Nouvelle machinerie à Mogador : Tout est pareil et rien n’est semblable…

Le Théâtre Mogador, victime d’un incendie en septembre 2016, présente, moins d’un an plus tard, sa nouvelle production, Grease, dans une machinerie profondément renouvelée. Et pourtant, “à première vue”, rien n’aurait changé… Approchons-nous !

Le plateau de Grease depuis le balcon – Photo © Patrice Morel

L’historique du lieu

Construit en 1913 et inauguré en 1919, le Théâtre Mogador peut accueillir 1 600 personnes avec parterre, balcon et corbeille. C’est le financier Sir Alfred Butt qui le fait construire sur le modèle du Palace, music-hall londonien édifié par Bertie Crewe. La salle se nomme d’abord le Palace Théâtre puis Mogador car située au 25 rue de Mogador (ancien nom de la ville d’Essaouira au Maroc). Au cours des années 20’, la salle accueille les Ballets russes de Diaghilev et des après-midi musicaux appelés les Thés Mogador. La décennie suivante, c’est Mistinguett qui y connaîtra le succès, notamment avec son spectacle Ça c’est Paris. De 1939 à 1969, Henri Varna y propose le genre alors très couru “d’opérette à la française du milieu à la fin du XIXe siècle”. En 2005, le lieu devient propriété de Stage Entertainment.

L’incendie

Le dimanche 25 septembre 2016, alors que les derniers préparatifs de la production Le fantôme de l’opéra étaient en cours (“première” prévue le 13 octobre), un incendie se déclarait dans les dessous de Mogador. Les importants moyens de secours déployés pour préserver le théâtre, situé en tissu urbain dense, ont limité le sinistre à la cage de scène, fortement touchée, et à des dommages importants dans la salle.

À ce jour, les causes du sinistre sont inconnues.

Lorsque l’on visite ce même Mogador, un an plus tard, en pleine exploitation de Grease, en compagnie d’Éric Loustau-Carrère (producteur exécutif de Stage Entertainment) et de Michel Fayet (Changement à Vue), on mesure la prouesse qui aura consisté, en moins d’un an, à redonner vie à cette belle salle parisienne.

Le calendrier

Lorsque des travaux sont décidés pour rénover un théâtre, cela a certes un impact sur son activité, mais cela est prévu. Cela permet, selon les cas, de faire une saison “hors les murs”, d’en profiter pour développer un programme de formation pour les personnels, … Lorsqu’un incendie survient, la gestion du temps est tout autre : il tarde à l’exploitant (aux personnels et au public aussi) de pouvoir reprendre son activité au plus vite. Rappelant que Mogador est un théâtre de gestion privée, on situe le caractère essentiel du calendrier de la nécessaire rénovation après sinistre.

Le chantier

Le bureau A7 ingénierie a dû mener de front trois opérations en un temps contraint :

– 1 : Suivre la dépollution du site et commencer la dépose des décors avec constatation par huissier ;

– 2 : Établir avec les BET la limite des travaux techniques à chiffrer ;

– 3 : Alimenter les experts en tableaux chiffrés et constitution d’un rétro-planning donnant les dates clés de prise de décision.

Le planning de chantier a été “tenu” : tout d’abord enlever décors, planchers de scène et fauteuils, permettant la pose des échafaudages et réfection des peintures des foyers. La machinerie scénique a été installée entre avril et le 11 août, date de livraison.

Le décor de Grease pouvait alors être implanté, pour une “première” le 28 septembre 2017. Cela faisait tout juste un an que l’incendie s’était déclaré.

 

La suite de cet article dans le N°216 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro