Aurillac, édition 69

De 32 (bis) à 69 sans détours. Une édition 69 pour : “Faire l’amour, pas la guerre !”. Dix-sept compagnies dans le In (pré) occupées par la question du corps chantant, dansant, malmené, travesti, costumé, … Bref, quelle place laissée au corps dans la création artistique… Le sujet, pas nouveau, n’est cependant jamais trop fouillé. On ne parlera pas du dispositif de sécurité, fignolé cette année pour détendre l’atmosphère et autoriser la fluidité dans l’espace public. On ne parlera pas non plus du bouquet composé par les compagnies dites “de passage”, faute de temps, pour étudier solidement le programme, et d’acuité pour opérer un choix sérieux et inspiré au milieu de la somme de propositions. On parlera barnum, barouf et montgolfière.

Les bons mots et les bonnes manières

Oh ! Secours - Photo © Daniel Aimé

Oh ! Secours – Photo © Daniel Aimé

La Rue, comme on l’appelle familièrement, les Arts de la rue, comme on les a institutionnalisés, tracent leur chemin en s’efforçant, bon gré mal gré, de ne rien perdre de leur superbe. Pas si simple dans un monde devenu peureux. Pour que cela se détende, “il faut trouver les bons mots et les bonnes manières”, intime Jean-Marie Songy. Quand on traverse le Cantal rude, sauvage, sublime… Salers, Puy Mary, … et que l’on atterrit à Aurillac, il est impossible de ne pas être saisi par la prouesse d’avoir réussi à faire prendre racine à cette aventure qu’est le Festival d’Aurillac dont la renommée et l’envergure internationale n’ont rien à envier aux festivals frères et amis ici et là. Éclat, Songy, Aurillac et son Parapluie, c’est quelque chose. Une référence. La référence. Bien enraciné dans ses terres volcaniques, le festival a vu, depuis sa création, éclore une pluie de talents et ne cesse de fleurir et d’abreuver son territoire de promesses. Cédric Ginouvès, directeur technique du Festival et du Parapluie, est permanent tout comme les huit autres personnes qui travaillent, chaque année, à la bonne mise en œuvre de l’affaire. Il résume : “En fin d’année, Jean-Marie commence à avoir une vision globale de l’axe pour arriver à une grille de programmation construite en janvier. Nous faisons les études techniques, repérages, études budgétaires jusqu’en mars, avril. À la mi-mai, la programmation officielle est dévoilée, nous entrons donc dans une phase de planification pure. Nous distinguons les compagnies de passage des compagnies invitées. Grossièrement, nous équipons techniquement une soixantaine de lieux pour les compagnies de passage. Équiper signifie ici, aménager des sites, apporter les fluides (eau, électricité), organiser le barriérage… Pour les compagnies invitées, nous adaptons les projets à l’espace”. La semaine qui précède le festival, le montage débute. Cette année, c’était lundi 14 août. La ville est transformée en une semaine en prenant soin, autant que possible, de ne pas nuire à la qualité de vie des riverains. Vingt-deux personnes de la cellule Éclat —comprenez agents mis à disposition par la Ville d’Aurillac— travaillent main dans la main avec les équipes du festival et s’affairent à fermer les rues, mettre en place le plan de circulation, aménager les sites… Soixante-huit régisseurs sont planifiés, par site pour les compagnies officielles, en équipes volantes pour les compagnies de passage. Voilà pour la face cachée de la fourmilière. Ce que l’on a vu, en revanche, au-delà du flot ininterrompu et des attroupements de badauds, c’est quelques unes des propositions orchestrées par des troupes bien ancrées (Teatro del Silencio, Compagnie Off), d’autres par des équipes plus jeunes (Cirque Inextremiste) et des performers annonçant des temps nouveaux (Ordinary Damaged Movements).

 

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