Un espace scénique polyvalent : Exercice de style réussi

Continuité scène/salle – Photo © Patrice Morel

Définir le juste équilibre n’est pas chose facile. Livrer un espace polyvalent doté d’un tel niveau d’équipement en respectant les délais impartis tient du miracle. Une période d’adaptation s’avère souvent nécessaire pour qu’une équipe parvienne à trouver ses marques. Un bilan positif où finalement rien n’est irrémédiablement figé ou définitivement perdu.

Préambule

Les dispositions constructives et les disponibilités impactent à plus ou moins grande échelle les capacités. Une cage de scène, une double boîte, une hauteur cachée, un gril de scène et son réseau de passerelles auraient bien sûr emporté l’adhésion du plus grand nombre, mais pour quelle destination et avec quelle conséquence sur la relation entre ce bâtiment et son environnement ?

Jacques Moyal, le scénographe, est resté très à l’écoute. Il reconnaît que la critique est toujours bonne à entendre pour peu qu’elle soit constructive. Il tient à mentionner qu’un grand nombre d’interlocuteurs est intervenu en cours de projet avec des requêtes pour le moins contradictoires. Pas moins de trois conseillers au total ont participé à l’élaboration du programme. Il y a certes quelques déséquilibres. Sans trop de surprise, ils se concentrent généralement là où le curseur a été le plus difficile à placer. Globalement, le niveau d’intégration dépasse très largement ce que l’on trouve en termes d’équipements dans la plupart des centres culturels de taille similaire. Néanmoins, il regrette la nomination tardive du directeur technique Pascal Mouillard et comprend qu’il lui ait été difficile d’intervenir après coup sur un projet déjà en cours de construction.

Le dispositif scénique d’ensemble

– Circulations et dégagements

L’espace scénique est du type adossé à la salle. La réponse en termes de réaction au feu des décors de scène est M0 (A2-s2-d0) et M1 (B-s2-d0). Le bloc salle et le bloc scène s’insèrent dans une boîte unique sans double peau. Les mesures d’isolement tiennent à la fois à l’établissement de coupures structurelles et à des mesures propres à éloigner les différents volumes d’émission les uns des autres. Les volumes annexes, constructions adossées ou faisant face, sont un des facteurs d’affaiblissement, éléments venant s’interposer naturellement dans la propagation des ondes sonores en direction du voisinage. Dans la même logique et à chaque fois que cela a été possible, des volumes tampon sous forme de dégagements, locaux techniques, zone de stockage, … ont été insérés entre les différentes zones d’émission (grande salle, nef d’exposition, locaux de répétition, salle de danse, salles annexes, …).

La configuration des circulations au niveau de l’arrière-scène explique en partie la présence des deux portes d’accès implantées à vue dans la paroi du fond de scène. Cette organisation impose la mise en place d’un rideau de fond de scène et rend difficile la mise en œuvre d’un cyclorama. Aucun accès n’a été prévu à l’approche du cadre. Le plateau n’est pas en communication immédiate avec le bloc salle.

L’approvisionnement depuis le quai de déchargement s’exécute au travers d’un dégagement de service débouchant au plateau côté jardin. Ce dernier est équipé de sas de communication intermédiaire. La logique des dessertes autorise l’exploitation des deux locaux de stockage et du quai de déchargement sans répercussion sur l’espace scénique (lumières parasites, nuisances sonores, contraintes thermiques).

La topologie des espaces annexes rend plus complexe le cheminement autour du plateau. La circulation dans le sens jardin/cour s’avère pratiquement impossible sans être à vue. L’ascenseur arrière-scène dessert tous les niveaux y compris le niveau passerelle.

Les régisseurs installés à leurs postes de régie peuvent rejoindre la scène, et c’est selon, par les couloirs de l’administration et des loges situés au niveau R+1 (hors zone public) ou en enfilade, par le grand escalier d’accueil et la nef d’exposition.

– Postes de régie

Le vaste espace de régie prévu initialement sur tiroir escamotable a finalement laissé place à une version en régie fixe ouverte sur la salle. Quelques pas suffisent à rejoindre la salle. La distance qui sépare les postes de régie du nez-de-scène est de 18 m. L’usage de vidéoprojecteurs de forte puissance y est parfaitement adéquat. Attention de prendre garde aux nuisances sonores perceptibles au niveau des dernières rangées. La régie fixe et la trappe des régies mobiles situées au pied de la tribune (repliée en configuration public debout) sont reliées par un fourreau gainé destiné aux passages des câbles.

 

La suite de cet article dans le N°226 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro