Quelques p’Arts – Le territoire entre en scène

Depuis Boulieu-lès-Annonay, entre Ardèche, Loire et Drôme, Quelques p’Arts initie la création et la diffusion de propositions artistiques transversales. Investissant quartiers, places publiques et même des exploitations agricoles pour l’organisation d’événements culturels, le CNAR (Centre national des arts de la rue) considère la diversité de son territoire comme un espace scénique.

Vue extérieure des locaux de Quelques p'Arts - Photo © Quelques p'Arts

Vue extérieure des locaux de Quelques p’Arts – Photo © Quelques p’Arts

Vue de la salle de répétition du premier étage - Photo © François Delotte

Vue de la salle de répétition du premier étage – Photo © François Delotte

Une ancienne usine de tissage discrètement blottie au creux d’un vallon verdoyant. Un petit panneau indique timidement que le bâtiment héberge les locaux de Quelques p’Arts. Pour cause, le Centre national des arts de la rue ardéchois refuse catégoriquement de se présenter ou de se réduire à un “lieu” dédié au spectacle vivant. “Notre plateau, c’est le territoire”, résume Palmira Picòn, directrice artistique du projet. Installé depuis 2006 à Boulieu-lès-Annonay (situé, comme son nom l’indique, près de la ville d’Annonay) Quelques p’Arts a réussi le pari de rayonner sur le nord de l’Ardèche, l’ouest de la Drôme et le sud du département de la Loire. Salles de spectacle, théâtres de verdure, rues et places des villes et villages, cours d’écoles ou même exploitations agricoles, autant de lieux qui peuvent être les “théâtres” des activités de Quelques p’Arts. “En 2015, nous avons mené 219 actions. Parmi elles, on compte 160 représentations mais aussi des ateliers, rencontres et résidences”, détaille Céline Vialette, chargée de médiation. La spécificité du projet est qu’il ne se pose pas en prescripteur culturel. Quelques p’Arts essaye au maximum de faire avec les publics et les habitants en allant à leur rencontre. “Il s’agit de considérer la personne comme un être de culture qui évolue dans un environnement social quotidien, d’habitat et de paysage. Nous concevons cet ensemble comme un écosystème”, défend Palmira Picòn. L’approche de Quelques p’Arts est donc transversale et inclusive. “Nous essayons d’aborder un maximum de domaines qui font partie des pratiques culturelles des gens. Par exemple, dans les quartiers politiques de la Ville, le graff et le hip-hop. Mais pas seulement. Nous tentons de valoriser les personnes au travers de ce qu’elles apprécient. Mais aussi de leur faire découvrir d’autres choses via la culture”, indique Palmira Picòn. “Aujourd’hui, ce n’est pas un hasard si on fait appel aux arts de la rue comme support privilégié, car ils sont marqués par une grande interdisciplinarité. Ils permettent de fédérer différents éléments et de stimuler une sorte de vivre ensemble”, poursuit la directrice.

 

La suite de cet article dans le N°209 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro