La norme ISO 20 121 : Des événements culturels reconnus responsables

Festival Jazz à Vienne – Photo © Arthur Viguier

La norme ISO 20 121 certifie les organisations du secteur de l’événementiel qui mettent en place une politique ambitieuse en faveur du développement durable. Apparue dans les années 2010, elle fait de plus en plus d’émules dans le secteur culturel : festivals et même salles de concert s’engagent dans la démarche pour formaliser et valoriser leurs actions pour un management “responsable”.

Nous travaillons depuis longtemps sur notre impact environnemental et sur l’économie locale. Mais nous souhaitons encore progresser. Nous avons trouvé intéressant de pouvoir utiliser une grille de travail pour aller plus loin.” C’est ainsi que Christophe Toni, responsable du service relations entreprises partenariat et développement de Jazz à Vienne, justifie le récent engagement du Festival dans la démarche ISO 20 121. Cette norme internationale sous-titrée “Management responsable appliqué à l’activité événementielle”certifie la qualité des actions et politiques mises en place par les organisations en matière de “management intégrant le développement durable”.

Jazz à Vienne est actuellement accompagné par Jean-Claude Herry. Ce musicien reconverti dans le consulting fut l’un des premiers Français à s’être positionné sur ISO 20 121, au point d’être aujourd’hui, avec son associé Xavier Parenteau, l’un de ses meilleurs connaisseurs. Depuis 2011, il a conseillé environ 80 entités dans leur parcours de certification : parmi elles des événements sportifs, des stades, des centres de congrès, mais aussi des festivals (Les Transmusicales de Rennes, les Eurockéennes de Belfort, …).

Les Britanniques sont à l’origine de la création de cette norme, au début des années 2010. Au début, il existait une norme de la British Standart(1) : la BS 8901. Elle concernait la gestion responsable des événements”, relate Jean-Claude Herry. “Mais le Royaume-Uni possède une industrie de l’événementiel dont l’aura dépasse les frontières. Les acteurs du secteur ont donc souhaité créer une nouvelle norme d’envergure internationale pour faire reconnaître la qualité de leur travail”, poursuit le spécialiste. Les normes ISO ont en effet la particularité d’être reconnues dans de nombreux pays et sont élaborées par des professionnels des domaines qui les concernent. “Le processus dure environ deux ans. Il doit aboutir à la rédaction d’un texte consensuel qui doit être compatible avec les autres normes ISO.

Une politique durable

Mais à quel type d’organisation s’adresse en priorité cette norme ISO 20 121 ?

Jean-Claude Herry : A priori, n’importe quelle structure peut entamer une démarche de certification. C’est une norme très générique. Le texte est assez simple et on peut l’adapter à tout type d’événement. Des associations, des collectivités et des entreprises sont certifiées. Mais il est vrai que ce sont plutôt des structures de taille importante à moyenne qui s’engagent dans ce processus, car il faut être un peu structuré, cela prend du temps ; mais aussi parce qu’il faut se faire accompagner ou qu’une personne en interne s’occupe du suivi.

Quel est le coût ?

Jean-Claude Herry : Il peut s’élever à plusieurs milliers d’euros. La mise en place de la démarche visant à obtenir la certification dure entre 12 et 18 mois.

 

Clémence Bruggeman est chargée du développement durable et des partenariats pour l’Aéronef. En 2016, la Scène de musiques actuelles lilloise est devenue le second lieu de ce type – après l’Ubu à Rennes – à obtenir la certification ISO 20 121. Une démarche qui a d’abord permis à l’établissement de structurer sa politique environnementale et sociale.

Pourquoi une structure de diffusion culturelle, dont les budgets sont souvent déjà contraints, peut-elle s’investir dans un tel chantier ?

Clémence Bruggeman : La certification n’était pas notre volonté première. Le fait que les membres de l’équipe portaient des valeurs d’écoresponsabilité nous y a amenés. Nous défendions ces valeurs mais nous n’arrivions pas toujours à les intégrer concrètement dans nos activités récurrentes.

Nous avions besoin de mettre des mots sur les choses. Petit à petit, cela nous a amenés sur le chemin de la norme. C’est avant tout une méthodologie qui permet de développer des outils et de retravailler le management.

 

La suite de cet article dans le N°223 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro