L’éco-responsabilité au-delà DEMO

Le festival belge de Dour sensibilise le public au tri des déchets et au développement durable

Le projet de coopération transfrontalière DEMO réunit des salles de concert, des festivals et des acteurs du développement durable belges et français, autour de la thématique de l’empreinte environnementale du secteur des musiques actuelles. Financée par l’Union Européenne dans le cadre du programme Interreg France-Wallonie-Vlaanderen, l’opération a débuté en 2016 et doit se terminer en 2020.

Tournées internationales, diffusion des enregistrements musicaux dans de nombreux pays, brassages des styles : les musiques actuelles n’ont jamais fait beaucoup de cas des frontières. Il n’est donc pas surprenant que ce secteur se saisisse du programme européen de coopération Interreg. Financé par le Feder (Fond européen de développement régional), ce dernier a pour but de renforcer les échanges et initiatives partagés entre plusieurs territoires situés dans différents pays de l’Union. Dans ce cadre, quelques acteurs culturels et institutionnels des Hauts-de-France, de la région Grand-Est, de la Wallonie et des Flandres en Belgique se sont réunis, en 2016, au sein du programme DEMO. DEMO pour “Durabilité et écologie dans le secteur de la musique et de ses opérateurs”. Car ce projet est né d’un constat : “Nous nous sommes rendus compte que nous, salles de concert, menions des actions de développement durable, des deux côtés de la frontière. Il nous a paru cohérent de déposer un projet pour échanger autour des pratiques des uns et des autres”, témoigne Maeva Justice, chargée de projet européen pour le Grand Mix, SMAC de Tourcoing et établissement “chef de fil” du programme DEMO. “Nous avons aussi voulu impliquer les festivals car ce sont eux qui ont commencé à s’emparer de ces sujets liés à la maîtrise de leurs impacts environnementaux”, poursuit-elle. Ainsi, le programme compte onze partenaires : trois festivals (Dour Festival, Cabaret Vert à Charleville-Mézières, IeperFest à Ypres), cinq structures culturelles et salles de concert (Le Grand Mix à Tourcoing, les 4Écluses à Dunkerque, les Wilde Westen à Courtrai, le 4AD à Dixmude, le Centre culturel René Magritte à Lessines) mais aussi trois structures institutionnelles ou non issues du champ de la culture, choisies pour leur expertise et expérience en matière de développement durable (la Coopérative lilloise de conseil et de formation en développement durable, Extarcité – IDEA Intercommunale de développement économique et d’aménagement du Cœur du Hainaut – IMOG, opérateur spécialisé dans la gestion des déchets dans le secteur de la ville flamande d’Harelbeke).

Musiques & durabilité

Mais pourquoi orienter spécifiquement le projet sur les musiques actuelles ? Notamment pour “gagner du temps sur la mise en œuvre”, répond Maeva Justice. “Nous sommes allés naturellement vers un noyau de personnes que nous avions identifiées. Se concentrer sur un domaine permet aussi d’être mieux repéré par le public pour qui la visibilité d’un projet européen est déjà généralement compliquée.Les usagers de nos lieux – artistes et techniciens – connaissent potentiellement les autres acteurs du projet.”Au-delà des esthétiques que ces lieux et événements promeuvent, tous partagent un vocabulaire commun, malgré parfois la barrière de la langue : accompagnement des artistes, mise en place d’une logistique, savoir-faire et contraintes techniques, …

Recyclage, économie circulaire, alimentation durable, économie d’énergie sont autant de domaines abordés par DEMO sous forme d’études d’impact ou de faisabilité et d’actions concrètes. “Notre budget est fixé à 3,6 M € pour une période de quatre ans (de 2016 à 2020). Des initiatives, si elles sont cohérentes avec le projet, peuvent être financées à 50 % par l’Union Européenne”, commente Maeva Justice. Le programme est structuré en trois axes. La création d’un observatoire permet de repérer, d’évaluer et de mettre en commun les pratiques déjà mises en œuvre par l’ensemble des partenaires. Un axe innovation et expérimentation est destiné à tester des actions identifiées par l’observatoire. Enfin, un travail de communication et de diffusion des résultats obtenus auprès d’autres acteurs culturels est effectué.

 

La suite de cet article dans le N°225 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro