Le Théâtre historique de Pézenas

Cette ravissante bourgade du pays héraultais est imprégnée d’Histoire. Pézenas est une place forte qui date de l’époque romaine et se développe au cours du XIIIe siècle. À partir du Moyen-Âge, elle joua un rôle politique qui la mit au premier plan, en accueillant les gouverneurs de la Région.

La salle vue du paradis - Photo © Patrice Morel

La salle vue du paradis – Photo © Patrice Morel

 Le théâtre qui nous concerne, installé dans la chapelle des pénitents noirs, lors de sa création en 1803, est un site privilégié de la vie culturelle. Seules la façade, la voûte de nef et la sacristie furent conservées. En 1857, le théâtre devient municipal et la salle est modernisée, dotée d’éclairage au gaz. En 1899, l’architecte Paul Jeanbon présente un projet d’améliorations diverses dont l’effort principal porte sur une meilleure distribution des 324 sièges du parterre. En 1901, le peintre montpelliérain J. La Plaine est chargé de la nouvelle décoration et en 1905, on installe un nouveau mécanisme de manœuvre du rideau de scène. L’année 1925 marque l’électrification du théâtre. Signalons qu’il a vécu ses plus belles heures de gloire dès 1886, sous l’impulsion d’Albert-Paul Alliès et la venue de la Comédie-Française en 1922. Enfin, 1947 est l’année de la fermeture.

Quatre étapes vont se succéder. Tout d’abord, le 17 février 1995, il est classé “Monument Historique”. La première tranche consacrée à la mise “hors d’eau” du bâtiment, ainsi que la réfection de la toiture et façade, se déroule en 1998-1999. Trois ans plus tard, sous la responsabilité de Dominique Larpin (ACMH), on restaure le foyer, les peintures et les techniques sont définies pour le traitement complet de la salle. Enfin, en 2010-2012, s’opère la dernière phase définie avec la DRAC et réalisée par la Communauté d’agglomération Hérault-Méditerranée.

 

Rencontre avec Dominique Larpin, architecte en chef des Monuments Historiques

En découvrant ce théâtre, quel état des lieux avez-vous dressé ?

La salle - Photo © Patrice Morel

La salle – Photo © Patrice Morel

Dominique Larpin : Le Théâtre de Pézenas occupe une ancienne chapelle de pénitents, transformée au début du XIXe en salle de spectacle. Une reconversion qui conduit au théâtre municipal. En un siècle et demi, ce lieu a connu bon nombre de modifications pour des besoins d’accueil du public et de “mise à la mode”, sous la pression du vieillissement des décors, de la salle et des dégagements. Lorsque sa réhabilitation fut décidée, nous avions un théâtre vétuste et fermé au public. Nous avons constaté que le décor était là, avec des couches successives. Et plus que de restauration, il s’est agi de conservation. Nous sommes intervenus afin de préserver toutes les traces de cette évolution au fil du XIXe. De telle sorte qu’on a entériné des peintures, la couleur, bien sûr fanée et à reprendre, que nous avions sous les yeux : on comblait des lacunes plus qu’une rénovation complète.

Cela s’est présenté comme une toile de chevalet, une mosaïque ancienne. On a consolidé, refixé des décors. Rappelons que le Conservatoire des dispositions anciennes était le théâtre lui-même : papiers peints les uns sur les autres, graffitis, couleurs et étoffes superposées. Grâce à des indices, des photos anciennes et un débat constant sur le bien-fondé d’adopter tel ou tel parti décoratif, nous avons conduit un vrai travail d’équipe, en connivence avec Yvan Peytavin, la Ville de Pézenas et le Service des Monuments Historiques.

 

Retrouvez l’intégralité de cet article dans l’AS N°205 disponible gratuitement au format PDF.