure autoportée.

Une étude structurelle au niveau de la toiture lancée dans la foulée révèlera des disponibilités en charge jusque-là insoupçonnées. La note calcul autorise dorénavant la mise en œuvre de guides de coulissements destinés à des ponts lumière mobiles. Ces informations ayant été portées à la connaissance de la collectivité, une dotation d’investissement devrait être votée dans ce sens afin de permettre à l’exploitant de déposer définitivement la structure autoportée et ainsi retrouver l’espace scénique dans sa surface initiale.

Les postes de régies sont installés en fond de salle dans un espace dédié, délimité par un ensemble de garde-corps fixes équipés de portillons d’accès. Le programme initial ne prévoyait aucune régie en salle. Les caniveaux de passages de câbles qui auraient dû être prévus sous la dalle ont totalement échappé aux prescriptions.

Principe d’ensemble

Le bâtiment est érigé sur deux dalles indépendantes. La première réunit le pôle studio, l’accueil, le bar, la billetterie, le patio et la grande salle. La deuxième regroupe les locaux techniques, les loges et la scène. Les deux dalles enregistrent une rupture de charge équivalente à la hauteur de scène alignée sur le quai de déchargement, à savoir 1,05 m. Pour une question de commodité, le matériel de tournée est livré le plus généralement en deux temps : backline et retours au niveau du quai de déchargement, les équipements de régie acheminés au travers des sas d’issues de secours extérieurs de salle. La pente du quai de déchargement permet de s’affranchir de cet artefact.

– Pôle studio indépendant

Le pôle des studios de répétition dispose d’une entrée indépendante comprenant :

– Un hall d’accueil et son bureau des régisseurs (surface de stockage insuffisante) ;

– La section MAO comprenant une cabine d’écoute et de mixage dotée d’une large baie de communication donnant sur un studio de répétition et de prise de son de grand volume, d’une capacité d’accueil de 10 à 12 musiciens ;

– Deux studios adaptés à des formations de 2 à 6 musiciens ;

– Deux petites salles de travail séparées par une baie ;

– Un espace de formation ou de réunion ;

– Un seul espace de stockage. Les étagères réparties dans les différents studios de répétition témoignent de l’insuffisance des réserves dédiées au backline.

– Pôle de diffusion

Le pôle de diffusion comprend :

– Un espace scénique de 10,60 m d’ouverture et de 8 m de profondeur ;

– Le foyer d’une surface au sol de 25 m2 ne dispose d’aucun traitement acoustique. Il est réquisitionné alternativement en salle de travail pour voix et instruments acoustiques, en loges collectives et/ou en local de stockage destiné au backline des formations de tournée ;

– Deux locaux de maintenance son et lumière indépendants donnant directement sur l’aire de service attenante au quai de déchargement.

L’accès technique en provenance du quai de déchargement débouche directement au centre de la paroi du fond de scène. Les artistes rejoignent le plateau depuis les loges, au travers d’un dégagement et d’un sas donnant sur la paroi latérale au niveau du fond de scène côté cour. La circulation dans le sens jardin/cour s’avère pratiquement impossible sans être à vue ou à défaut de passer par l’extérieur. Toute ouverture au niveau de la porte du sas d’accès scène implique des répercussions immédiates sur la répétition en cours.

 

La suite de cet article dans le N°228 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro