L’avenir par l’apprentissage

Théâtre, gril de marche – Photo © Patrice Morel

Il n’y a pas de pédagogie sans formateurs et il n’y pas de formateurs sans outils, sans matières. À l’aube de la réforme de la formation professionnelle, cet aspect des choses est loin d’être dénué de sens. Ces travaux de réhabilitation sans commune mesure fixent les bases d’un engagement et d’un pari sur l’avenir.

Préambule

Fort heureusement, il subsiste des opérateurs pour qui les actions de formation ne se limitent pas seulement au ratio coûts/horaires stagiaires ou à des statistiques. Ils sont avant-postes sur nos territoires et défendent des chimères. Et cette idée qui tient au fait qu’une bonne qualification professionnelle s’obtient par la pratique du métier à raison d’un stagiaire par poste de travail ? Ceux qui oseront s’engager à l’avenir dans cet environnement concurrentiel se compteront peut-être sur les doigts d’une main.

Présentation et organisation

L’ancien porche, situé au 92 de l’avenue Gallieni à Bagnolet, cumule à la fois la fonction d’entrée principale et d’accès livraison. La hauteur du passage couvert interdit l’entrée aux véhicules d’un gabarit supérieur à 20m3. La cour intérieure organise les flux en direction des circulations horizontales et verticales au sein des différents blocs de construction. Aucune rupture de charge importante n’est à déplorer. L’ascenseur “monte-charge” et l’ascenseur PMR desservent tous les niveaux. Des pans inclinés permettent de franchir les 0,60 m entre la scène et la salle au théâtre et par la même, la différence de niveau entre le plateau du théâtre à 0,60 m et le grand plateau à + 0,00 m. Le projet sur ce plan intègre parfaitement la prise en compte de la pénibilité au travail.

Plateau, machinerie, lumière

Le premier travail de réflexion portait sur la création d’un nouveau théâtre au grand plateau et sur la remise en conformité du théâtre et du petit plateau. Le bilan dressé par les bureaux d’études fut sans appel. Les procédés de construction, l’état des soudures et l’absence de documents de référence ont imposé un curage complet. La purge a mis à jour de nombreux défauts structurels. La déconvenue se cristallisa au niveau du grand plateau qui, de surcroît, allait devoir supporter la charge des 3 studios d’enregistrement implantés au niveau R+2.

Le gril du théâtre dans sa configuration initiale était encombré par le pouliage. Il était pratiquement impossible de se tenir debout. L’altimétrie, une fois repensée, a autorisé la création d’un gril de marche libre d’une capacité en charge de 500 daN/m2. Cet espace pédagogique rendu confortable convient à la mise en œuvre des fils de registres, des ponctuels et des accessoires. Les circulations en passerelle ont été entièrement revues, le plancher de scène et les costières ont été conservés. Le bloc salle du théâtre n’est pas en reste. Les nouveaux guides de coulissement permettent la mise en œuvre de ponts lumière et de points d’ancrage destinés à la diffusion sonore.

Les équipements choisis devaient refléter toutes les techniques employées, allant de l’équipe à main aux équipes motorisées à vitesses variables en passant par les équipes mues à la française ou allemande. Plusieurs équipementiers sollicités ont répondus présents, avec entre autres AMG Féchoz, Tambè CEMS, Godet, Regl’Artech et leurs systèmes de pilotage associés.

L’idée d’un gril au grand plateau a été abandonnée. L’ossature et le traitement acoustique ont été entièrement repris avec l’adjonction de dispositifs de coulissement, de poutrelles mobiles et la création de caniveaux de passages de câbles en périphérie.

Informatique et réseaux

La réflexion fut menée en étroite collaboration avec des personnes ressources dont les 2 principaux référents et utilisateurs de réseaux numériques. Ces derniers ont pu s’appuyer au titre du retour d’expérience, sur des expérimentations pédagogiques qui furent le théâtre de nombreuses difficultés dues en particulier à la topologie des anciens locaux.

Ces situations complexes ont largement conforté et orienté Olivier Zamaralla, responsable du secteur informatique, dans la définition du programme.

L’infrastructure développée malgré les contraintes d’exploitation se devait d’être un outil au service des apprenants. La topologie envisagée dans la future construction ne présentait pas de parcours supérieur à 100 m. L’usage de la fibre optique s’est imposé afin de satisfaire aux objectifs de formation. La fibre optique était déjà au cœur des équipements audiovisuels et multimédia.

Les réseaux d’aujourd’hui doivent répondre aux activités interdisciplinaires tout en conservant une marge de manœuvre suffisante, face à des technologies très volatiles.
Le service a commencé à travailler en interne sur le réseau informatique classique data, s’appuyant sur une distribution de faisceaux de fibre optique organisés en anneaux. On retrouve une première couche primaire, avec des baies principales réparties à différents niveaux de l’établissement puis une deuxième couche secondaire avec ses sous répartiteurs locaux. L’incertitude sur la topologie des réseaux scéniques a conduit le service informatique à laisser les responsables de secteurs définir, en fonction des différents projets pédagogiques, s’ils souhaitaient travailler localement avec une architecture point par point, en étoile ou en anneau.

Après quelques mois d’utilisation, les débits mesurés sont impressionnants et confortent les préconisations. Les apprentis qui n’ont aucune réticence à solliciter les installations préfèrent se tourner vers des logiciels AVS embarqués dans leurs ordinateurs portables, abandonnant par la même l’usage des interfaces dédiées.

Dire que la fibre optique se destine au son, à la lumière ou à la vidéo n’a aucun sens. Le service informatique s’est orienté par voie de conséquence dans une logique banalisée.

 

La suite de cet article dans le N°224 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro