Glyptique scénographique

L’agence Hérault Arnod livre ici son troisième et dernier opus en bordure du Pré du Bel Ébat à Évreux. Bien que de taille intermédiaire, l’objet —à la signature parfaitement identifiable— présente des caractéristiques de conception déjà éprouvées dans des réalisations précédentes comme la Belle Électrique à Grenoble et le Métaphone à Oignies. Les aménagements n’en demeurent pas moins très ambitieux. L’agence de scénographie dUCKS scéno et le BET acoustique LASA ont dû faire preuve d’une grande faculté d’adaptation afin de faire tenir les équilibres.

Préambule

Vide sur la grande salle - Photo © Patrice Morel

Vide sur la grande salle – Photo © Patrice Morel

L’agence de scénographie dUCKS scéno a la singularité de transférer le retour d’expérience aux nouvelles réalisations. Pierre Jaubert de Beaujeu, scénographe de l’agence, rappelle à juste titre “l’antériorité assez singulière du projet lancé avant 2008. Les phases d’APS et d’APD furent entrecoupées de longues périodes d’incertitude impliquant de nombreuses ruptures dans la conduite des opérations. Des ponts et des truss de scène complétés par des grils filets avaient été préconisés initialement dans les deux salles. L’implantation du dispositif souple en grande salle dépassait les 100 m2 de surface utile. Les préconisations du constructeur imposaient un filet en deux parties reliées par une ligne de tendeurs supplémentaires reprise au niveau de la 1ère passerelle à la face. Ces dispositifs n’ont pu être actés, la 1ère passerelle est restée. Le projet entrait dans une phase assez chaotique. La MŒ souhaitait conserver un cadre de scène et y adjoindre quelques équipes motorisées”. Le cheminement explique en partie la rupture du coulissement au niveau du cadre de scène et la présence d’un lambrequin fixe en grande salle.

Il n’a pas été possible d’intervenir suffisamment tôt sur les phases de gros œuvre en cours d’achèvement. Les longues périodes de réflexion sur la destination finale du projet ont eu des conséquences irrémédiables sur les premiers niveaux de la construction avec, par exemple, la suppression du quai de déchargement et sa rampe d’accès associée. Par voie de conséquence, les dispositions ou aménagements préconisés en phase programmatique au Club ont échappés aux prescriptions. Citons encore la suppression du dispositif de recueil souple, des goulottes périmétriques, des caniveaux de passage de câbles (fosse, accès décor).

La logique de fonctionnement

Passerelle latérale de scène - Photo © Patrice Morel

Passerelle latérale de scène – Photo © Patrice Morel

Le deck s’étend du parvis Nord jusqu’à l’espace scénique extérieur. Les flux se répartissent depuis la voirie haute en direction des accès et circulations verticales présentent au niveau des différents pôles (studios, hall, Club, administration, …). La façade Est surplombe la cour de service extérieure située en zone inondable. Cet espace clôturé et sécurisé est relié à la voirie par une voix d’accès pompier réglementée par une borne d’appel. Aucun stationnement ne peut être toléré en présence du public. Un sas muni d’un digicode donne accès au monte-charge de 5 T qui distribue les deux zones de transit en élévation. Une potence télescopique de treuillage de secours est proposée entre la cour extérieure et la zone de transit de la grande salle. Les passerelles et le local de stockage qui leur sont associés au niveau R+3 ne sont pas desservis par le monte-charge.

Le principe acoustique d’ensemble

Genèse du projet

Le programme d’origine priorisait une exploitation simultanée des équipements. En conséquence, le BET structure a dû positionner les joints de désolidarisation le plus habilement possible. Les errements sur la destination finale ont imposé malgré tout la mise en place de doublages supplémentaires. Le défi technologique tenait dans la structure de la grande salle. La dalle primaire est suspendue à l’équilibre au-dessus du parvis Nord pour plus d’un tiers de sa surface. L’enveloppe et son soubassement exposé à l’air libre allaient à l’encontre des préconisations acoustiques. La technique la plus courante consiste généralement à augmenter la masse et à désolidariser les dalles par l’intermédiaire de ressorts anti-vibratiles. Ce principe, particulièrement efficace dans la plage de fréquence de 25 Hz à 63 Hz, allait à l’encontre du concept architectural qui, lui, tendait vers un allègement structurel. Un critère important puisqu’il permettait de garantir les équilibres et les charges d’exploitation de la grande salle. Le dispositif de désenfumage préconisé sous la forme d’un plenum de soufflage naturel a pris place en dessous de scène. Des trappes acoustiques régulent le flux entre les ouvertures extérieures pratiquées en soubassement et les exutoires en nez-de-scène. Les grilles fixes installées sous le porte-à-faux du nez-de-scène interdisent la mise en œuvre des renforts de graves à ces emplacements. Ces équipements devront soit être posés sur scène, soit être suspendus.

 

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