L’Opéra-Comédie de Montpellier

À l’image des théâtres à l’italienne de la même époque, avec une configuration semblable et qui ont été rénovés, l’obsolescence de l’équipement scénique imposait une reconfiguration de la cage de scène. Depuis 2003, la Communauté d’Agglomération de Montpellier avait lancé des travaux de réhabilitation du monument, qui avait acquis le statut d’Opéra national en Région depuis 2002.

Au 1er août 2010, le lieu est fermé pour une durée de vingt mois de chantier et la réouverture intervient début 2012. Il s’agit d’une rénovation, d’une restructuration de l’espace scénique et d’une mise en conformité des lieux. Les travaux intérieurs ont été consacrés en priorité à la scène (totalité de l’espace scénique, de la toiture jusqu’au troisième sous-sol), et à l’avant-scène.

Place de la Comédie - Photo © Patrice Morel

Place de la Comédie – Photo © Patrice Morel

Ce monument existe depuis 1755, époque où les représentations se tenaient dans les beaux hôtels particuliers de Montpellier. Situé au centre de la place de la Comédie, il a toujours exercé un certain attrait, avec les commerces, la circulation et un tramway passant par la place de l’Œuf. Après un premier incendie, il fut reconstruit en 1788 puis brûla à nouveau en 1881. Un théâtre provisoire en bois est alors édifié en cinquante-neuf jours sur l’Esplanade, pendant que sont lancés les travaux d’un opéra. L’édifice actuel, inauguré en 1888, est l’œuvre de Joseph Cassien-Bernard, élève de Charles Garnier. L’Opéra Garnier représente d’ailleurs un modèle tant sur le plan de l’architecture que sur sa construction, avec une structure primaire métallique “Eiffel” qui maintient l’ensemble, habillée de staff et de pierre.

 

Entretiens avec Valérie Chevalier, directrice générale et Gabriel Helayel, directeur technique.

La salle vue du proscenium - Photo © Patrice Morel

La salle vue du proscenium – Photo © Patrice Morel

Que dire du contexte qui entoure ce bâtiment, entre la fin du XIXe et notre époque ?

Valérie Chevalier : En cette fin du XIXe siècle, on assiste à l’arrivée de l’industrialisation et de la bourgeoisie. C’est la grande ère de l’opéra bourgeois. C’est un opéra-théâtre mais comme partout en France, dans ces lieux, on ne fait que de l’opéra et de la danse. La programmation est variée mais sans théâtre de boulevard. Nous sommes dans un théâtre historique et, quand est invité un metteur en scène pour un projet, il vient voir la salle. Inconsciemment, il est influencé par les ors. Le rapport salle/scène est différent des salles modernes car on est dans un dispositif 16/9e, avec le plus souvent une pente, une visibilité hétérogène. Tout cela doit être pris en compte. Récemment, pour un opéra de Mozart, en arrivant à la générale-piano, on s’est aperçu, lors d’une scène, de l’absence visuelle de la chanteuse principale. Elle était à jardin et la moitié de la salle ne la voyait pas ! Tout le contraire du contemporain, tout est frontal. Le rapport scène/salle est un véritable enjeu dû au fait que nous faisons appel à de plus en plus de metteurs en scène de théâtre. La présence d’écrans, de structures étagées, crée des problèmes de visibilité, par exemple pour le poulailler (places à visibilité réduite).

Gabriel Helayel : Il y a 1 500 places, mais nous n’en vendons que 1 100. Nous avons près de 400 places au quatrième où les fauteuils sont neufs, les “places aveugles”. À l’époque, le poulailler était réservé au peuple et aux non-voyants. Depuis vingt ans, on fait du surtitrage, de l’audio description et nous avons la boucle magnétique pour les malentendants. Avec les appareils auditifs actuels, plus performants, nous ne l’utilisons plus.

 

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