Yoann Bourgeois : Un point de suspension en équilibre

Yoann Bourgeois est un artiste de cirque. Il tient à ce qu’on l’appelle ainsi puisque dans un spectacle de cirque, il prend en charge la globalité du spectacle et est directement en lien avec les objets matériels qui s’apparentent à la scénographie. Cet artiste qui joue avec l’équilibre et la mécanique a les pieds sur terre mais la tête dans les nuages. Il parle avec ses mains et exprime ses idées avec des gestes. Une belle ascension pour celui qui s’inscrit dans un décloisonnement des disciplines, manie le jeu et affectionne les interventions dans les espaces publiques, nommé aujourd’hui co-directeur (avec Rachid Ouramadane) du CCN de Grenoble.

Celui qui tombe - Photo © Géraldine Aresteanu

Celui qui tombe – Photo © Géraldine Aresteanu

Celui qui tombe est un spectacle de cirque où la théâtralité constitue sa colonne vertébrale. Six personnages jouent, se confrontent et résistent aux différentes situations créées par un plateau en mouvement. La scénographie pousse les artistes dans leur performance, créant ainsi un spectacle d’une grande dextérité, virtuosité emprunte de poésie.

Quelle est l’intention scénographique de Celui qui tombe ?

Yoann Bourgeois : L’intention de la scénographie de ce spectacle vient de la pratique du cirque, c’est-à-dire le rapport aux forces et aux grandes contraintes de la physique, de la mécanique élémentaire, de la force centrifuge, de l’équilibre et du ballant. Ce plateau est pour moi une réduction de tous les agrès de cirque, une simplification qui rend visible les forces et ses rapports qui à leur tour deviennent source de drame et font naître des situations. Cette scénographie n’a donc pas une fonction de décor, au sens décoratif, mais elle est génératrice de la dramaturgie. Je voulais voir un spectacle sans décor ni accessoire et texte, avec que des hommes et des contraintes physiques. La scénographie a créé une dramaturgie.

On revient ainsi à l’étymologie même du mot dramaturgie : drame qui veut dire action ou un tissage des actions, donc cette scénographie est agissante. Nous avons écrit des actions, des situations éloquentes mais sans parole. Je cherchais cette théâtralité.

 

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