Daniel Knipper, l’enchanteur

Il est scénographe et concepteur lumière. Il est de ceux, qui, tel un peintre, métamorphose espaces et édifices pour ouvrir un regard nouveau sur le monde. Il a choisi la lumière et sa noblesse d’expression non pas contre, mais en complément du développement du mapping. Il parle de lumière en invoquant les ombres. Il a été élève et disciple d’Henri Alekan. Il est un maestro dans le domaine des projections monumentales. Nous l’avons découvert à Lyon, lors de la Fête des Lumières, où il avait réveillé la colline de Fourvière avec Et si ? (2012), transfiguré la place des Célestins avec Fantaisies chromatiques (2014), honoré humblement la mémoire des disparus lors des attentats de novembre avec Regards (2015). Rencontre avec Daniel Knipper, l’enchanteur.

Et si ?, Festival des Lumières, Lyon 2012

Et si ?, Festival des Lumières, Lyon 2012

Dans les pas d’Henri Alekan

Daniel Knipper, cinquante-huit ans, une bonne partie de sa vie passée à fouiller et à tester les intensités et les directions possibles, grâce à la lumière, pour ré-enchanter le monde et offrir aux humains un regard nouveau sur les lieux et les espaces. “Je viens de Strasbourg. J’ai commencé dans le métier en voulant entrer au TNS et l’essai ne s’est pas transformé. Je suis devenu machiniste. J’en ai profité pour me glisser dans les cours du TNS où des gens comme Henri Alekan m’ont ouvert les yeux.” Éveil artistique du regard et ouverture sur le monde, bien plus que de simples cours techniques, Daniel Knipper défend une formation du regard. Son site Internet abonde de citations littéraires et philosophiques à propos de l’espace et de sa perception. Formé au théâtre dans le giron de Jeunesse et Sports en intégrant les fameux stages d’art dramatique, ne sachant trop vers quoi s’orienter après sa sortie du service militaire. Et le berceau était particulièrement inspiré. À Strasbourg (Colmar et Mulhouse), le Centre dramatique de l’Est, dirigé par André Clavé, a été le premier établissement de la décentralisation dramatique d’après-guerre puis le premier Centre dramatique à disposer d’un lieu propre avant de se muer en TNS, seul Théâtre national et École nationale de formation professionnelle en région. Digression d’importance pour dessiner les portraits les plus justes de personnalités, tout comme Laurent Fachard (AS 212), nourris à l’esprit du théâtre d’après-guerre. En 1983, quand Daniel Knipper effectue ce stage, il touche à tout dans le domaine théâtral. La région est active sur le plan artistique et culturel, elle vit au rythme d’événements tel le Festival Musica. “J’ai tout testé, tout. Le son, la lumière, le jeu, la construction, … J’ai expérimenté dans le domaine du théâtre avant de me concentrer sur la scénographie et la lumière.”

 

La suite de cet article dans le N°213 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro