L’Acclameur : du sport au spectacle

Il devait essentiellement être dédié au sport. Il accueille finalement surtout de grands spectacles et de l’événementiel. Les architectes de l’Acclameur à Niort ont dû s’adapter en fonction des changements de cap pris par la maîtrise d’ouvrage. Une constante néanmoins pour la réalisation de cet équipement inauguré en 2012 : la démarche Haute Qualité Environnementale.

Vue générale de l’Acclameur – Photo © R. Goudeau

Vu du ciel, l’Acclameur ressemble à une coquille d’escargot. Ou plutôt à une spirale aspirant les personnes venues par centaines (voire par milliers) assister à l’une des grandes représentations proposées dans ce lieu dédié au show-business. Car, à Niort, le complexe et sa jauge maximale de 3 500 personnes debout font office de “petit Zénith”. Au programme pour les années 2018 et 2019, de la variété avec Véronique Sanson, Bernard Lavilliers, Calogero ou encore le chanteur “jeune public” Aldebert. Mais aussi de l’humour avec Gaspard Proust, Anne Roumanoff et Jamel Debbouze. Dans cet ensemble figure également le championnat de France d’escalade de vitesse. Au regard de cet échantillon, il apparaît que le spectacle a pris ici le pas sur le sport. Ce lieu devait pourtant être, à l’origine, surtout dédié aux grandes compétitions. Il devait d’ailleurs être implanté dans un important ensemble “Haute Qualité Environnementale” consacré aux cultures physiques.

Sport et spectacle

Situé en périphérie de l’agglomération niortaise, près de l’aérodrome et au milieu de vastes champs ouverts, l’Acclameur se repère de loin et paraît quelque peu esseulé. “Initialement, il devait y avoir un ensemble qui devait s’appeler ‘Terre de sport’. Ce devait être un complexe sportif ludique avec des parcours de marche et de promenade. Le point d’orgue de tout cela devait être la construction d’un stade”, raconte Hervé Charletty, architecte de l’agence CRR Architecture, mandataire du projet de l’Acclameur. “Notre intervention, lorsque nous avons remporté le concours en 2005, consistait à la concrétisation d’un programme qui se déclinait en trois parties. La première était une salle événementielle surtout dédiée aux grands événements sportifs. Un deuxième espace devait permettre à une équipe de chercheurs de l’Université de Poitiers de filmer des sportifs en action. Enfin, une troisième partie était consacrée à l’escalade et aux arts du cirque, assortie d’une pièce faisant office de gymnase”, se souvient le maître d’œuvre.

Le chantier débute en 2007, sous la supervision de Christophe Pillet Architecte, agence basée à Rochefort-sur-Mer (17) et associée pour l’occasion à CRR. Christophe Pillet est par ailleurs chargé de réaliser le bâtiment annexe à la grande halle, notamment destiné à accueillir les locaux dédiés aux chercheurs et à l’administration. “La construction de ce bâtiment de 2 400 m2 de surface plancher devait nous servir de test pour la grande salle. Nous avons démarré les travaux par lui car nous voulions traiter l’Acclameur avec les mêmes matériaux, c’est-à-dire un mélange de béton et de bois”, témoigne Christophe Pillet. L’ensemble doit être réalisé selon le référentiel HQE (Haute Qualité Environnementale). “Un bureau d’études nous accompagnait sur ce point durant la conception. Ce dernier est aussi intervenu pour sensibiliser l’entreprise de construction car le chantier devait être à faible nuisance.” Une fois le “petit” bâtiment réalisé, la maîtrise d’œuvre attaque le plat de résistance. “Nous allions débuter l’intérieur lorsque, en 2008, la nouvelle équipe municipale a pris une autre décision. Celle-ci avait pris conscience qu’un lieu surtout centré sur le sport, avec environ un événement par mois, allait coûter trop cher en exploitation. Les travaux ont été suspendus”, relate l’architecte charentais. Il est alors trop tard pour faire machine arrière. Le maître d’ouvrage prend alors le parti d’inverser les choses : faire de l’Acclameur un projet avec une dominante spectacle vivant. “C’était une bonne chose. Mais pour nous cela n’a pas été simple d’un point de vue technique”, commente Christophe Pillet. Notamment parce que, en changeant de destination principale, la grande halle doit se plier à d’autres règles en matière de sécurité. “Le chantier s’est arrêté durant un an et demi, période durant laquelle le bâtiment est resté vide. Lorsque nous avons repris en 2009, nous avons dû faire, en quelque sorte, de la rénovation lourde sur un édifice non fini. Puis nous avons dû faire passer la construction d’un type X en matière de sécurité incendie (catégorie relative aux bâtiments sportifs recevant du public) à un type L. Ce qui a commandé l’installation de nouvelles issues de secours, de couloirs sous des gradins déjà montés ou de dispositifs complémentaires pour le désenfumage”, poursuit le professionnel. Les structures, notamment les poutres, doivent aussi être renforcées pour soutenir davantage de poids, particulièrement celui des dispositifs d’amplification et de lumière de grandes productions musicales.

 

La suite de cet article dans le N°218 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro