Formation professionnelle à l’Ircam : Max for Live, un couteau suisse sonore

Outre son rôle de pôle de recherche et de diffusion, l’Ircam joue un grand rôle de transmission des savoirs à travers son offre de formations professionnelles et supérieures. Le logiciel Max for Live fait l’objet d’une de ces formations professionnelles.

Ircam, maquette architecturale - Photo © Ircam

Ircam, maquette architecturale – Photo © Ircam

L’Ircam (Institut de recherche et coordination acoustique/musique) a vu le jour en 1977, juste à côté du Centre Pompidou, sous l’impulsion du compositeur Pierre Boulez. C’est aujourd’hui l’un des plus grands centres de recherche publique au monde se consacrant à la création musicale et à la recherche scientifique. Le bâtiment est en deux parties : l’une visible, l’autre enfouie. La partie enfouie, qui est le bâtiment primitif, ainsi que la tour, sont l’œuvre de Renzo Piano, alors que la réhabilitation des Bains-douches et de l’école Jules Ferry en surface a été menée par David et Patrick Rubin. La salle de concert à acoustique modulable, appelée Espro (Espace de projection), est malheureusement actuellement fermée pour travaux. Ce lieu est unique en France, d’une part pour ses capacités à varier l’acoustique par des panneaux pivotants tapissant les murs, mais aussi pour son incroyable équipement électroacoustique : presque 400 enceintes Amadeus PMX5 ceinturent la salle permettant une diffusion WFS parfaite, et soixante-dix enceintes du même type sont accrochées en coupole et permettent quant à elles une diffusion ambisonique.

Des formations courtes

Longtemps taxé de lieu élitiste et fermé, l’Ircam est désormais ouvert au public : programmation de concerts, festivals et expositions. L’ouverture passe aussi par une importante offre de formations professionnelles concernant en particulier l’utilisation des logiciels développés en interne.

Nous avons rencontré Cyrielle Fiolet qui nous a éclairé sur le fonctionnement de la formation professionnelle à l’Ircam.

Quel est votre rôle à l’Ircam ?

Cyrielle Fiolet : Je suis chargée d’études et de réalisations culturelles au sein du département pédagogie et action culturelle. Mes missions sont centrées sur la formation universitaire et professionnelle, sur laquelle je travaille en collaboration avec ma collègue Murielle Ducas. Je m’occupe en particulier de la gestion et de l’accueil des stagiaires.

Quelle est l’offre de formation professionnelle à l’Ircam ?

C. F. : L’Ircam organise des formations de deux à six jours permettant aux participants de se former (de l’initiation au perfectionnement) sur les logiciels de création musicale développés au sein de l’Institut. Les thématiques abordées sont : l’interaction temps réel (Max, Antescofo, Max for Live, Jitter, Spat), le traitement du son (AudioSculpt, Modalys), la composition musicale assistée par ordinateur (OpenMusic) et des sujets transversaux comme le design sonore, la captation du geste ou l’intégration de l’électronique dans une pédagogique musicale.

Cette année, nous avons mis en place les certifications Max niveau 1 et niveau 2 qui ont pour but d’évaluer le niveau des stagiaires sur Max en testant leur capacité à concevoir, implémenter et utiliser des applications créées avec le logiciel. La certification Max niveau 1 est inscrite à l’inventaire de la Commission nationale de la Certification professionnelle et nous espérons pouvoir inscrire la certification Max niveau 2 dans les prochains mois.

Quelles sont les possibilités de financement ?

C. F. : Selon leur statut (salariés, demandeurs d’emploi, intermittents du spectacle, …), les stagiaires peuvent bénéficier de financements au titre de la formation professionnelle continue. Nous les accompagnons dans leurs démarches.

À quel public s’adressent-elles et combien y a-t-il de stagiaires par formation ?

C. F. : Notre public est varié : compositeurs, musiciens, designers sonores, techniciens et ingénieurs du son, professionnels du spectacle vivant, enseignants, … Nous accueillons au maximum onze personnes par formation.

D’où viennent les formateurs ? Sont-ils des développeurs ou des utilisateurs experts ?

C. F. : Les formations sont majoritairement dispensées par les RIMce (réalisateurs en informatique musicale chargée de l’enseignement) du département pédagogie et action culturelle de l’Ircam. Ces pédagogues sont spécialisés dans l’enseignement de logiciels de création musicale.

Nous faisons également appel à nos équipes de recherche (sur des thématiques comme le design sonore et la spatialisation, par exemple) ou des experts travaillant régulièrement avec l’Ircam sur des productions.

Ponctuellement, des instrumentistes ou compositeurs interviennent également.

 

 

Retrouvez l’intégralité de cet article dans l’AS N°213 disponible gratuitement au format PDF.