La MAC d’Épinay-sous-Sénart

Façade Sud place des Fêtes, parvis, entrée du public – Photo © Patrice Morel

Inaugurée le 11 mai 2019, La Maison des Arts et de la Culture d’Épinay-sous-Sénart a la particularité d’allier une salle de diffusion et des ateliers culturels municipaux et associatifs. Un établissement culturel de plus de 2 000 m2, une maison que les Spinoliens attendaient et qu’ils s’approprient de jour en jour.

À l’origine, la construction d’une maison des arts urbains était projetée avec pour programmation une salle de musiques actuelles. Avec le changement de municipalité, le projet qui était au stade d’un DCE a été abandonné et une nouvelle orientation est donnée à cet édifice culturel, qui plus est sur un nouveau terrain. La Communauté de communes a relancé un concours sur la base d’un programme avec une grande salle modulaire, des salles pour la pratique des autres arts, danse et cirque, et des ateliers. Le lieu culturel devait s’organiser en relation avec une école municipale d’arts qui regroupe les ateliers culturels municipaux et associatifs existants (peinture, dessin, théâtre, danse, cirque, …). Un studio de musique et un pôle numérique ont été créés grâce à l’implantation d’une micro-folie portée par le ministère de la Culture et coordonnée par La Villette. Le projet a été financé par la Communauté d’agglomération du Val-d’Yerres. La municipalité et le Maire se sont totalement investis dans son élaboration. La maîtrise d’œuvre a été confiée au Studio Milou puis, après la fermeture de l’agence, a été reprise et assurée par Thomas Rouyrre, architecte. Pour la scénographie, c’est l’agence Architecture & Technique. À cause de la multiplication des interlocuteurs, la mise en œuvre du projet a été compliquée.

L’insertion urbaine de cet ouvrage à grande échelle sur un terrain entre des pavillons et des immeubles R+1, situé à la lisière Nord d’un parc privé appartenant au monastère orthodoxe, s’est avérée complexe. Le parti pris architectural s’est donc basé sur la composition d’une succession de nefs parallèles avec des toitures à deux pentes respectant l’esthétique pavillonnaire. D’Ouest en Est, le bâtiment est composé de quatre nefs. La première, et la moins haute, comporte le quai de déchargement, l’administration et les loges en R+1 accolée à la grande nef de la salle qui s’élève à 16 m de hauteur au faîtage puis la nef traversante qui fait le lien entre les façades Nord et Sud. Dans la dernière nef, la moins haute et la plus large, on retrouve les différents studios dont ceux de danse, cirque et musique.

Les façades latérales sont opaques mais lorsqu’elles sont percées, c’est pour abriter des jardins couverts ou des baies donnant sur les bureaux. Elles sont toujours recouvertes d’un bardage bois ajouré afin d’assurer la continuité de la façade à l’extérieur mais aussi pour créer des espaces de qualité jouant avec l’ombre et la lumière. Par contre, les nefs sont systématiquement percées sur leur pignon, avec de grandes baies vitrées comme la nef traversante ou celle qui abrite la salle de danse. Même le foyer de la salle devait être davantage ouvert mais pour des raisons économiques le vitrage a été réduit. La façade de la grande nef de la salle est traitée en paliers successifs pour éviter un élément frontal de grande hauteur. Elle a été subdivisée avec un sous-bassement vitré qui contient le bar. Au-dessus, un jardin suspendu donne directement sur la place et, à l’arrière, la terrasse du foyer crée un lien plus doux pour le parvis où un miroir d’eau reflète le panneau signalétique et amène de la fraîcheur l’été.

Les matériaux sont dans des teintes brun foncé, en accord avec les couleurs des briques de l’école qui se trouve de l’autre coté du parvis. Afin de garder une homogénéité entre les façades et la couverture, les parties opaques en enduit brun et en tuiles brunes sont composées d’un bois thermo chauffé, huilé à l’huile de lin couleur chocolat qui garde sa teinte pendant plusieurs années. Cette couleur devait se retrouver à l’intérieur du bâtiment mais, finalement, la galerie est devenue blanc cassé au rez-de-chaussée et taupe au premier étage.

Le hall a été pensé comme une rue qui liaisonne les deux espaces de la façade Nord à celle du Sud donnant sur le nouveau parvis, la ville ancienne à la ville nouvelle. “Il était important de créer un lien entre les deux pôles au travers de ce bâtiment et de ne pas avoir de façade étanche. Nous avons créé cette nef centrale qui est relativement haute et qui met en relation la grande salle à l’échelle pavillonnaire. Cette nef abrite une galerie d’exposition qui était hors programme mais que nous avons proposée afin de dynamiser le lieu. Nous pouvons ainsi inciter le public à fréquenter cet équipement en dehors des cours et des ateliers”, précise Thomas Rouyrre. Encombrée par de nombreux accessoires, canapés, arbustes, luminaires, … cette rue est moins fluide et perd de sa lisibilité. “Le bar n’était pas non plus dans le programme mais nous en proposons toujours afin de faire vivre les projets. L’idée était de connecter le parvis avec le bâtiment à travers ce bar qui se développera l’été. Il est géré en interne et, aujourd’hui, il est davantage utilisé comme un bar pour des vernissages.

L’escalier monumental permet d’accéder depuis la nef et la galerie d’art au foyer haut aménagé avec de larges canapés face à un grand écran plasma. La terrasse a été pensée pour être fréquentée pendant les entractes des spectacles mais vu sa taille et son implantation, elle peut être utilisée pour des cocktails puisqu’un traiteur peut aussi s’y installer, une arrivée d’eau étant prévue. L’escalier est assez large pour être utilisé comme gradin pour un public scolaire. C’est aussi le seul accès à la salle en position frontale avec le gradinage déplié. Les loges et les bureaux de l’administration sont sur le même plateau et une grande salle de réunion à l’étage peut servir comme foyer des comédiens.

La suite de cet article dans le N°226 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro