Travail d’orfèvre

L’émulation d’un groupe porté par le retour d’expérience, les témoignages et l’expérimentation ont trouvé dans cette concrétisation une oreille attentive. Les choses ne sont pas toujours aussi simples mais force est de constater que l’écoute et la patience incitent à concevoir et boostent l’imagination. La Vapeur est un lieu à forte valeur ajoutée, teintée de choix technologiques mûrement réfléchis qui donnent entière satisfaction à ses utilisateurs.

Continuité scène/salle – Photo © Patrice Morel

Lot scénographique & serrurerie

Le dispositif de serrurerie scénique existant s’appuyait sur un ensemble autoporté repris sur des parois latérales maçonnées. L’équipe technique, incertaine sur les capacités de charges des dispositifs, avait pris pour habitude de limiter au strict minimum la charge autorisée et le matériel qui pouvaient y être installés.

Néanmoins, l’ancienne configuration proposait des conditions d’accueil et un rendu acoustique fortement appréciés.

En revanche, l’espace scénique souffrait d’une carence récurrente en termes d’altimétrie imposant des conditions d’exploitation qui, jusque là, n’avaient pas permis de mettre en œuvre les projections vidéo et les éclairages scéniques dans de bonnes conditions.

Les impératifs

Sophie Thomas et l’ensemble des équipes qui se sont affairés autour du lot serrurerie et machinerie n’ont pas ménagé leur peine. L’objectif revenait à cibler parfaitement les besoins et à trouver les solutions adaptées aux exigences des utilisateurs après validation par les organismes de contrôle. La difficulté tenait dans le fait d’arriver à faire tenir les points suivants dans l’enveloppe budgétaire déjà très contrainte :

– Augmentation des capacités d’accueil de la grande salle qui comprenait la construction d’une extension de salle avec un espace bar en rez-de-chaussée et un balcon supérieur d’une capacité de 70 places assises ;

– Dépose complète de la structure de toiture se trouvant au-dessus de la scène de la grande salle sans pour autant impacter la stabilité de l’existant ;

– Création d’une nouvelle structure autoportée en tabouret impliquant de nouvelles capacités en charge et une altimétrie en rapport avec les nouveaux attendus ;

– Création d’un dispositif scénographique au niveau du club.

Sophie Thomas (scénographe) nous confie “que dans une situation budgétaire idéale, le plus simple aurait été de tout déconstruire et d’étendre la surélévation à toute la surface de la grande salle. La décision tardive intervenue en cours de construction de maintenir l’extension salle, la construction du gril de scène hors lot scénographique, furent autant d’éléments à prendre en compte dans nos arbitrages. Les compensations basées sur le principe des vases communicantsont eu des répercussions sur les lots serrurerie et machinerie avec, entre autres, l’impossibilité d’étendre la surélévation au-delà de la scène. En conséquence, le gril de salle a dûêtre aligné sur la charpente existante qui ne dispose d’aucune réserve de charge. Cette carence explique notamment la présence d’une seule équipe à la face”.

Les ancrages nécessaires à la suspension de la nouvelle diffusion de façade L-Acoustics Kara n’ont pu être repris sur la nouvelle structure du gril de scène. Pour cette raison, les poteaux existants du cadre ont été conservés et stabilisés en flexion et en torsion par des reprises réalisées à l’aide de tangons, eux-mêmes raccordés aux poteaux de la nouvelle structure. Cette disposition a eu pour conséquence d’encombrer le 1erniveau de passerelle à l’approche du cadre.

Étendre la surélévation en direction de la salle aurait contribué à :

– Adjoindre plusieurs équipes de face ;

– Augmenter les capacités en charge au niveau du gril de salle ;

– Suspendre la diffusion de façade sans poteaux ni reprises ;

– Obtenir un angle de visée moins à plat pour les éclairages de face ;

– Intégrer si possible une passerelle de face.

Malgré tout, un certains nombre de points forts ressortent avec, par exemple, la création de ces deux nouvelles passerelles latérales situées juste sous les retombées de toiture. Elles permettent, entre autres, la mise en œuvre du matériel d’éclairage en périphérie de la grande salle et facilite l’organisation des passages de câbles hors des espaces publics. La charpente de salle existante n’était pas en capacité de supporter la surcharge due au traitement acoustique. Les bracons de reprises de charges de la toiture, posés en biais et en travers des passerelles, empiètent sur la circulation.

 

La suite de cet article dans le N°219 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro