François Fouilhé : Le jardin extraordinaire

L’arbre à papillons, Noël à Saint-Raphaël – Photo © Tilt

On a souvent dit la richesse des parcours dans nos métiers. Cette richesse qui puise ses sources dans le grand monde des autodidactes. Cette richesse qui explose le cadre des formations traditionnelles. On sait que ce métier-là, en particulier, est affaire de passions. On sait que ses contours sont flous. On sait que son approche n’est pas encore parfaitement formalisée. Pour le meilleur et pour le pire, diront certains. Ici, nous ne verrons que le meilleur. François Fouilhé est de ces êtres formés sur le tas, vif et curieux, que le hasard des rencontres et de la géographie a conduit à fabriquer des luminaires monumentaux qui parent désormais les bitumes de toutes les villes du monde.

Transexpress

Va faire de la musique chez Transexpress ! C’est ainsi que François Fouilhé est entré en lumière. Son père, luthier à Eurre, dans la Drôme, voulant canaliser le jeune garçon fougueux lui intime d’aller travailler avec les voisins d’à côté. Les voisins d’à côté, c’est une jeune compagnie qui s’affaire à créer un spectacle aérien. Nous sommes en 1990,Mobile Homme, l’événement ciel, machine céleste pour septet de tambour volant va naître. Un mobile de Calder gigantesque à l’extrémité duquel sont suspendus des musiciens jouant du tambour. La création a eu lieu à Aurillac. Et l’installation parcourt le monde. Le jeune François entame la tournée dans une effervescence telle qu’elle conditionne son chemin de vie. Avec appétit, il apprend tout, comme on fait quand on aime. “Je vais par ici, par là pour faire de la musique. Je commence à faire de la technique. Je me fais embaucher au Théâtre de Valence comme technicien lumière et j’ai par ailleurs une activité rock’n’roll intense. J’ai appris comme ça.” En 1996, Laurent Fachard (le monde est petit) le coopte pour la création lumière de Maudits Sonnants. Fachard a été présenté à Transexpress par Michel Crespin (le monde est décidément petit !). “Laurent Fachard est vraiment un super bonhomme. Je fais la lumière de ce spectacle, et je me retrouve à tourner pendant quatre ou cinq ans. Puis le poste de directeur technique se libère et je deviens directeur technique.” Maudit Sonnants, c’est une grande scénographie baroque et aérienne, une structure qui se déploie comme une fleur de lotus et un carillon qui intervient en contrepoint comme une boîte à musique enfantine. C’est donc cette destinée singulière qui préside à la création de Tilt. Même si la route avec le compagnonnage avec Transexpress continue, c’est à Tilt qu’est revenue la fabrication du grandiose lustre de Cristal Palace, le fameux bal au clair de lustre présenté à Aurillac cet été.

 

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