Borderline & Everyness : L’entrée en scène du gréeur-créateur

Honji Wang et Sébastien Ramirez, avec leur deux créations actuellement en tournée, introduisent le gréage comme moyen scénographique. Dans Borderline, le gréeur berlinois Kai Gaedtke est lui-même en scène et devient acteur du spectacle, au sens premier du terme. Pour Everyness, créé en février au Théâtre de l’Archipel de Perpignan, il a développé, en dehors du gréage faisant voler les danseurs, un système de contrôle pour une sphère blanche capable d’exécuter toute forme de mouvements.

Borderline, croquis - Document © Kai Gaedtke

Borderline, croquis – Document © Kai Gaedtke

Interview de Kai Gaedtke

Comment êtes-vous arrivé au gréage ?

Kai Gaedtke : J’ai fait mes débuts à l’UFA-Zirkus de Berlin, un collectif autogéré et libertaire, que j’ai rejoint directement après mon parcours scolaire. À partir de là, je suis devenu éclairagiste, puis directeur technique, ensuite peu à peu vers le gréage. Par ailleurs, je m’y suis initié auprès de l’un de mes partenaires actuels, Jörn Marder (formé à Paris), car l’utilisation du gréage y était autorisée pour le nettoyage et la rénovation des façades de bâtiments. En Allemagne, le gréage ne l’a été qu’à partir des années 90’.

Vous codirigez aujourd’hui take 7, une entreprise qui propose des solutions de gréage pour travaux de façades. Et votre parcours en gréage artistique ?

Après avoir dirigé la technique sonore et visuelle de différents shows à Berlin, j’ai commencé à travailler en gréage dans l’industrie cinématographique avec Jason Oettlé. Comme j’étais directeur technique, nous avons travaillé ensemble. Il avait une grande expérience du travail avec les cascadeurs et est aujourd’hui responsable du stunt rigging pour la série télévisée américaine Game of Thrones. À Londres, c’est une véritable industrie et les budgets y sont conséquents, alors qu’en Allemagne les spécialistes se comptent sur les doigts d’une main.

Le cinéma allemand s’orientant plus vers la comédie sociale que vers le film d’action, le film d’auteur a-t-il moins besoin de gréeurs ?

Quand nous avons participé à un film d’action expérimental avec Sébastien comme danseur et un artiste martial (un des premiers films d’arts martiaux tourné en Allemagne), c’était un film no budget. C’était vraiment chorégraphié, comme dans les films avec Jackie Chan, c’est avant tout un plaisir énorme d’inventer des mouvements. Plus tard, Jason Oettlé m’a proposé de le remplacer lors d’une répétition de Wang & Ramirez à Paris. C’est comme ça que j’ai commencé à travailler avec cette compagnie de danse contemporaine hip-hop.

Everyness - Photo © Ghostographic

Everyness – Photo © Ghostographic

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