Le bunker K2 : Passerelle entre terre et mer

La grande scène, vue d’ensemble – Photo © Patrice Morel

Taillé dans la masse, le bunker K2 s’impose par ses caractéristiques dimensionnelles incompressibles. Les aménageurs ont dû faire face à une structure alvéolaire complexe. Bon nombre d’opérations de gros œuvre ont pu être évitées ou limitées par la détermination de préconisations venant s’ajuster le plus fidèlement possible à l’existant. La détermination des équipements scéniques n’aura pas échappé à cette règle.

Principes d’ensemble

L’Hydrophone se retrouve à cheval sur deux nefs. Les deux pôles d’activités disposent d’accès différentiés mais des difficultés d’accès subsistent au niveau des studios de répétition.

– Pôle studios Face B

Les musiciens n’ont d’autres choix que de décharger leurs véhicules sur l’emplacement PMR réservé à la dépose minute du Musée. Une fois en place et stabilisé sur des chariots à roulettes, le backline est poussé en direction de l’accueil sur une distance d’environ 50 m. À ce jour, il n’existe aucun accord de stationnement à proximité.

L’Hydrophone propose 48 boxs de stockage de différentes tailles. Le stockage précis des instruments en fonction de leur gabarit réel évite les tentatives de regroupement sur un même box. Les utilisateurs disposent de badges différenciés avec ou sans accès aux espaces de stockage individuel.

– Salles de diffusion Face A

L’accès de nuit ne pose aucune difficulté. L’entrée du parking commun avec la société Plastimo est sécurisée par un portail motorisé dont le contrôle d’accès est commandé par badges et digicode. Le coffret de raccordement installé à proximité du quai de déchargement est à destination des bus de tournée.

Une aire de livraison couverte a été aménagée dans la nouvelle extension au niveau du quai de déchargement. Une porte sectionnelle automatique autorise l’accès en direction de l’arrière-scène. Cette zone de stockage et son atelier attenant sont des espaces communs.

– Accès scènes

Les deux espaces scéniques ne sont pas en communication directe. Ils sont orientés à 90° sur leurs axes respectifs. Aucune rupture de charge importante n’est à déplorer. Le plateau principal est accessible depuis l’arrière-scène au travers d’un sas de décors composés de deux doubles portes coupe-feu satisfaisant aux critères d’exigence en termes d’isolement acoustique. Ce sas aménagé marque en fait une rupture entre l’existant et la nouvelle extension. L’ascenseur monte-charge de l’arrière-scène dessert l’ensemble des niveaux et réduit, par la même occasion, le dénivelé entre la scène et la salle.

Dispositif acoustique d’ensemble

Les arbitrages ont, par certains égards, permis d’établir des compromis sans pour autant altérer les performances. La notice acoustique prévoyait un certain nombre d’options qui, pour des raisons budgétaires, n’ont pu être actées. Le grand studio polyvalent, la cabine d’écoute et de mixage et les deux espaces de diffusion ont bénéficié de l’ensemble des préconisations. Aucune demande de variabilité n’avait été inscrite au programme. Les activités s’orientaient a priori vers des pratiques fortement amplifiées.

Les deux pôles d’activité sont situés de part et d’autre d’un espace événementiel en quête de destination. Ce volume tampon particulièrement réactif aux sollicitations externes se devait d’être protégé des activités concomitantes. Le traitement préventif s’appuie sur deux parois séparatrices conçues sous la forme d’une double peau comblée entre avec une couche de laine minérale et un vide d’air. La paroi interne (côté espace événementiel) comprend un mur en élévation construit en parpaings. La peau externe est réalisée à partir de plaques de plâtre superposées. Ce doublage plus souple crée un effet membrane qui s’avère particulièrement efficace dans l’amortissement de basses fréquences.

Le pôle studios

– Traitement acoustique

En termes d’isolement, le risque de contamination le plus important se situait au niveau des studios de répétition qui, pour un certain nombre d’entres eux, ont été regroupés à raison de deux unités par cellule. Les préconisations étaient parfaitement claires, à savoir : pratiquer du trash métal d’un côté sans qu’on puisse percevoir quoique ce soit de l’autre. Pour être le plus efficace possible, la construction des studios couplés par deux a été réalisée à partir d’un séparatif commun en béton, formant en quelque sorte la peau externe. Chaque boîte repose ensuite sur une dalle indépendante posée sur des rangées de plots Sylomer® comblées entre avec des bandes de laine minérale de 50 mm. Les parois internes découplées reposent directement sur la dalle flottante. Les plafonds sont fixés à la peau externe par l’intermédiaire de suspensions antivibratiles.

Le studio polyvalent et sa cabine d’écoute et de mixage attenante sont construits sur le même principe, excepté pour le séparatif externe réalisé cette fois à partir d’une ossature en bois refermée par des plaques de plâtre. En complément, un stock de cloisonnettes mobiles montées sur cadre peut être mis en œuvre dans le but de modifier le rendu en fonction des équilibres souhaités. La maîtrise d’usage et le BET acoustique ont déjà prévu une séance de travail complémentaire en présence des utilisateurs. Un certain nombre de corrections pourront être apportées avec, par exemple, l’adjonction de bass traps, de résonateurs, de diffuseurs, …

– Enregistrements des séances

Un forfait enregistrement est proposé aux utilisateurs. Le produit leur est remis au format 2 pistes et 8 pistes directement sur carte SD. Différentes formules permettent de réaliser des enregistrements témoins. À cette fin, 8 paires additionnelles AES/EBU ont été prévues entre les studios de répétition et la baie d’enregistrement. La captation peut être réalisée directement à partir d’un couple de micros placé dans le studio, relié, et c’est selon, à une carte son sur PC ou aux enregistreurs numériques. Les consoles Allen & Heath SQ 6 proposées en studios intègrent un enregistreur sur port USB. Les plus autonomes se verront remettre un enregistreur compact portatif de type Zomm H4-N Pro.

– Prise de son, mixage

Les 5 studios répartis en 3 blocs se partagent 3 faisceaux de liaisons audionumériques indépendants correspondant aux 24 pistes qui, pour les studios concomitants, sont à partager : 24 paires disponibles de chaque côté mais sur un seul multipaire commun. Le studio MAO est directement relié à la cabine de mixage et de prise de son. Les liaisons cuivrées sur connecteurs RJ45 permettent d’élargir les sessions à un plus grand nombre de pistes.

Le grand studio polyvalent et sa cabine d’écoute et de mixage sont en capacité de produire des enregistrements professionnels. La régie enregistrement et le studio MAO reçoivent par défaut les informations audionumériques en provenance des espaces de diffusion.

 

La suite de cet article dans le N°225 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro