Révolution en trois actes

Les choses les plus importantes sont souvent les plus difficiles à percevoir. L’aboutissement et la réussite d’un tel projet tiennent à la singularité et à la complicité sans faille entre une direction technique et son scénographe. Certains services se sont mobilisés sans compter, à la recherche de meilleures solutions techniques. Ils ont reçu le soutien indéfectible des constructeurs qui pour certains d’entre eux n’étaient pas sûrs d’être retenus dans le cadre du marché. La réfection des réseaux, les investissements colossaux au niveau des lots scéniques dont le passage au tout numérique, la remise à niveau du dispositif de machinerie, … sont les marqueurs d’une expertise unique en son genre.

Cage de scène à l’arrière du cadre – Photo © Patrice Morel

Préambule

Machinerie, réseaux et équipements audiovisuels représentent la part la plus importante des dépenses engagées à savoir : 2,9 M€ pour la remise à niveau de la machinerie scénique, 1,850 M€ pour l’ensemble des réseaux. La MŒ a réussi à mobiliser au titre des investissements 0,750 M€ pour le secteur son et réseaux audiovisuels, 0,435 M€ pour les systèmes d’intercommunication et retour loges et plus de 1 M€ dédié au secteur lumière (hors lot gradateurs). Quelques investissements restent à réaliser mais le niveau d’équipement actuel dans sa globalité est parfaitement dimensionné.

La cage de scène

– Travaux au niveau de l’arrière-scène

L’espace alterne entre différentes fonctions : zone de séchage, espace de stockage des projecteurs, prolongement de l’aire de jeu principale. Le vide au niveau des combles a permis la dissociation du gril existant en deux grils indépendants. La nouvelle trame installée en partie supérieure autorise la mise en œuvre de cinq guides de coulissement dans le sens face lointain. Ils sont destinés à recevoir des chariots porte-palans à poussée manuelle. Un prochain volet d’investissement devrait permettre la mise en œuvre d’équipes canadiennes complémentaires pouvant être manœuvrées en charge durant les différentes phases de jeu. Cette perspective a bien été prise en compte dans la note de calcul du gril de charge.

– Accroissement des critères de performance

Le nombre d’axes est restitué à l’identique. La capacité des 64 équipes de scène a pu être portée d’une valeur initiale en charge de 500 daN à une valeur de 750 daN. Dans le même temps, le déplacement des porteuses atteint dorénavant la vitesse maximale de 1,60 m/s avec une réduction progressive à 1,20 m/s entre 500 daN et 750 daN. Notons la mise en place d’un système au freinage actif à récupération d’énergie, la force contrélectromotrice obtenue étant directement restituée au réseau.

Les motoréducteurs existants n’étaient pas en capacité d’atteindre les préconisations. Benjamin Puget de la société bc Caire a piloté la phase des tests d’épreuves avec, dans le viseur, l’ensemble des critères imposés par la norme EN62061 SIL3. Cette perspective a contraint l’installateur à revoir l’ensemble des capteurs de sécurité, des codeurs et les sur-courses qui leur étaient associés.

Lors des essais, cinq motoréducteurs sélectionnés au cours des tests se sont vus appliquer une série de contrôles acoustiques. Après concordance des éléments fonctionnels et atteinte globale des performances d’exploitation, un groupe d’équipement a retenu l’attention des équipes de maîtrise d’œuvre et de maîtrise d’usage.

Dans leur état initial, les tambours des treuils ne pouvaient pas supporter le couple exigé. Ces éléments ont dû être déposés puis réexpédiés à l’usinage. La capacité en charge des treuils ponctuels reste inchangée à une valeur initiale de 350 daN. Les motoréducteurs ont pu être conservés. Avec le remplacement des variateurs, des codeurs et des systèmes de fin de course débrayables, la vitesse maximale a pu être portée à 1,60 m/s. Un petit système de rouleau presseur a été installé afin de venir plaquer le câble contre le tambour et éviter que ce dernier ne se détende sur l’enrouleur lors du pouliage.

– Nouvelles porteuses

Les anciennes porteuses ont été remplacées par des porteuses doubles anti-déversements avec, en partie basse, un tube de 48 mm (tube de section carrée en partie supérieure). Les anciens tubes de diamètre 60 mm étaient totalement incompatibles avec les colliers des équipements de tournée. Cette situation imposait aux machinistes de sous-percher presque systématiquement.

Les tendeurs à lanterne couchés à l’horizontale ont été préférés aux enrouleurs.

En effet, l’équipe dépose régulièrement des porteuses afin de venir reprendre la charge directement à partir des fils d’équipes. Lors de l’emploi de fixations par enrouleur, les câbles acier ressortent marqués par le tambour au moment de la dépose et sont en l’état inexploitables.

– À l’avant du cadre

Un ensemble d’équipes canadiennes bc Caire PCT1 a été installé sous le plancher des armoires de commande situé juste au-dessus du proscenium. Une première ligne de cinq équipes canadiennes courtes indépendantes supporte les clusters de la diffusion sonore d&b audiotechnik. Plus en avant, on peut entrevoir une équipe canadienne classique, puis la ligne de palans motorisés installés sur un guide transversal situé au niveau de la passerelle de face. La structure de l’amphithéâtre a été déposée au profit d’une lisse cintrée pour projecteurs.

 

La suite de cet article dans le N°228 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro