Quel potentiel scénotechnique ?

Ce titre évocateur aux vertus positives reflète l’état d’esprit d’une équipe au diapason des nouvelles technologies. Sous la houlette d’un service de direction technique très au fait des disponibilités constructives existantes, cette rencontre fut l’occasion d’échanges passionnants avec des agents territoriaux au courant du devenir de leur outil de travail. Une visite qui rebat les cartes et gomme sans conteste un certain nombre de préjugés.

Sur le chemin de la modernité

Cadre de scène - Photo © Patrice Morel

Cadre de scène – Photo © Patrice Morel

Cette mécanique d’époque n’a eu de cesse d’être confortée. Les images d’archives dévoilent un cintre historique bordé de larges services supplantant une aire de jeux aux dimensions modestes. Dans le prolongement, la fosse d’orchestre d’à peine 40 m2 repousse les percussions, les contrebasses et les marimbas jusque dans les loges d’avant-scène. Cette disposition porte la capacité à quarante-cinq musiciens. Le plateau, doté d’une pente à 4 %, recouvre les trois niveaux de dessous qui ont été conservés dans leur configuration d’origine. Le plancher de scène, en partie détrapable, se présente sous la forme de trappes amovibles en sapin de 1 m x 1,05 m et d’une épaisseur de 45 mm. Ces sous-ensembles se glissent entre les costières distantes de 0,95 cm.

L’aire de jeux de 10,54 m x 10,91 m de profondeur est animée par de larges coulisses. Côté jardin, la continuité est interrompue par les piliers de structures supportant les retombées de la charpente. Doté de triples costières, le 1er dessous, qui est assez court, ne s’oppose pas à l’usage de tampons.

Les derniers travaux d’ampleur

Parmi les contraintes constitutives d’époque, on pouvait citer les différentes intrusions dans l’orthogonalité de la cage de scène. La charpente impliquait des ruptures importantes dans la continuité. En 2005, l’ossature en partie haute comprenant les cintres fut entièrement déposée au profit d’une nouvelle charpente métallique. L’objectif visé consistait à mettre en conformité les installations du gril et de permettre aux agents et aux artistes de travailler en toute sécurité. La structure en tabouret du nouveau gril est venue s’intercaler à une distance de 30 mm à 50 mm de l’ossature existante. L’ensemble se compose d’un gril de charge, d’un gril de marche, de deux nouveaux services de passerelles. Ces dernières, de largeur plus réduite, ont permis l’allongement des porteuses à 14,50 m.

Passerelle de commande - Photo © Patrice Morel

Passerelle de commande – Photo © Patrice Morel

Les descentes de charge du gril se reportent sur les piliers des montants extérieurs par l’intermédiaire des piètements du système de charpente. La dernière réhabilitation n’a pas permis de rétablir la continuité au niveau des cheminées de contrepoids. Elles sont entrecoupées par des piliers porteurs. Des petits groupes d’équipes motorisées ont remplacé les ponts de singe présents à ces emplacements. Le pont lumière et les draperies qui leur étaient associées ont laissés place à une poutre treillis motorisée à vitesse fixe. Cet élément mobile, d’une charge admissible de 800 daN, est complété par un faux cadre maintenu par ses fils de registre. Le mur du cadre étant débarrassé, l’éloignement de la 1ère équipe lumière n’excède pas les 85 cm (45 cm sans le rideau rouge). Viennent à suivre, trente-huit équipes manuelles équilibrées entrecoupées par des équipes motorisées. L’ensemble du dispositif est réparti sur cinq plans.

La continuité du gril de charge est interrompue du fait de la retombée de toiture. La rupture laisse place, après le 3e plan, à un gril unique. Le caillebotis reprend le poulillage. À suivre, le 5e plan, situé au niveau des rampants, s’intercale sous le pan de toiture. Le gril subit alors un décrochement de 1,59 m. La configuration au niveau du pied-droit de charpente impose le renvoi du tirage à l’extérieur de la cage de scène. La cheminée de contrepoids a dû être reportée dans le magasin à décor. L’échelle à crinoline, qui fut longtemps le seul moyen d’accès au gril, ne permettait pas son approvisionnement dans de bonnes conditions. L’aire de service aménagée au milieu de la zone de marche pallie cette difficulté.

L’appareillage des ponctuels est réalisé à l’aide de griffes fixées sur des poutres métalliques placées perpendiculairement aux travées. Ces axes sont ensuite fixés au-dessus des chemins de moufles à l’aide de crapauds.

La zone de marche comporte une porte d’issue de secours réglementaire aménagée dans le mur du cadre au niveau des héberges. Ce passage coupe-feu donne accès à un vaste grenier situé au-dessus de la coupole de salle. Il rassemble le gril du proscenium, le désenfumage et le treuil du lustre. À suivre, un escalier encloisonné côté cour conduit aux promenoirs publics et à la régie commune en 2e galerie.

Les positions d’éclairage en salle sont assez contraintes. Elles se situent en 2e et 3e galeries au niveau des balcons, devant la régie en 2e galerie et au niveau des loges du cadre. Les porteuses du proscenium peuvent être installées à la demande. Au nombre de deux, ces éléments réalisés en trois parties sécables réparties sur quatre fils d’équipe étaient destinés aux variétés. Les grandes productions lyriques exploitent aussi cette disponibilité.

 

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