Soubresaut : Le Théâtre du Radeau

Vue générale du plateau – Photo © Jean-François Thomelin

Cette citation de Guy-Claude François, “La scénographie existe le temps de la représentation” n’a jamais été aussi vraie que pour un spectacle du Théâtre du Radeau. À l’arrivée, une vision de désordre sur le plateau, un fatras des éléments de décor et d’accessoires sur scène. Et avec le premier éclairage et l’arrivée du personnage, le plateau encombré devient le lieu extraordinaire où les perspectives se créent, les cadres s’organisent. Le chaos disparaît. La profondeur de champ s’installe et aspire notre imaginaire dans les méandres d’un paysage sans cesse renouvelé. Soubresaut a été présenté dans le cadre du Festival d’Automne, dans la salle transformable du Théâtre des Amandiers de Nanterre.

Nous sommes dans un théâtre à part, ce qu’on appelle les écritures de plateau. Nous redécouvrons chaque création du Théâtre du Radeau avec curiosité et intérêt. Installé depuis 1977 au Mans, François Tanguy devient le metteur en scène en 1982 En 1984, le Radeau s’installe dans La Fonderie, à l’origine une ancienne succursale automobile de 400 m2, qui va continuellement s’agrandir et devenir un lieu de fabrique, de rencontre et surtout de création, complété depuis 1997 par un espace situé en dehors de la Ville, la Tente. “Le théâtre ? C’est résister, pas reprendre, pas regagner parce qu’on a perdu. Résister, cela veut dire se souvenir : la mémoire devant, pas derrière”, annonce François Tanguy.

Soubresaut est à l’origine le nom d’un texte de Beckett qui débute ainsi : “Assis une nuit à sa table la tête sur les mains, il se vit se lever et partir”. La pièce, mise en scène par François Tanguy, commence par l’arrivée d’une femme. Elle s’assied, la musique démarre et des personnages fantasques apparaissent de toutes parts, glissant sur des toboggans, dévoilant ainsi des passages et révélant des entrées insoupçonnées. Les écrits de Kafka, Dante, Ovide, Giordano Bruno, Peter Weiss, Labiche, Paul Valéry, Joseph Brodsky et Kierkegaard et la musique de Vivaldi, Haendel, Mozart, sont conviés dans le spectacle.

 

La suite de cet article dans le N°216 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro