Centre des congrès de Jonzac : Un must à l’épicentre de l’Aquitaine

Tetrarc n’en est pas à son coup d’essai. Sur le site Internet de l’agence nantaise, dans la rubrique identité, on peut lire : “Sa générosité conceptuelle étayée par une extrême rigueur technique caractérise ses interventions dans ses différents domaines de prédilection dont les équipements culturels à valeur ajoutée”. On ne pourrait mieux le dire. Et quelles valeurs ajoutées ? Une conque acoustique habillée de rotin, une enveloppe en zinc, un mur porteur fait de verre pour l’élégance, des matériaux biosourcés, autant de qualités qui ont valu à ce vaisseau amiral d’être multi-primé : Archizinc, Construction Bois Nouvelle-Aquitaine, Fibra Award, … Rémi Tymen, architecte, raconte.

Configuration public assis (Agora) – Photo © Patrice Morel

70 000 âmes

La CdCHS (Communauté de communes de Haute-Saintonge), guidée par son président Claude Belot, sénateur LR, ancien conseiller général, agrégé de géographie, s’est sculptée un lieu culturel sur mesure à la main des architectes de l’agence Tetrarc. À l’heure de la grogne des gilets jaunes, où les territoires déserts de province, considérés et chéris par Malraux jadis, se sentent totalement abandonnés, la politique culturelle qui sévit dans ces 129 communes (à peine 70 000 habitants dont Jonzac avec ses 3 500 habitants doit être une des plus peuplées) fait figure d’exemple. Dans la partie méridionale du département de la Charente-Maritime, à la frontière de la Saintonge et du Bordelais, au centre névralgique du triangle Bordeaux, Angoulême, Royan, le Centre des congrès se dessine telle une grotte à la peau de zinc. Non loin des Antilles de Jonzac, un impressionnant parc aquatique conçu par les architectes hollandais Roelof et Nannie Hendriks, le bâtiment accueille avec deux ouvertures vitrées, à l’entrée et à l’étage. Pensé comme un monolithe à demi enchâssé dans le paysage du vallon, il s’impose dans le paysage. Le volume supérieur de l’édifice se révèle être une lumineuse galerie de distribution qui culmine autour d’un théâtre, pièce maîtresse. Selon Rémi Tymen, le chantier a été très heureux : “Une maîtrise d’ouvrage à l’écoute, une équipe intelligente, des entreprises constructives, … Avec ça, on arrive à faire de très belles choses”. Même si tout n’a pas été simple, certaines prouesses techniques ont nécessité de multiples essais, la réussite est manifeste. Élégant en diable, l’édifice est conçu à partir de matériaux nobles et écologiques. “Il s’agit d’une volonté politique basée sur une offre qui se situe à l’épicentre de l’Aquitaine. Je crois qu’une ligne TGV est à l’étude pour desservir Jonzac.” On lit bien là une ligne politique tournée vers les habitants et qui intègre la problématique de territoire.

Façade porteuse en verre

L’accès s’effectue en un point unique, sur la façade Sud, de façon à créer le sentiment d’une convergence vers l’édifice. Cette entrée générale commande l’accès de tous les utilisateurs. L’entrée des artistes et les livraisons s’effectuent à l’arrière de l’édifice. Cet espace d’accueil, aux volumes dynamiques, est baigné de lumière naturelle. On y trouve la banque d’accueil général, la billetterie et le bar. Cette grande galerie de déambulation met en scène la circulation de l’équipement : il est tour à tour lieu d’échanges feutrés entre participants à un séminaire, espace où se prolongent les échanges d’un colloque, temps de regroupement des participants d’une manifestation festive, foyer où s’expriment à l’entracte les premières impressions à l’issue d’un spectacle. Ce foyer est paré d’un escalier aux lignes fines dont les dernières marches déposent sur une terrasse baignée d’une baie de lumière. “Le hall distribue à la fois le séminaire, le théâtre, le foyer haut, il se développe un peu comme une forme organique, un boyau de communication. Il affiche des lignes très longues. Il y a quelque chose de très vif. Les façades sont inclinées et la subtilité de l’espace c’est que la façade vitrée sert de mur porteur. Pour que cela soit le plus élégant possible, nous avons pratiqué une étude au feu réel. Cela permet d’optimiser les structures. Je l’utilise à chaque fois, c’est très utile pour échapper aux normes contraignantes dictées par les bureaux de contrôle, cela permet un choix plus large dans une gamme de matériaux plus subtile.” Une grande salle nommée Agora se connecte directement au hall. 700 m2, un gradin rétractable de 416 places, une capacité modulable jusqu’à 572 places assises et 1 500 personnes debout. De grands rideaux contribuent au confort acoustique tout en permettant d’occulter au besoin. Colloques, conférences, réceptions, forums de rencontres, soirées débats, concerts rock, … La salle se transforme au gré des besoins. Des espaces séminaires sont répartis sur les deux niveaux sertis de parois amovibles, une à deux salles pour le rez-de-chaussée, une à quatre salles pour le premier étage. Les salles sont lumineuses et fonctionnelles, meublées avec du mobilier contemporain sobre et confortable. “Nous avons pu choisir l’ensemble du mobilier. On nous a laissé une totale liberté pour cela.”

 

La suite de cet article dans le N°223 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro