Où en sont les SMACs ?

Voilà maintenant quelques années que nous parcourons la France à l’affût des constructions en tout genre (réhabilitations, nouveaux équipements, …) dans le domaine des musiques actuelles. À la suite des Maisons de la Culture et dans leur sillon, les SMACs ont fleuri sur l’ensemble du territoire avec des contours particuliers et des projets artistiques composites. Si les lieux ne cessent de se multiplier, les labels, eux, restent centrés sur des cahiers de missions et de charges regroupant les questions de diffusion, d’accompagnement, de formation. Les pieds dans la boue, la tête dans les étoiles… De manière générale, force est de constater que les projets les mieux construits et les plus solides émanent du terrain et se conjuguent à une volonté politique. Les hommes et les murs sont les conditions sine qua non de la réussite et du développement. Comment se portent les SMACs aujourd’hui ? Quelles perspectives d’avenir ? Autant de questions que nous avons souhaité poser à André Cayot, conseiller pour les musiques actuelles au ministère de la Culture et de la Communication.

Le Paloma à Nîmes : vue extérieure du bâtiment - Photo © Patrice Morel

Le Paloma à Nîmes : vue extérieure du bâtiment – Photo © Patrice Morel

De la vague des réhabilitations des salles emblématiques aux racines historiques jusqu’aux nouvelles constructions telles que La Carène, La Cartonnerie, le Paloma, … Quelle est votre expertise sur ces salles aujourd’hui ? Sont-elles à la hauteur de vos ambitions ?

André Cayot : Oui, nous avons un réseau formidable. Tout cela est très nuancé. Prenons ces trois exemples que vous venez de citer. Pour La Carène, je vais être assez bref car nous n’avons jamais eu de demande de la collectivité brestoise pour faire labelliser ce lieu. La Carène, c’est une aberration, n’entre pas dans le champ des SMACs. Il n’y a pas eu de volonté réelle de la collectivité territoriale. C’est un lieu de diffusion, mais, comme il est en dehors de la zone, je n’ai pas beaucoup de regard sur cet équipement. Je ne sais pas s’il remplirait le cahier des charges d’une SMAC sur le plan de l’accompagnement par exemple. Ils avaient recruté Philippe Bacchetta qui est parti maintenant. Ce qu’il faut préciser, c’est qu’une SMAC ce n’est pas seulement des moyen investis, c’est aussi un ensemble de missions très défini. Concernant La Cartonnerie, c’est un très beau projet que nous avons suivi de A à Z. C’est un lieu important qui remplit toutes les missions d’une SMAC : deux salles de diffusion, des studios de répétition optimisés, un accompagnement, un ancrage dans la scène locale. On voit émerger ici ou là un soutien aux artistes électro, que ce soit The Shoes ou d’autres. La Cartonnerie a en plus cette particularité d’être appuyée sur un Centre national de création musicale nommé Césaré qui est à cinquante mètres. C’est très intéressant car le directeur de Césaré est également quelqu’un qui fait bouger les lignes en mêlant la musique contemporaine électroacoustique savante à la musique électro plus populaire. Et le troisième lieu, le Paloma, s’est construit avec son directeur Fred Jumel. Il venait de La Vapeur à Dijon et est allé chercher Christian Bordarier chez Wagram pour travailler à l’accompagnement des artistes. Là encore, c’est un lieu qui remplit l’ensemble des missions. Du côté de l’architecture, c’est l’agence King Kong, comme pour le Stéréolux, qui a dessiné le lieu et il est sublime. Le Paloma a une grande capacité et la seule crainte des acteurs locaux est la proximité de Montpellier avec des enjeux, pour les producteurs, de remplissage dans la région.

Comment évolue la labellisation ?

Le Stereolux à Nantes : vue du parterre et du balcon - Photo © Patrice Morel

Le Stereolux à Nantes : vue du parterre et du balcon – Photo © Patrice Morel

Nous travaillons actuellement sur la circulaire labels et réseaux du 31 août 2010. Nous sommes concernés par quatre labels : les Centres nationaux de création musicale, les Orchestres, les Opéras et les SMACs. Il y en a trois dans le champ classique et un sur le versant des musiques populaires. Le label SMAC a la particularité d’être adossé au texte de SOLIMA, un schéma d’orientation et de développement des lieux de musiques actuelles afin de veiller à l’harmonisation des propositions sur l’ensemble des territoires. Le cœur des SMACs est le projet artistique et culturel qui, parce qu’il est sur un territoire déterminé dirigé par une personnalité singulière, va développer tel ou tel type de public. Reprenons l’exemple des salles : La Cartonnerie a développé l’électro, le Paloma les esthétiques un peu post rock et est repérée sur le plan international. Pour nous, c’est lisible. À Montbéliard, il y a une scène métal très importante. Le Stéréolux travaille davantage sur la partie numérique… Toutes les fonctionnalités, qu’elles concernent l’accueil, la diffusion, la production ou la formation sont activées.

 

La suite de cet article dans le N°207 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro