Yves Caizergues, poète lumière

Autodidacte passionné, Yves Caizergues a fait ses armes dans le domaine musical avant de parfaire son expérience à l’opéra et sur les plateaux des grandes comédies musicales. Concepteur lumière depuis plus de vingt ans, il s’illustre aujourd’hui dans la conception de lumières interactives et immersives à grande échelle et met à profit son expérience avec des missions de conseil. Singularité de son profil, il n’a pas (ou très peu) recours au mapping pour créer ses œuvres lumière. Il s’appuie sur les innovations technologiques mais avoue préférer travailler avec des projecteurs et s’appuyer sur des collaborateurs (musique, son, …) pour créer ses atmosphères.

Festival Les Nuits Sonores, 2015 – Photo © Brice Robert

Musique et opéra

Il n’aimait pas l’école et s’est formé sur le tas. Comme souvent dans une génération amoureuse de la vie, peu à l’aise sur les bancs d’école. Son expérience se forge à partir de la musique. Il s’intéresse à l’enregistrement son avant de saisir une opportunité pour mettre un pied dans le monde du spectacle par la porte de l’Orchestre national de Lyon. Il rejoint l’Auditorium Maurice Ravel où, par la force du destin, il débute dans la lumière. Très vite, le rythme ne lui semble pas adapté à ses désirs. Il rejoint alors les équipes de Victor Bosch au Transbordeur et enchaîne, dans son sillon, sur des tournées rock dans le monde entier. Voilà comment se faisaient les carrières. Francis Cabrel, Raphaël, Notre-Dame de Paris, puis Le Petit Prince… Il façonne son expérience au rythme des tournées dans le monde. Une rencontre avec Jean Kalman l’aiguille sur l’opéra. Opéra de Lyon, Scala de Milan, Théâtre de la Monnaie à Bruxelles, … Autant de grands lieux et de grands titres (Don Giovanni, Les Noces de Figaro, Iphigénie, …) pour s’imprégner des méthodes de travail dans le domaine de l’art lyrique. La lumière à grande échelle prend chez lui des contours variés. Il s’appuie sur des collaborations avec des agences telles que Tetro, 1024 architecture pour étayer ses réalisations. Celles-ci couvrent d’ailleurs un spectre très large allant de l’événementiel aux installations lumière très plastiques et esthétiques.

Lumière(s) à grande échelle

Cela va de Lightfield, installation immersive et interactive pour le Festival Nuits Sonores où 90 versatubes étaient suspendus à 2,60 m de haut animés de séquences créées par des internautes retranscrites dans le sens horizontal, mélangées à des animations verticales orchestrées par les fréquences sonores émanant du DJ et pilotant les couleurs de l’installation scénique à Convergences où une boule à facettes géante (7 m de diamètre, 5 tonnes, 1 100 facettes tournoyantes) suspendue à une grue au-dessus de la Basilique de Fourvière plonge la ville entière dans des faisceaux de lumière réfléchissants. Ou encore, Fête des Lumières toujours, la transformation de la Place des Jacobins en salon, moquette rouge au sol, fontaine devenue lustre gigantesque, canapés et meubles éphémères posés ça et là… Caizergues transfigure et sublime les espaces. Pas jargonnant du tout, peu bavard, on sent chez lui une grande humilité, un désir d’apprendre et de créer de la beauté intarissable. Idées simples, réalisations soignées, collaborations choisies. Voilà la clé de ce parcours éclectique.

 

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