Dans l’atelier de Laurent Langlois

Il est Bourguignon. Il a fait ses premiers pas aux Beaux-Arts de Dijon, au début des années 80’, au moment où les premiers ordinateurs Apple pointaient leur nez dans un paysage encore vierge à l’aube des bouleversements (renversements) technologiques que nous connaissons aujourd’hui. Sa matière, c’était la peinture sur chevalet, classique, académique. C’était aussi, en parallèle, la photographie. Son intuition, les marier l’une à l’autre, sur-imprimer les toiles peintes en les inondant de lumière. Une lumière produite par la projection. Son outil de départ, des carrousels de diapositives. C’est ainsi que Laurent Langlois, fondateur et directeur d’Artslide, s’est frayé un chemin singulier dans le domaine de la projection architecturale monumentale.

Beaux-Arts

La saline royale d'Arc-et-Senans, 2016 - Photo © Laurent Langlois

La saline royale d’Arc-et-Senans, 2016 – Photo © Laurent Langlois

Lorsque j’ai intégré les Beaux-Arts de Dijon, il y avait un des premiers ateliers audiovisuels utilisant des carrousels de diapositives, c’était également la sortie du premier ordinateur Apple…” Nous sommes en 1982. Les projections monumentales, la transfiguration des espaces existent grâce à la projection de diapositives. On a du mal à imaginer cela aujourd’hui. D’une somme d’expérimentations étudiantes mêlant peinture et photographie, Laurent Langlois tire un fil qui le conduira à affiner son savoir-faire dans le domaine des projections monumentales. Il est très attaché à ce terme (projections monumentales) qu’il substitue volontiers à celui de mapping 3D, selon lui anglicisme utilisé à tort et à travers pour désigner toute forme de projection y compris celles n’utilisant pas la 3D. Précis dans la pensée et dans le langage, il décrit avec minutie et ferveur ses expériences étudiantes. “J’ai développé un travail photographique en parallèle à la peinture. La base étant une toile peinte et j’utilisais des projecteurs à diapo dans des installations où l’écran devenait la toile peinte. La lumière entrait petit à petit, se mettait à bouger. Par exemple, dans une nature morte peinte de façon très traditionnelle, j’appliquais une série de photos dans le même cadrage et je projetais l’image à l’aide de fondus très lents afin qu’elle se superpose à la toile pour modifier la lumière à l’intérieur de la toile. C’était du bricolage, mais c’était passionnant.” Puis vint l’entrée dans la vie active via une entreprise audiovisuelle (Abax) où, grâce à l’émulation née du rassemblement de quelques étudiants des Beaux-Arts, se développent des projets autour de la photographie projetée à l’échelle monumentale. L’usage des diapositives, expérimenté à petite échelle, s’applique tout à coup à des mises en scène géantes dans l’espace urbain. En premier lieu, et depuis l’origine, les soirées de projection du (désormais célèbre) festival international de photojournalisme Visa pour l’image de Perpignan.

 

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