La Philharmonie de Paris

La Philharmonie de Paris est un feuilleton à rebondissement : rêvée, pensée, souhaitée, remise en cause, arrêtée, repartie. L’édifice est devenu le concentré de tous les rêves et de tous les dysfonctionnements qui garde en son sein de nombreuses zones d’ombre.

Trente-cinq ans, quatre présidents de la République, quatorze premiers ministres, dix-sept ministres de la Culture se sont penchés sur le projet, le soutenant, l’ignorant, s’y opposant. La salle de concert de la Philharmonie a été inaugurée avant que le chantier soit terminé, le 14 janvier 2015 et, miracle à la française, elle fonctionne ! L’aboutissement d’un miracle auquel plus personne ne croyait et qui commença depuis sa conception.

Aujourd’hui encore, les travaux continuent alors que la saison artistique et pédagogique bat son plein.

Dans cet amas de chantier, de travaux et de déroute dans les accès, la salle se présente comme un écrin. Une nouveauté parmi les salles de concert, dans sa forme, son espace, son acoustique. Découvrir la salle en écoutant Bach sous la baguette de Sir John Eliot Gardiner est une grande expérience.

A02-02-configsymphonicHistorique du projet, présentation  Le site de La Villette est unique et extraordinaire : un parc conçu par Bernard Tschumi où se côtoient la Cité des Sciences et de l’Industrie, la Grande Halle, la Géode, le Zénith et la Cité de la musique avec son Conservatoire national conçus par Christian de Portzamparc, point de départ du projet de la Philharmonie.

Nous trouvons la racine du projet dans un rêve et une vision, celui de Boulez et de Lang, et aussi avec Laurent Bayle, le point de référence qui a tenu la ligne dans ce projet d’une très grande complexité et qui résume à lui-seul une société politico-culturelle française. Selon lui : “Le sens de la Philharmonie, c’est de créer de nouveaux rituels participatifs afin de toucher de nouveaux publics(1)”. Le programme devait répondre à ces ambitions. “Demander une salle avec une conception enveloppante qui puisse se transformer avec une modularité réellement novatrice et performante. Comment, dans quel espace produire des concerts avec des projections simultanées d’éléments pédagogiques ? Comment repenser la diffusion de la musique amplifiée ? Comment envisager les rapports des masses sonores, leur spatialisation… ?

Le lieu accueille deux résidents, l’Orchestre de Paris et l’Ensemble intercontemporain, ainsi que quatre formations associées : l’Orchestre de chambre de Paris, l’Orchestre de Paris, l’Orchestre national d’Île-de-France et les Arts florissants.

A02-01-concertsymphonic-MCLe concours international de maîtrise d’œuvre a été lancé le 17 novembre 2006 et parmi les six candidats, le cabinet d’architecture des Ateliers Jean Nouvel a été choisi pour la réalisation du projet. Il a travaillé avec l’agence d’architecture Métra + Associés (Brigitte Métra) associée à la conception et à l’exécution de la salle, avec l’acousticien de la salle Sir Harold Marshall de la société Marshall Day Acoustics et l’acousticien (conseiller auprès de Jean Nouvel) Yasuhisa Toyota de Nagata Acoustics. La scénographie a été confiée à dUCKS scéno.

L’édifice se présente aujourd’hui comme une butte en acier de 52 m de hauteur, créant la liaison entre la périphérie et le parc, entre la banlieue et Paris, recouvert par 340 000 oiseaux en aluminium. Olivier Messiaen aurait été heureux. L’écran crée le signal “La main tendue vers la banlieue”, comme aime à le répéter Jean Nouvel. Il comporte une salle symphonique de 2 400 places, des salles de répétition, des ateliers pédagogiques ouverts au public, salle d’exposition, restaurant, belvédère, …

La toiture de la salle est constituée de deux dalles superposées, à la géométrie complexe, déconnectées l’une de l’autre par 1 200 boîtes à ressorts. Cette toiture devrait être accessible au public par un sentier de randonnée.

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La salle, un nouveau modèle

La salle combine les deux modèles de la boîte à chaussures et du vignoble. Ce modèle original bénéficie ainsi de la relation intime avec la scène : les musiciens sont entourés par les spectateurs qui sont disposés sur plusieurs balcons permettant de réduire la largeur de la salle et de multiplier les réflexions acoustiques précoces latérales. Malgré sa jauge de 2 400 places et sa surface au sol de 2 200m2, la salle présente une vraie intimité.Le site de La Villette est unique et extraordinaire : un parc conçu par Bernard Tschumi où se côtoient la Cité des Sciences et de l’Industrie, la Grande Halle, la Géode, le Zénith et la Cité de la musique avec son Conservatoire national conçus par Christian de Portzamparc, point de départ du projet de la Philharmonie.

Nous trouvons la racine du projet dans un rêve et une vision, celui de Boulez et de Lang, et aussi avec Laurent Bayle, le point de référence qui a tenu la ligne dans ce projet d’une très grande complexité et qui résume à lui-seul une société politico-culturelle française. Selon lui : “Le sens de la Philharmonie, c’est de créer de nouveaux rituels participatifs afin de toucher de nouveaux publics(1)”. Le programme devait répondre à ces ambitions. “Demander une salle avec une conception enveloppante qui puisse se transformer avec une modularité réellement novatrice et performante. Comment, dans quel espace produire des concerts avec des projections simultanées d’éléments pédagogiques ? Comment repenser la diffusion de la musique amplifiée ? Comment envisager les rapports des masses sonores, leur spatialisation… ?

Le lieu accueille deux résidents, l’Orchestre de Paris et l’Ensemble intercontemporain, ainsi que quatre formations associées : l’Orchestre de chambre de Paris, l’Orchestre de Paris, l’Orchestre national d’Île-de-France et les Arts florissants.

Le concours international de maîtrise d’œuvre a été lancé le 17 novembre 2006 et parmi les six candidats, le cabinet d’architecture des Ateliers Jean Nouvel a été choisi pour la réalisation du projet. Il a travaillé avec l’agence d’architecture Métra + Associés (Brigitte Métra) associée à la conception et à l’exécution de la salle, avec l’acousticien de la salle Sir Harold Marshall de la société Marshall Day Acoustics et l’acousticien (conseiller auprès de Jean Nouvel) Yasuhisa Toyota de Nagata Acoustics. La scénographie a été confiée à dUCKS scéno.

L’édifice se présente aujourd’hui comme une butte en acier de 52 m de hauteur, créant la liaison entre la périphérie et le parc, entre la banlieue et Paris, recouvert par 340 000 oiseaux en aluminium. Olivier Messiaen aurait été heureux. L’écran crée le signal “La main tendue vers la banlieue”, comme aime à le répéter Jean Nouvel. Il comporte une salle symphonique de 2 400 places, des salles de répétition, des ateliers pédagogiques ouverts au public, salle d’exposition, restaurant, belvédère, …

La toiture de la salle est constituée de deux dalles superposées, à la géométrie complexe, déconnectées l’une de l’autre par 1 200 boîtes à ressorts. Cette toiture devrait être accessible au public par un sentier de randonnée.

La salle, un nouveau modèle

La salle combine les deux modèles de la boîte à chaussures et du vignoble. Ce modèle original bénéficie ainsi de la relation intime avec la scène : les musiciens sont entourés par les spectateurs qui sont disposés sur plusieurs balcons permettant de réduire la largeur de la salle et de multiplier les réflexions acoustiques précoces latérales. Malgré sa jauge de 2 400 places et sa surface au sol de 2 200m2, la salle présente une vraie intimité.

 

La suite de cet article dans le N°202 de l’Actualité de la Scénographie > Acheter ce numéro