Le 37e Parallèle : Éco-conception et mutualisation

Sorti de terre en 2014, à Mettray, au nord de Tours, le 37e Parallèle est un lieu de création dédié aux artistes des arts du cirque et de la rue. Ce confortable bâtiment de bois est conçu et vécu par ses occupants comme un bien commun mis en partage.

Vué générale de l'ensemble - Photo © François Delotte

Vué générale de l’ensemble – Photo © François Delotte

Ex-usine de chaussures, ancienne manufacture de tabac, antiques entrepôts… Nombreux sont les lieux de création de spectacles vivants installés dans de vieux bâtiments industriels. Contrairement à eux, le 37e Parallèle est une “usine” spécialement conçue pour le travail des artistes. Cette fabrique artistique a ouvert ses portes au printemps 2014, à Mettray, commune de l’agglomération de Tours. Elle abrite actuellement neuf compagnies des arts de la rue et du cirque sous sa nef en bois. Un bâtiment éco-conçu qui est aussi administré de façon totalement démocratique.

Des artistes à reloger

Dans les années 2000, les compagnies qui occupent aujourd’hui le 37e Parallèle étaient loin de goûter au confort qu’offre cet équipement. Comme le raconte son architecte Jean-Pierre Fauvel : “Une partie des structures était hébergée au Projet 244, une friche culturelle du centre-ville de Tours. Le bâtiment, couvert par des tôles d’acier, était en très mauvais état. Il y a eu des échanges entre les artistes, la Ville et la Communauté d’agglomération Tours Plus. Cette dernière est devenue le maître d’ouvrage d’un projet de relogement”. Relogement qui concernait alors six compagnies issues du Projet 244, auxquelles s’ajoutent trois autres structures dont la compagnie

Maquette en coupe de la construction neuve - Photo © Fauvel-Fouché

Maquette en coupe de la construction neuve – Photo © Fauvel-Fouché

Le Muscle dirigée par le comédien Franck Mouget. Ce dernier se souvient de la préfiguration d’une réalisation architecturale effectuée en étroite collaboration avec ses futurs usagers : “Nous avons tout de suite été associés à la démarche en étant intégrés à un comité de pilotage chargé de choisir l’architecte et de définir les grandes lignes du projet”. […] “L’inscription de l’ensemble dans le développement durable était une volonté de la maîtrise d’ouvrage et des futurs usagers”, complète Jean-Pierre Fauvel, architecte de l’agence Fauvel-Fouché (Poitiers). “Il fallait aussi faire à la fois grand et économe, tout en apportant un confort sain aux artistes.” Un défi à réaliser avec un budget de 2,7 M€. Un site est choisi par le maître d’ouvrage sur la commune de Mettray, au nord de l’agglomération tourangelle. Le terrain est alors en partie occupé par les constructions d’un centre hospitalier désaffecté. Plus particulièrement par une “ferme hospitalière”, exploitation agricole dépendante autrefois d’un hôpital. L’ensemble se trouve dans un milieu urbain peu dense. À proximité immédiate se déploie une forêt. Le comité de pilotage effectue avec l’architecte un travail sur l’intégration paysagère du projet qui doit s’harmoniser avec les éléments naturels aux alentours. Ainsi, les bâtiments neufs (2 000 m2) sont entièrement composés d’une structure bois posée sur une dalle de béton. Un bardage de tasseaux recouvre la construction neuve. Vu de l’extérieur, l’édifice est dominé par des lignes sobres. Le toit incliné rappelle inévitablement les fabriques, tout comme l’épure des façades. “Il fallait beaucoup de sobriété, renvoyer au fait qu’on se trouve dans un univers d’atelier”, précise Jean-Pierre Fauvel, citant les exigences du concours architectural. Mais ce clin d’œil au monde de l’industrie est tempéré par le bardage en pin brut qui recouvre le tout. De fait, l’édifice dialogue avec les arbres qui le côtoient plus qu’il ne s’impose à eux.

 

La suite de cet article dans le N°205 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro