Victoire 2, au Mas de Grille

La Victoire 2, vue générale sur la régie et la scène – Photo © Patrice Morel

Montpellier Saint-Roch. La ligne 2 du tramway traverse la Métropole d’Ouest en Est. De Saint-Jean-de-Védas à Jacou. On la reconnaît aux fleurs tatouées sur sa carcasse. Arrêt Victoire 2, du nom de la salle historique, une SMAC à classer parmi les vétérans. Nous sommes à Saint-Jean-de-Védas donc, en plein cœur d’une zone commerciale et à quelques pas de l’arrêt de tram, rue Théophraste Renaudot, se loge le Domaine du Mas de Grille. On y pénètre après une promenade de bitume, les grilles vertes annoncent une écolothèque. À gauche toute, on s’avance vers Victoire 2 et on est accueilli par Frédéric Muffet qui nous fera faire le tour du propriétaire avant de converser avec Isabelle Petit, directrice.

Un tour du propriétaire

Victoire 2 est un palimpseste. Ancien chai dans un ancien domaine viticole, le bâtiment principal, qui abrite aujourd’hui la salle de concert, avait été tranché dans sa hauteur au profit d’une salle de répétition de danse. Tout commence en 1987 avec l’association Stand’Art qui investit sans grands moyens le lieu avec pour ambition d’organiser des concerts et pour projet embryonnaire le dessin de ce que sont devenues toutes les SMACs aujourd’hui —concerts, répétitions, accompagnement, présentation de l’ensemble des esthétiques. Victoire 2 se développe en mode rootsavec une volonté de fer et un grand sérieux. “À cette époque, nous ne parlions pas encore d’accompagnement. On commençait à développer les groupes sur scène, on les aidait pour la communication, l’administration, … Qu’est-ce que les droits d’auteur, la Sacem, … Au départ les esthétiques proposées étaient assez rock et alternative puis, progressivement, sont apparues d’autres esthétiques comme le hip-hop, les musiques électroniques, les musiques du monde, …” En 2003, l’architecte scénographe Yvan Peytavin travaille à la transformation de la salle. 660 places, 49 en backstage, la salle se réinvente pour intégrer de nouveaux espaces. “Il y a eu une vraie transformation, dans la hauteur initiale de plafond du chai, il y avait une salle de danse qui courait sur tout l’étage, nous avons optimisé l’espace, libéré des espaces loges etcatering, ajouté un bar. Il y a eu également un énorme travail sur l’acoustique. En revanche, les murs extérieurs du chai et la toiture n’ont pas été rénovés. La grande façade rouge façon provençale a été créée. Et puis nous avons rajouté de toute pièce le bâtiment des studios.”Résultat, la salle et les studios sont devenus totalement indépendants. À quelques mètres de l’entrée, les studios, au nombre de six, tournent à plein régime. Frédéric Muffet se charge de l’accompagnement et témoigne de la vitalité de l’équipement. On sent surtout, comme dans de nombreuses salles historiques dont l’ouvrage a été méticuleusement soigné à l’intelligence concrète et à la sueur, combien les personnes sont engagées. “Nous sommes passés de trois studios à six, cela facilite grandement l’accompagnement. À partir de ce moment-là, il a été plus facile d’accueillir avec des lieux plus adaptés à la répétition. Nous avons augmenté notre capacité d’accueil de groupes, imaginé des types de répétitions différents…”, intime Isabelle Petit. Résultat, le bâtiment intègre quatre studios de 25 à 30 m2, une cabine pour DJ équipée de deux platines et d’une table de mixage, un studio de 38 m2(avec une cabine attenante) destiné aux grandes formations ou à l’enregistrement de maquettes. Chaque espace est équipé d’une batterie (à laquelle les batteurs doivent ajouter leur caisse claire, cymbales, pied de grosse caisse) et d’une sono pour le chant. Des espaces de stockage sont mis à disposition des musiciens adhérents pour entreposer leur matériel entre chaque répétition. Le projet ne cesse de se parfaire avec, très récemment, l’occupation d’un patio provençal, où des concerts se succèdent les soirs d’été. L’endroit, absolument divin, accueille groupes et festivals (Nuances, festival éclectique) chaque vendredi d’été embrassant les couleurs jazz, musiques électroniques ou pop-rock sous le nom générique de “I love Patio’. 300 personnes peuvent s’y rassembler de manière à conserver un lieu aéré où l’on peut circuler et écouter les concerts sans être entassés.

 

La suite de cet article dans le N°220 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro