À la recherche de l’étonnement – Nouvelle infrastructure pour une compagnie de théâtre à Malines

Ha ! ha ! ha ! … Sur la Lune ! Vous ne doutez de rien, vous ! Sur la Lune ! Alors que vous êtes déjà si souvent dans la Lune ! … Ha ! ha ! ha !”, s’écrie le capitaine Haddock riant à chaudes larmes en apprenant que le professeur Tournesol veut aller sur la lune !

Aujourd’hui, j’ai un même objectif, mais la Lune est proche, elle brille en plein centre de Malines (Mechelen). C’est un théâtre pour les jeunes, qui porte le nom de “beeldsmederij De Maan”, ou “La Lune, fonderie d’images”. Le théâtre a ouvert ses portes l’année dernière.

Il m’était conté…

De Maan la nuit - Photo © Filip Dujardin

De Maan la nuit – Photo © Filip Dujardin

Les habitants lunaires ont des ancêtres ! C’est dans les années 30’-40’ que Jozef Contryn rencontre le monde littéraire belge d’avant-garde avec, entre autres, Michel de Ghelderode, qui écrivait dans La Halte catholique (1922) : “Enfant, je vis dans cette cave de banlieue de sombres drames et d’étonnantes farces ! Les drames étaient cocasses et les farces nous glaçaient. Entre les gosses du jeudi, avec les yeux agrandis, je dévorais l’évolution magique des poupées dans le carré lumineux de la scène. Ce carré semblait une fenêtre ouverte sur la vie ; tout ce qui s’y accomplissait m’étonnait. Et depuis, rien n’a cessé de m’étonner ; depuis, les hommes me sont apparus comme des lots de poupées, de farces ou de drames aussi, offrant l’éternité de leurs gestes et l’immuabilité imbécile de leurs faces taillées au même modèle”.

Voilà comment Jozef Contryn s’éprend de cet univers qui l’incite à des réflexions. Il s’intéresse au livre d’Edward Gordon Craig, L’acteur et la sur-marionnette. Craig considère que les marionnettes peuvent intervenir là où un acteur échoue, il en parle comme des “hommes sans égoïsme”.

En 1941, Jozef Contryn se lance dans l’aventure et fonde le théâtre des marionnettes “Spelleke van Uilenspiegel”, dans lequel beaucoup d’artistes connus participent. La réussite ne se fait pas attendre. Afin d’atteindre un plus grand public, il décide de transformer sa compagnie en troupe itinérante, avec un nouveau nom, “Hopla”, qui devient une entreprise familiale où tout le monde participe à la fabrication des poupées à la main et à la création de la production.

Espace de travail et d’exposition - Photo © Filip Dujardin

Espace de travail et d’exposition – Photo © Filip Dujardin

Secondé par son fils Louis, il fonde une école pour marionnettes. Mais tout cela exige de l’espace. La Ville de Malines leur propose de rénover un ensemble classé, formé d’une chapelle et d’une maison de bienfaisance, datant du XIIIe siècle. En 1975, Hopla et l’école s’ouvrent officiellement.

En 1995, Louis Contryn transmet la direction à Willem Verheyden, qui rebaptise “Hopla” en “Figurentheater De Maan”. Verheyden met l’accent sur l’importance du manipulateur et, en même temps, propose un autre regard vers l’objet, comme la lune éclaire la terre chaque nuit d’une manière différente.

La troisième génération de Contryn, avec Paul, fait partie de l’équipe comme acteur et scénographe.

 

 

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