Benoît Israël : Une trajectoire linéaire

The Men purpose but God dipose !

Citation tamoule

WP_20160526_007Voyages, voyages…

Après le Bac technique, Benoît Israël part pour un long voyage, à la recherche d’expériences et d’un apprentissage de la vie. Pendant cinq ans, il sillonna, de 1969 à 1974, l’Orient et l’Extrême Orient.

Benoît Israël : “Cela m’a enrichi énormément car j’ai pu rencontrer et voir vivre des gens d’une manière différente de la nôtre. Cela m’a appris qu’en France nous sommes très gâtés par rapport à d’autres pays comme ceux en Asie.”

Eclalux, entreprise familiale

Le père de Benoît Israël, Léon Israël a créé Eclalux en 1973. Avant cela, il avait travaillé chez Cremer en tant que responsable export (fabricant de matériel lumière de l’époque) et ceci pendant douze ans. Congédié en 1972, monsieur Léon Israël a donc crée Eclalux à l’âge de soixante ans dans son appartement. C’était étrange car à l’époque il était très facile d’avoir une pré-retraite et ensuite sa retraite complète à soixante-cinq ans.

Benoît Israël : “À mon retour de ce long voyage initiatique, je l’ai rejoint un an après la fondation de la société et nous avons encore travaillé six mois dans son appartement jusqu’à ce qu’on ait notre premier local !

Eclalux, un parcours historique de distributeur

Entrée des bâtiments Eclalux - Photo © Eclalux

Entrée des bâtiments Eclalux – Photo © Eclalux

Et depuis 1974 jusqu’à aujourd’hui, Benoît Israël a participé à l’évolution de la société Eclalux. À l’origine, la société débuta comme distributeur de Strand Lighting (qui s’appelait à l’époque Rank Films Equipment) pour les produits QuartzColor Ianiro, spécifiques pour la télévision et le cinéma. Pour le spectacle, le distributeur de la marque Strand Lighting était Clemençon scénique.

Deux sociétés (Eclalux et LTM) se disputaient la commercialisation du marché du cinéma et LTM (société française qui fabriquait les projecteurs HMI) avait une réactivité pour sortir de nouveaux prototypes en HMI.

Benoît Israël : “J’ai compris rapidement qu’avec QuartzColor Ianiro il n’était pas possible de concurrencer LTM. Donc, Eclalux s’est orientée vers la mise en place de l’éclairage dans les studios de télévision. Ce fut une époque économique magnifique car il y avait de très gros marchés d’équipement de studios de télévision.

C’était les années du démarrage de la couleur (1974-1975) avec un besoin plus important en lumière par rapport au noir et blanc. Ensuite, l’arrivée de la télévision privée avec la naissance de Canal + dans les années 1982-1983. Il y a eu énormément de studios de télévision à créer : Canal +, la 5 de Berlusconi et Hersant, la 6, Arte, les chaînes locales, … Ce fut l’âge d’or jusqu’aux années 90’.”

L’explosion des chaînes sous Mitterrand

D’abord, Canal + était implanté à la tour Olivier de Serres. Ils ont ensuite déménagé en 1991 au quai André Citroën où de très nombreux et importants plateaux se sont construits. Ensuite, il y a eu la 5 au boulevard Pereire, M6 à Neuilly, Arte à Strasbourg, la 5e, la 7, … Enfin, TF1 a déménagé à Boulogne-Billancourt et Eclalux a continué essentiellement d’équiper cet énorme nouveau marché des studios de télévision. Les marques représentées étaient toujours QuartzColor Ianiro pour les projecteurs, la suspension et l’accrochage avec la société allemande RDS et Strand Lighting pour les gradateurs et pupitres pour la télévision.

Benoît Israël : “Arri lighting est arrivé plus tard chez Eclalux car Strand Lighting a eu des problèmes (Rank, qui en était le propriétaire, a vendu toute son activité industrielle pour se recentrer sur les jeux). Il a vendu en 1995 toute sa partie industrielle à un groupe qui n’était intéressé que par des plus-values pour réaliser un bénéfice immédiat. En 1997, nous sommes devenus distributeur Arri lighting et nous avons continué à équiper les plateaux de télévision. Avec Arri lighting, nous sommes revenus dans le métier du cinéma. Et les principaux loueurs ont commencé à s’équiper en matériel d’éclairage Arri d’une manière importante : Transpalux, Lumex, RVZ, TSF, … Aujourd’hui, Arri grâce à Eclalux est devenu le fournisseur principal chez les loueurs d’éclairage cinéma.

Eclalux et le spectacle

Entrée des bâtiments Eclalux - Photo © Eclalux

Entrée des bâtiments Eclalux – Photo © Eclalux

En 1998, Eclalux a pris la distribution de ETC à la suite de ETTC société gérée par Monsieur Bernard Boucher qui avait été le premier distributeur de ETC en France, et ceci pendant deux ans. Avant cela, Bernard Boucher avait été directeur général Strand Lighting France et avait créé un nouveau réseau de distributeurs dont Eclalux faisait partie depuis 1990. À la fermeture de Strand Lighting France en 1995, la distribution a été reprise par Panadiffusion.

Eclalux travailla avec des grands loueurs de matériel lumière pour les spectacles et shows. Comme JLT Services qui était un prestataire très positionné dans le domaine de la mode et avait besoin de beaucoup de matériel non focalisé (comme l’était ETC à l’origine) car il y avait beaucoup à l’époque de lighting designers venant des États-Unis. Ensuite, JLT Services a été repris par le groupe Novelty et Eclalux a continué à a le fournir. Jusqu’au jour où ETC a décidé d’acquérir une société allemande, Transtechnik, qui elle-même avait acquis auparavant Avab (célèbre et historique société suédoise). En France, existait Avab Transtechnik France qui était partie prenante dans Transtechnik (historique). La société française, au nom des bons services précédents, garda pendant deux ans Eclalux en tant que distributeur ETC pour l’Île-de-France.

En 2007, ETC a décidé de redonner l’ensemble de la distribution sur tout le territoire français à Avab Transtechnik France.

Benoît Israël : “Après quoi, nous avons pris la distribution de Robert Juliat pour l’Ile de France et la Normandie. Et au fil du temps notre collaboration s’agrandit. Mais la nouvelle direction opta vers une nouvelle orientation de la distribution. Donc nous avons décidé, d’un commun accord avec Robert Juliat, d’arrêter notre distribution en fin 2014.

Nous nous sommes reconcentrés dans le domaine historique qui était le nôtre : la télévision et le cinéma et en prospectant le domaine de la muséographie. Nous étions toujours distributeurs Arri Lighting. Nous sommes aussi distributeur Dedolight, ADB pour gradateurs et pupitres, High End pour les pupitres spectacle et les projecteurs asservis à LED. Pour les studios et les prestataires, nous avons aussi Swisson pour les DMX et splitters, Manfrotto pour les pieds et accessoires. Nous vendons également de la lampe.”

L’évolution de votre métier ces dernières années ?

Benoît Israël : “L’évolution des sociétés travaillant dans nos métiers a vécu de grandes modifications, qu’elles soient axées sur l’évolution des métiers ou sur l’économie. Il est évident que nous allons vers des réductions de budget au niveau du nouveau redécoupage régional. Quant à l’État, il se désolidarise progressivement, au profit des régions et des grandes métropole, de tout ce qui est spectacle institutionnel. Les années Jack Lang, c’est terminé.

Il faudrait se poser la question pourquoi les fournisseurs de matériel d’éclairage sont prêts à vendre le matériel d’éclairage avec moins de 10 % de marge dans le domaine du spectacle vivant. Aujourd’hui en France, il y a trop de produits distribués pour la capacité d’investissement ou plus tôt pour la volonté d’investissement.

Un nouveau très grand problème est apparu ces dernières années : par le regroupement d’entreprises de prestations lesquelles sont devenues très importantes et n’achètent plus à travers la distribution classique, mais font le forcing pour acheter directement aux fabricants.”

Et l’évolution de la qualité des techniciens et des lighting designers ?

Benoît Israël : “Il y a des lighting designers qui travaillent énormément et d’autres qui sont très qualifiés mais qui ont du mal à se faire un nom. Pour les techniciens, ils ont maintenant une qualité d’ensemble excellente.

Quelle est l’évolution pour Eclalux dans les années à venir ?

Benoît Israël : “Il est évident que plus les grandes sociétés de prestations vont devenir importantes et plus la distribution sera difficile. Donc il restera effectivement les lieux qui recherchent un fournisseur qui peut leur assurer une écoute, des conseils professionnels et un suivi en service après-vente, comme les studios de télévisions, les sociétés de location, les théâtres … Mais les prestataires essentiels vont échapper complètement à la distribution classique.”

En 2016, Eclalux est composé de onze personnes en CDI :

– Trois techniciens pour assurer les contrats d’entretien et la maintenance des produits distribués ;

– Trois commerciaux pour assurer la vente en France et dans les pays d’Afrique francophone ;

– Une assistante commerciale ;

– Un responsable de la gestion des commandes fournisseurs et des stocks ;

– Deux personnes à la gestion financière et comptabilité ;

– Un magasinier.