Tsuyoshi Tane : la lumière, par le temps et dans l’eau

DGT, cabinet d’architectes créé par Dan Dorell, Lina Ghotmeh et Tsuyoshi Tane, est une jeune agence parisienne qui monte, travaillant actuellement sur vingt-huit projets à travers le monde. Chez DGT, le travail se fait en concertation entre les trois associés, mais c’est le Japonais qui pilote les installations et réalisations scénographiques. Les installations Light in Water et Light is Time mettent en scène la rencontre entre la lumière, la matière et le temps. Les résultats sont visuellement époustouflants, presque baroques, sensuels voire spirituels, réunissant densité et légèreté pour mieux matérialiser l’insaisissable.

A09-02-light-in-water1-TS AS : Vous avez un parcours entre architecture et scénographie. Comment avez-vous été amené à conjuguer les deux ?

Tsuyoshi Tane : Cela fait neuf ans que je travaille en tant qu’architecte et scénographe d’exposition ainsi qu’en danse contemporaine. J’ai étudié l’architecture au Japon, à Londres, en Suède et au Danemark. Nous avons ouvert nos bureaux à Paris en 2006 suite à notre victoire au concours pour le Musée national d’Estonie qui ouvrira en 2016 dans un espace de 40 000 m2. Mais je continue à réaliser des scénographies. L’approche scénographique de DGT est complémentaire à l’architecture, d’autant plus que nos scénographies d’installations travaillent chaque détail, alors que les projets architecturaux tiennent compte de l’environnement paysager ou urbain, surtout concernant le Musée national d’Estonie qui représente une prolongation d’une piste d’aéroport réellement existante. Mais le lien entre architecture et scénographie d’exposition existe également. Dans un projet architectural nous pouvons tout à fait décider de l’emplacement d’œuvres d’art. Nous avons aussi réalisé la scénographie de l’exposition Hokusaï au Grand Palais en 2014-2015, dernier grand rendez-vous en Europe, avec entre 550 et 600 de ses œuvres, sa plus grande exposition en cinquante ans. Désormais, toute son œuvre sera rassemblée dans un nouveau musée qui lui est dédié à Tokyo et qui ouvre cette année.

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Vous avez travaillé pour le chorégraphe Jo Kanamori. Sa compagnie s’appelle Noism et est aujourd’hui une référence au-delà du Japon.

En effet, ma première réalisation en tant que professionnel a été une scénographie pour un spectacle de danse contemporaine. Kanamori m’a appelé pendant mes études au Danemark car il me considérait comme un spécialiste de l’espace scénique. Il a été danseur au Nederlands Dans Theater avec Jiri Kylian, ainsi qu’au Ballet de l’Opéra de Lyon et au Ballet de Göteborg. Il m’expliqua que suite à son retour au Japon, il allait diriger la première compagnie de danse contemporaine japonaise qui sera associée à un centre national d’art contemporain. Pour sa première pièce dans ce cadre, Play 2 Play, je lui ai proposé quelque chose de radical : dès que le public était assis, nous avons ouvert le rideau et invité les trois cents spectateurs à monter sur le plateau.

 

La suite de cet article dans le N°202 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro