Le Grand-Théâtre Opéra de Tours

Façade principale du Grand-Théâtre - Photo © Patrice Morel

Façade principale du Grand-Théâtre – Photo © Patrice Morel

L’édifice surprend par sa monumentalité et son implantation difficile et particulière. Niché, il étonne le promeneur et interpelle tant l’architecte que l’historien. Il est le fruit d’un ensemble de séquences qui se sont succédées depuis la seconde moitié du XIXe siècle, à travers les projets, les péripéties et les déboires d’un bâtiment qui est né de ses cendres, mis en chantier à la fin du Second Empire et achevé en 1872. La dernière campagne de rénovation, conduite entre 2006 et 2008, fut consacrée à la partie haute de la cage de scène. Cependant, elle cristallise l’impérieuse nécessité d’une intervention plus large, afin de répondre aux souhaits et volontés d’une activité artistique de haut niveau.

La première époque

La première salle de spectacle de Tours fut ouverte le 7 décembre 1796. L’emplacement est identique à celui de l’actuel théâtre : celui de l’ancienne église du Couvent des Cordeliers, vendue comme bien national en 1791 et transformée en théâtre par son propriétaire M. Boucheron. La salle était louée à des troupes de passage, pendant les foires de mai et août pour l’opéra et l’opéra-comique ainsi que d’octobre à Pâques pour les comédies, les drames et les vaudevilles. Ce premier théâtre offrait une capacité d’environ 800 places mais répondait mal aux exigences d’une salle de spectacle du fait de la forme allongée de l’ancienne église et d’une apparence intérieure et extérieure peu heureuse.

La deuxième période

Vue du balcon - Photo © Patrice Morel

Vue du balcon – Photo © Patrice Morel

Dès 1825, le Conseil municipal envisage la construction d’un nouveau théâtre pour deux raisons : l’incommodité de la salle et les exigences financières du propriétaire, (sources de protestations des directeurs de troupes) et un concours organisé pour la construction de théâtres en France. Pendant quatre décennies, les édiles tourangeaux s’agitent autour de cette question théâtrale. En 1827 est lancé un concours avec trois projets pour une salle au coin de la rue des Vicaires et de la rue Royale (angle sud-est de la rue des Minimes et de la rue Nationale). Le 10 janvier 1828, les trois projets sont rejetés en raison de leur coût. En 1837, Boucheron effectue une restauration partielle et, en 1860, il sollicite une aide (refusée par le Conseil) pour une restauration complète. Dès 1861, après la polémique déclenchée par l’éventuelle implantation sur le terrain Meffre (actuel Hôtel de Ville), à côté du Palais de Justice et de la Prison, c’est au tour de François Mariau, architecte tourangeau, de dresser les plans d’une nouvelle salle. Coupes sombres dans les emprunts financiers et abandon, de même pour le suivant, en 1864, place du Chardonnet.

La troisième étape

L’éclaircie s’annonce le 26 novembre 1867 avec le rachat par le Conseil de la salle et du terrain. Décision de démolition et reconstruction d’un nouveau théâtre “municipal”, confiée à Léon Rohard, jeune architecte angevin. La première pierre est posée le 4 janvier 1869 mais les travaux, interrompus par la guerre de 1870, reprennent en mai 1871 et s’achèvent en juillet 1872, pour une inauguration le 8 août 1872 d’une salle de 1 200 places. Onze ans plus tard, le 15 août 1883, à quatre heures du matin, un incendie détruit complètement l’édifice à l’exception des quatre murs et de la façade qui ont résisté au brasier.

 

La suite de cet article dans le N°211 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro