Panneaux vidéo à LEDs : L’obscurité de plein jour

Qu’on le veuille ou non, l’image fait partie intégrante de notre quotidien. La diffusion des contenus visuels a trouvé son axe de développement dans des installations de projections et dans la reproduction d’images géantes à partir de panneaux vidéo à LEDs, les premiers modèles étant plus particulièrement destinés aux médias et publicitaires. Au-delà de la pertinence dans l’usage de visuels au spectacle, nous vous esquissons les déterminants qui entrent en ligne de compte dans la vulgarisation des panneaux vidéo à LEDs dans les secteurs de la danse, du théâtre et de l’opéra.

Trompe la mort, musique Luca Francesconi, mise en scène Guy Cassiers, Opéra Bastille - Photo © E. Bauer - OnP

Trompe la mort, musique Luca Francesconi, mise en scène Guy Cassiers, Opéra Bastille – Photo © E. Bauer – OnP

Quand l’image fait son cinéma

Projections, murs d’images, hologrammes, difficile d’échapper à un phénomène pour le moins générationnel. Nos créatifs l’ont bien compris, l’image est présente partout, tout le temps. Intimiste, figurative, accaparante, abstraite, elle devient la norme. Vidéastes, metteurs en scène, scénographes, éclairagistes se sont emparés des outils de création. Les progrès technologiques sont indéniables avec des produits à la portée de tous. Vidéastes ou VJ, véritables précurseurs dans le domaine de la diffusion de contenu en temps réel, aiment à repousser les limites technologiques. Ils produisent de la matière abstraite psychédélique où musiques, visuels et public ne font plus qu’un.

Les techniques permettant de visualiser les contenus média sont d’origine très diverses avec, d’une part, les écrans distants que nous visualisons quotidiennement sous la forme la plus évidente (écrans de cinéma, téléviseurs et monitors, tablettes et autres smartphones) et les écrans dits en proximité rétinienne tels que les lunettes connectées ou de réalité virtuelle, les casques, sans oublier les futurs implants oculaires connectés en cours d’élaboration dans les bureaux d’études de nos GAFA. L’arrivée des écrans connectés individuels, portés en somme par chaque spectateur, risque de bousculer nos habitudes. Les visuels devront être gérés à la fois en salle et en scène, ouvrant ainsi le champ aux transpositions et au partage interactif dans le déroulement des actions de mise en scène.

La projection vidéo : historique

Elle est apparue dès 1939 avec la sortie à Zurich du premier prototype d’Eidophor monochrome mis au point par le Docteur Fritz Fischer et l’Institut fédéral de technologie de Suisse. Les versions couleurs NTSC qui découlèrent du prototype permettaient de projeter des images de plus de 18 m de base dans l’obscurité d’une salle et c’est bien là tout le problème. L’engin construit comme un char d’assaut ne pouvait être mis sous tension que plusieurs heures après son transport. S’en suivaient d’interminables séances de préchauffage et de réglage avant de pouvoir obtenir une image exploitable. À partir de 1983, le modèle GE Talaria light valve GE5055 8000 lm, dernier modèle d’une longue série, s’imposera longtemps comme le seul projecteur capable de délivrer, dans une ambiance de faible luminosité, des visuels d’une définition proche de ceux projetés en salles de cinéma.

Les visuels de plein jour

Au-delà des salles obscures, le marché florissant des visuels grands formats de plein jour explose. Nombreux sont les concurrents à s’être lancés à la poursuite de leurs homologues asiatiques, leaders mondiaux du marché. Les financements colossaux engagés en R&D sur ce type de produits s’expliquent par la croissance exponentielle de la demande en panneaux vidéo LEDs capables de diffuser des visuels visibles à des centaines de mètres en plein soleil. Produits en série, ces modèles ont pu donner naissance à différentes déclinaisons dont les produits dits indoor moins luminescents, plus contrastés, dotés d’une pixellisation affinée.

 

La suite de cet article dans le N°214 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro