Le Paul B : forteresse culturelle

Vue de l’extérieur du bâtiment – Photo © DR

Le bois de sa façade ne ternit pas. Le Centre culturel Paul Bailliart (ou Paul B, pour les intimes), Scène de musiques actuelles de Massy (92), a été réhabilité il y a un peu plus de dix ans. Un bâtiment fonctionnel, fait pour durer.

C’est un monolithe de bois dont les différents pans se succèdent comme les multiples faces d’un pliage. Vu de l’extérieur, le Paul B, SMAC de Massy (Essonne), propose un vocabulaire architectural contemporain, marqué par l’épure et la sobriété. Mais derrière le paravent qui l’habille se trouve un ensemble datant des années 60’ et largement remanié en 2007.

Plus précisément, à l’origine, il y a une construction de type “Pailleron” : c’est un principe constructif typique de la fin des années 60’ tenant son nom d’un incendie dramatique qui ravagea, le 6 février 1973, le collège Pailleron, dans le XIXearrondissement de Paris. Les constructions de ce genre, édifiées dans l’urgence du baby boom, sont généralement modulaires, constituées d’une ossature métallique et de parois d’agglomérés de bois. Un “modèle” qui fut appliqué à la réalisation d’établissements scolaires, mais également parfois culturels. Et notamment à l’ancêtre du Paul B.

Musiques actuelles & jeune public

Le bâtiment appartient à la municipalité de Massy et date de 1966. La grande idée de l’époque était l’éducation par la culture et le socio-culturel. C’était officiellement un centre socio-éducatif. Le tout comprenait une salle de spectacle, mais aussi différents espaces dédiés aux arts plastiques ou à des pratiques artisanales”, indique Christian Maugein, directeur du Paul B.

Christian Maugein arrive dans l’équipe de l’établissement à la fin des années 80’. “Il y avait alors une petite programmation pluridisciplinaire qui fonctionnait tant bien que mal”, se souvient-il. Puis celle-ci est vite remise en question avec la mise sur le tapis d’un projet d’ampleur par la municipalité de l’époque. Projet qui deviendra l’Opéra-Théâtre de Massy. “La Ville comptait beaucoup là-dessus. Elle avait une ambition importante. J’ai alors proposé deux possibilités d’évolution à la collectivité : soit de regrouper notre structure et la nouvelle au sein d’une même entité, soit de spécialiser le nouvel outil culturel afin que, en face, nous puissions nous différencier pour ne pas entrer en concurrence avec ce paquebot”, commente Christian Maugein. “J’avais passé près de dix ans en province. En comparant les contextes, je m’étais rendu compte qu’en région parisienne une multitude de lieux avait une programmation généraliste, se ressemblaient beaucoup”, poursuit-il. Il propose alors d’axer le projet sur les musiques actuelles notamment parce que, selon lui “l’acoustique du lieu était correcte”. Mais aussi sur le spectacle jeune public. “Nous en faisions alors très peu. Il n’y avait rien nulle part, hormis quelques représentations qui pouvaient avoir lieu par-ci par-là, le mercredi après-midi. Lorsque nous avons démarré sur ce nouveau schéma, nous sommes passés d’une dizaine de spectacles jeune public par an à une cinquantaine.”

Côté musiques actuelles, le centre culturel accueille une grande diversité d’esthétiques. “Avec une importante dynamique autour du blues, des musiques du monde et de la chanson, car l’isolation sonore du lieu n’était pas optimale. Ce qui ne nous interdisait pas toutefois d’organiser des concerts de rock dur de temps en temps.”

Le bâtiment est alors doté d’une salle de spectacle de 389 places, toutes assises. Ce qui n’est pas l’idéal pour la diffusion de musiques rock et/ou amplifiées. “Il faut cependant noter que les artistes étaient surpris par le côté chaleureux du lieu. Les gens étaient très proches de la salle. Ils commençaient souvent le concert assis puis se levaient pour finir”, raconte Christian Maugein.

Mais dans les années 2000, un désir de changement se fait sentir. “Nous avions besoin de transformer la salle ‘assise’ en ‘debout’. Il nous fallait aussi isoler acoustiquement le bâtiment. Il n’y avait pas de loges à proximité de la salle. Nous disposions d’un bar. Nous avons souhaité aménager cet espace en salle de spectacle, avec un côté club, en y intégrant le bar.”

 

La suite de cet article dans le N°219 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro