Le Futuroscope – L’Extraordinaire Voyage : le tour du monde en 4 minutes

Les temps changent… Le Phileas Fogg du XXIe peut désormais voyager grâce à la compagnie SkyWorld et ainsi raccourcir singulièrement la durée de son tour du monde !

Quatre minutes suffisent en effet pour survoler notre belle planète, en partant de Poitiers, puis en direction de l’Égypte, de Dubaï, de l’Inde, de l’Himalaya, du parc de Yellowstone aux États-Unis, et enfin revenir au Futuroscope.

Inspirée par l’univers de Jules Verne, l’équipe du parc d’attraction, emmenée par Olivier Heral (directeur artistique), a fait le pari de développer une expérience immersive toute en subtilité.

Vue d'ensemble - Photo © Futuroscope

Vue d’ensemble – Photo © Futuroscope

Le spectacle débute dès la file d’attente

La scénographie du Hall des départs est inspirée de l’œuvre de Maurits Cornelis Escher, avec une sorte de reproduction de l’escalier de Penrose. On plonge dans un univers mystérieux, sorte d’aérogare d’un futur proche, mélangeant des technologies modernes et l’esthétique de l’anticipation technologique vue du XIXe siècle, toujours en référence à l’esprit de Jules Verne.

Enfin, une hôtesse nous appelle pour l’embarquement vers L’Extraordinaire Voyage. S’ensuivent un briefing sur le voyage par l’équipage puis le transfert en aéro-navette vers le pas de tir. Cette salle prend la forme d’une navette de transfert d’aéroport, le paysage d’un Futuroscope de demain défilant sur les quinze écrans HD simulant les fenêtres du véhicule. La partie sonore est diffusée par des HP encastrés en plafonnier, la scénographie n’ayant pas permis d’emplacement plus adéquat. Le résultat sonore est mitigé mais ce ne sont encore que les prémices de l’attraction…

Quelques minutes plus tard, le public est conduit au comptoir d’embarquement de la navette SkyLoop, à l’esthétique résolument futuriste. Après les dernières instructions, nous nous installons dans un des quatre-vingt-quatre sièges répartis sur trois rangées. La salle a une apparence plutôt normale de salle de projection, sièges disposés à plat. Mais l’écran, même dans l’ombre, est imposant. Il prend la forme d’une portion de tore, aux dimensions impressionnantes : 600 m2, 20 m d’envergure sur 13 m de haut, un écran immersif géant unique au monde.

Une immersion visuelle, mais pas que

Une fois ceinturés sur nos sièges, la lumière de la salle s’éteint et l’attraction commence vraiment : la plate-forme de cent-dix tonnes supportant les sièges se dresse à la verticale, effectuant une rotation de 90° autour de son axe bas en moins de douze secondes. Les sièges se retrouvent alors disposés sur trois rangées superposées. Le public a les pieds dans le vide, face à l’écran, complètement plongé dans l’image.

L’image projetée, un mélange d’images réelles et de synthèse, est d’un format conséquent, à vrai dire l’un des plus élevés existant : c’est un 6K un peu modifié (6 144 x 4 096 pixels, 48 images par seconde).

La projection est assurée par cinq vidéoprojecteurs Christie 4K de 30 000 lumens chacun, trois verticaux et deux latéraux.

Le son n’est pas en reste… La diffusion de marque Alcons Audio est assurée par 12 HP fixés derrière l’écran et 4 caissons de sub-bass. Les douze enceintes sont disposées en trois rangées : deux rangées de cinq enceintes (une sorte de diffusion 5.1 étalée, où les surround se retrouveraient sur les côtés) et une rangée basse de deux enceintes. Le spectateur ne se retrouve pas entouré de son mais face à une diffusion d’une largeur impressionnante, avec une couverture de l’écran très homogène. Seul petit bémol : malgré les caractéristiques transonores de l’écran, on sent tout de même le masque fréquentiel créé par la surface de projection métallique.

La plate-forme supportant les sièges bouge de façon très fluide sur son axe vertical et les sièges peuvent s’incliner de plus ou moins 10°. Des diffuseurs de gouttelettes d’eau et d’odeurs, ainsi qu’un ventilateur, sont intégrés à la “casquette” de chaque siège. Tous ces éléments sont parfaitement calés à l’image et donnent l’impression très réaliste au spectateur de survoler de somptueux paysages, avec accélérations, chutes, …

Tout le spectacle, de l’entrée public à la projection du film, est piloté par le show control Medialon qui commande les mouvements de la plate-forme et des sièges, les vaporisations diverses, la lumière ainsi que les lecteurs de médias (son et vidéo). Le personnel d’exploitation, qui joue le rôle d’équipage de bord, peut s’adresser en direct au public pour les consignes de sécurité et lance manuellement les grandes étapes de l’attraction.

Yannis Marchet, responsable technique du parc du Futuroscope depuis vingt-deux ans, nous a fait découvrir tous les arcanes de cette attraction et a accepté de répondre à quelques questions.

Comment est né le projet ?

Yannis Marchet : Le projet est né suite à l’exposition de Shanghai de 2010, où nous recherchions des idées pour réhabiliter notre pavillon double projection Imax, Le Tapis magique qui existait depuis 1992.

Ce pavillon unique au monde, très spectaculaire (deux écrans de 600 m2 dans une même salle : un face aux spectateurs et l’autre sous les pieds en dessous d’un plancher de verre), souffrait d’un manque de renouvellement de films puisqu’il fallait une réalisation spécifique avec un budget démentiel pour permettre de créer un film, uniquement pour nous.

Après avoir visité les multiples pavillons de Shanghai, et nos connaissances d’attractions surprenantes dans le monde (États-unis et Canada), la direction nous a missionnés, mon collègue du service projet Jean-Pierre Joyaux et moi-même, pour plancher sur une attraction de type “soaring” (survol) à intégrer au Tapis magique.

Après plusieurs voyages en 2011 (Canada, Taïwan, États-Unis et Chine), nous avons pu établir quels étaient les différents systèmes techniques existants qui pouvaient coller le mieux au Futuroscope. Et début 2012, nous avons décidé de choisir le constructeur canadien Dynamic Attraction pour la mécanique de la plate-forme à basculement.

De 2012 à 2014, nous avons réalisé les études techniques et établi le cahier des charges techniques pour transformer Le Tapis magique, lancer les consultations des entreprises et les choisir.

Suite à cela, nous avons fermé définitivement Le Tapis magique le 30 novembre 2014 pour lancer les travaux de transformation.

Les travaux ont duré un an et demi (toute l’année 2015 et jusqu’à avril 2016). Le projet a donc mis cinq ans, entre l’idée de 2012 et l’ouverture au public à Noël 2016.

Comment s’est opéré le choix technique au niveau audio ? Y-avait-il des points bien spécifiques dans le CCTP qui ont guidé le choix vers Alcons Audio ?

Y. M. : Le CCTP stipulait aux entreprises de proposer un système permettant aux trois niveaux d’emplacement du public de percevoir le son de la même manière, quelle que soit la place choisie.

Au minimum, un son 5.1 était demandé mais l’idéal souhaité selon nos études était un son en 17.1.

Comme toujours la raison budgétaire, mais tout de même qualitative, s’est portée sur un système en 12.1.

 

 

Retrouvez l’intégralité de cet article dans l’AS N°215 disponible gratuitement au format PDF.